Apple pourrait être mise sous enquête au Japon

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Les autorités réglementaires japonaises envisagent d’ouvrir une enquête contre Apple en lien avec de possibles violations des lois antitrust qui pourraient avoir aidé l’entreprise à dominer le palmarès des ventes de téléphones intelligents dans le pays, ont annoncé des sources gouvernementales. Le geste pourrait nuire aux marges de profit de la compagnie dans l’un de ses marchés les plus rentables.

Dans un rapport publié le mois dernier, et dont fait état Reuters, la Commission japonaise pour des échanges commerciaux équitables (CECE) a indiqué que NTT Docomo, KDDI et le Softbank Group refusaient de vendre de vieux modèles d’iPhones en surplus à des détaillants tiers, nuisant de fait aux petits concurrents.

Apple n’est pas nommée dans ce rapport, mais deux sources gouvernementales bien placées ont confié à Reuters que les autorités réglementaires s’intéressaient aussi aux ententes d’approvisionnement signées entre Apple et les trois compagnies de télécommunications.

En vertu de ces accords, les surplus de vieux iPhones sont gardés en-dehors du marché et plutôt envoyés à l’étranger, y compris à Hong Kong, selon des sources de l’industrie.

Les fournisseurs de service, embourbés dans une coûteuse bataille pour séduire les consommateurs désirant un iPhone achètent également les téléphones d’Apple à prix de gros et les vendent au rabais, ce qui donne à la compagnie américaine un avantage sur des rivaux tels que Samsung, selon les deux responsables gouvernementaux et une source de l’industrie.

Le iPhone 7 et le modèle Edge du Galaxy S7 de Samsung se vendent tous deux pour 932 $ US chez Docomo, en vertu du forfait sans contrat, mais le prix du iPhone est coupé des deux tiers avec un contrat de deux ans, comparativement à une baisse du tiers seulement pour le Galaxy.

Interrogée à propos des craintes liées aux lois antitrust, Apple a fait suivre un lien vers une page web publiée en date du 2 août, en lien avec un rapport de la CECE indiquant que le géant américain avait créé ou soutenu 715 000 emplois au Japon, les fournisseurs japonais recueillant des revenus dépassant les 9 milliards $ US grâce aux applications Apple depuis 2008. L’entreprise n’a pas commenté davantage.

Plus grande part

Cette stratégie a aidé Apple a maintenir la demande pour de nouveaux iPhones, transformant le Japon en l’un de ses marchés les plus rentables. La compagnie américaine vend pratiquement un téléphone intelligent sur deux trouvant preneur au Japon, soit sa plus grande part dans un marché majeur.

La façon d’opérer a également empêché de nouveaux fournisseurs, comme la firme d’application de messagerie Line Corp et le vendeur au détail en ligne Rakuten, de vendre des iPhones, en plus d’aider les trois grands noms à contrôler plus de 90 % du marché de la téléphonie sans fil.

Toute directive gouvernementale imposant des mesures correctives pourrait ralentir la demande pour de nouveaux modèles d’iPhones plus rentables qui affrontent des modèles Android bien cotés comme le Galaxy S7.

« Les gestes des trois fournisseurs de téléphonie ne sont pas à eux seuls responsables de l’état du marché », a déclaré l’un des responsables, qui a confirmé que le rapport du mois d’août concernait aussi Apple. « Nous nous rapprochons du moment où des gestes seront posés. »

Au dire des responsables, le chien de garde espère que faire pression sur les fournisseurs les pousseraient à régler la question des violations des lois antitrust, ce qui pourrait comprendre la renégociation des contrats avec Apple.

La CECE n’a pas donné de date limite ou précisé quelles pénalités, comme des amendes, pourraient être imposées si les compagnies n’agissaient pas.

Par le passé, la commission avait envoyé des demandes de désistement, et imposé des « frais supplémentaires » pour récupérer les profits découlant des violations des lois antitrust. Les surplus les plus importants facturés jusqu’à maintenant, qui touchaient cinq compagnies, s’élèvent à 269 millions $ US.

Chez NTT Docomo, on affirme ne pas bloquer les nouveaux arrivants. « Nous avons toujours tenté d’effectuer des ventes et offrir un service de façon appropriée et nous examinerons le rapport de la CECE et évaluerons notre réponse », a fait savoir un porte-parole.

De son côté, une porte-parole de KDDI a indiqué que son entreprise avait dirigé son entreprise de manière appropriée, et avait suivi les normes.

Quant à Softbank, enfin, un porte-parole a assuré que la compagnie travaillerait avec les autorités réglementaires. « Jusqu’à maintenant, nous n’avons jamais eu de problèmes avec les lois sur la concurrence en lien avec nos pratiques commerciales. »

Samsung n’a pas voulu commenter.

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