Amazon va multiplier les librairies

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L’heure n’est pas encore venue d’annoncer la mort de la vente au détail dans de véritables magasins, du moins pas du côté d’une compagnie valant plusieurs centaines de milliards de dollars. Selon ce qu’écrit Newsweek, Amazon prévoit ainsi ouvrir de nouvelles succursales de sa chaîne de librairies à Portland, dans l’Oregon, ainsi qu’à Chicago, histoire d’accompagner le magasin déjà ouvert à Seattle et les installations devant bientôt ouvrir leurs portes à San Diego et New York.

Cette nouvelle vient confirmer les commentaires effectués par le président d’Amazon, Jeff Bezos, lors d’une assemblée d’actionnaires tenues en mai. M. Bezos y indiquait alors que l’entreprise poursuivrait son expansion au-delà du commerce en ligne, qui représentait 60 % de la croissance des ventes en ligne en 2015. « Nous allons définitivement ouvrir des magasins additionnels, mais nous n’en connaissons pas encore le nombre », a dit M. Bezos. « Nous en sommes encore aux débuts. Il est question d’apprendre, plutôt que de maximiser les revenus. »

Amazon a ouvert sa première librairie en novembre 2015 à Seattle, où se trouve le siège social de l’entreprise. Selon le New York Times, le magasin ressemble fortement à l’une des succursales des grands libraires traditionnels, tels Barnes & Noble, à l’exception de quelques différences. Plutôt que de présenter les livres sur leur tranche, ceux-ci sont plutôt affichés la couverture en avant. Cela signifie qu’Amazon ne peut pas emmagasiner autant d’exemplaires que ses concurrents, mais comme M. Bezos le mentionnait lors de l’assemblée des actionnaires, Amazon en est encore à l’étape de voir ce qu’il est possible d’apprendre en exploitant un magasin physique.

Cette capacité de réaliser des expériences avec des magasins tangibles est unique. La plupart des vendeurs au détail traditionnels ont de la difficulté à garder le rythme des nouveaux joueurs numériques comme Amazon, et ne disposent pas des réserves financières pour tester des modèles d’affaires innovateurs.

Amazon, de son côté, a largement les ressources nécessaires pour savoir si elle en mesure de modifier l’expérience d’achat traditionnelle. En plus de changements cosmétiques, entre autres en changeant la façon dont les livres sont présentés sur les étagères, les magasins fonctionneront en conjonction avec des données d’utilisateurs en ligne. On y trouvera aussi une section de produits électroniques pour mettre en valeur, par exemple, le Kindle ou l’Echo.

L’annonce des prochaines ouvertures sont de bonnes nouvelles pour Amazon et ses investisseurs, mais l’expansion de la compagnie pourrait s’avérer inquiétante pour quiconque étant mal à l’aise avec l’idée qu’une seule marque contrôle une si grande partie du secteur de la vente au détail.

Bien que l’entreprise eut facilité bien des vies, il est quelque peu effrayant qu’une compagnie soit si déterminée à tout dominer, de la commande de l’épicerie (AmazonFresh) au divertissement (Amazon Originals), en passant par les médias (M. Bezos a acheté le Washington Post en 2013). Certains experts prévoient même qu’Amazon ouvre des centaines, sinon des milliers de succursales de magasins.

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