Pyongyang pourrait tester une autre bombe atomique

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La Corée du Nord est prête à procéder à un nouvel essai nucléaire, ont estimé les autorités sud-coréennes lundi, trois jours après le cinquième essai nucléaire de Pyongyang.

« L’analyse des services de renseignement sud-coréens et américains montre que le Nord est prêt pour un nouvel essai nucléaire dans la région de Punggye-ri », a déclaré un porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense lors d’un point presse, évoquant le site où s’est produit le cinquième essai nucléaire nord-coréen. « La Corée du Nord a un tunnel où elle peut mener un nouvel essai », a-t-il.

L’agence de presse sud-coréenne Yonhap rapportait plus tôt que Pyongyang avait achevé les préparatifs en vue d’un nouvel essai, citant des sources gouvernementales sud-coréennes. Elle n’a toutefois livré aucune précision sur les activités détectées sur le site de Punggye-ri.

La présidente sud-coréenne Park Geun-hye a estimé lundi que la Corée du Nord faisait peser une menace « imminente » sur son voisin du Sud.

« La Corée du Nord a annoncé de nouvelles provocations et cela pourrait être porteur d’un risque de guerre dans la péninsule, et différents types de provocations et d’attaques terroristes pourraient avoir lieu », a-t-elle déclaré lors d’une réunion des dirigeants des principaux partis politiques du pays. Le ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Ri Yong Ho, ancien négociateur en chef de Pyongyang pour les affaires nucléaires, s’est rendu lundi à Pékin. Selon l’agence de presse japonaise Kyodo, il a été aperçu entrant dans l’ambassade nord-coréenne en Chine.

Ri Yong Ho doit se rendre ensuite au Venezuela pour assister au sommet des pays non-alignés prévu cette semaine à Caracas. L’agence américaine AP rapporte de son côté qu’il devrait gagner ultérieurement New York pour assister à l’Assemblée générale des Nations unies.

Cette tournée intervient alors que les États-Unis et la Corée du Sud plaident en faveur de l’instauration de nouvelles sanctions contre le régime de Kim Jong-un en représailles à l’essai nucléaire de vendredi.

Pas de consensus

Sung Kim, émissaire américain pour la Corée du Nord, doit arriver ce lundi en Corée du Sud. Il a rencontré dimanche des responsables japonais et a déclaré à cette occasion que les États-Unis pourraient décider des sanctions unilatérales contre Pyongyang, une démarche qualifiée de « risible » par le Nord qui s’est engagé à poursuivre son programme nucléaire.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a dénoncé l’essai nord-coréen de vendredi et annoncé qu’il allait immédiatement se pencher sur l’élaboration d’une résolution. France, Grande-Bretagne et États-Unis ont plaidé en faveur de nouvelles sanctions.

Séoul a jugé lundi que le Conseil de sécurité devrait adopter une nouvelle résolution afin de combler les lacunes des textes précédents.

Mais si la Chine et la Russie ont soutenu en mars les sanctions imposées à Pyongyang après un essai nucléaire, elles semblent à présent moins décidées sur ce point, ce qui soulève des questions sur la capacité du Conseil de sécurité à atteindre rapidement un consensus.

Le ministre russe des Affaires étrangères déclarait ainsi samedi que l’essai nord-coréen appelait une « réponse créative », tandis que The Global Times, une parution contrôlée par le Parti communiste chinois, rejetait les sous-entendus américains selon lesquels Pékin avait une part de responsabilité dans la poursuite du programme nucléaire nord-coréen.

Au contraire, estime le journal, les États-Unis sont la « racine » du problème. « La Chine n’est pas en mesure de convaincre la Corée du Nord de renoncer au programme nucléaire parce que les efforts déployés par Pékin ne sont pas soutenus par d’autres », peut-on lire dans un éditorial publié lundi par The Global Times. « Washington a refusé de signer un traité de paix avec Pyongyang. »

Pour le ministère chinois des Affaires étrangères, les sanctions ne peuvent à elles seules répondre à la question du nucléaire nord-coréen et les actions unilatérales mènent à une impasse.

C’est dans ce contexte que les États-Unis ont annoncé le déploiement en Corée du Sud d’un bombardier B-1B pour témoigner de leur solidarité avec Séoul. Prévue lundi, l’arrivée de l’appareil a été repoussée à mardi, a déclaré à Reuters un responsable de l’armée américaine.

Un groupe de 31 parlementaires conservateurs sud-coréens a par ailleurs lancé un appel en faveur d’un armement nucléaire de la Corée du Sud, soit en acquérant des armes soit en demandant aux États-Unis de redéployer les ogives retirées après la conclusion en 1991 d’un pacte de dénucléarisation de la péninsule.

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