En Syrie, la trêve tient largement le coup

0

Pieuvre.ca

Le cessez-le-feu, négocié par Washington et Moscou et entré en vigueur lundi soir en Syrie, semblait globalement respecté mardi malgré quelques incidents isolés, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Des frappes aériennes et des bombardements ont été signalés aux premières heures de la trêve lundi soir dans le nord de la région rurale de Hama, dans celle de la Ghouta orientale près de Damas et au nord d’Alep, précise l’organisation.

Il semble toutefois que ces violences diminuent et l’OSDH qui informe sur le conflit syrien grâce à des contacts sur le terrain n’a enregistré aucun mort dans des combats au cours des quinze heures qui ont suivi l’entrée en vigueur du cessez-le-feu lundi à 19h00 (16h00 GMT).

Les médias officiels syriens ont accusé pour leur part des groupes rebelles de violation de la trêve à cinq reprises au moins dans la ville d’Alep au cours de la matinée. La dernière violation signalée a été un tir de mortier à 09h45.

L’OSDH a de son côté déclaré que les forces gouvernementales avaient tiré des obus près de deux villages de la campagne d’Alep et sur un quartier de la périphérie de Damas, sans faire de victimes. Les rebelles ont également ouvert le feu dans les faubourgs d’une ville à l’ouest de Hama, a ajouté l’OSDH.

L’Observatoire a parallèlement annoncé que le nombre de morts attestés dans le conflit, qui a débuté en 2011, dépasse désormais les 300 000. L’OSDH dit avoir recensé les décès de 301 781 civils et combattants depuis le 18 mars 2011, mais estime le nombre total des morts à environ 430 000.

Riposte

La trêve aujourd’hui en vigueur est le fruit d’un accord conclu samedi entre les États-Unis et la Russie. Les groupes djihadistes Etat islamique et Djabhat Fateh al Cham, l’ex-Front al Nosra anciennement lié à Al Qaïda, en sont exclus.

Les autres groupes rebelles en lutte pour renverser le président Bachar al Assad ont décidé de respecter la trêve, tout en exprimant de profondes réserves envers l’accord, a expliqué Zakaria Malahifdji, du groupe insurgé Fastakim, basé dans Alep.

Cette cessation des hostilités constitue la deuxième tentative depuis le début de l’année pour les Américains et les Russes de mettre fin à cinq années de bain de sang dans le pays.

L’armée syrienne a annoncé que le « régime de calme », d’une durée de sept jours, s’appliquerait à l’ensemble de la Syrie. Elle se réserve le droit de riposter sous toute forme possible à une violation émanant des « groupes armés ».

Le cessez-le-feu doit permettre d’améliorer les conditions de travail des organisations humanitaires et de venir en aide aux populations civiles piégées par les combats.

Une vingtaine de camions transportant de l’aide humanitaire ont franchi mardi la frontière turque en direction du nord de la Syrie, a constaté un journaliste de Reuters.

Le gouvernement syrien a toutefois prévenu qu’il refuserait toute livraison d’aide à Alep, « en particulier du régime turc », qui ne transiterait pas par lui-même ou les Nations unies, rapporte l’agence officielle Sana.

La Turquie avait déclaré qu’elle avait l’intention, avec les Nations unies, d’acheminer des camions de vivres, de vêtements pour enfants et de jouets vers Alep après la mise en place d’une trêve.

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca

Répondre