YouTube s’adonne à la censure, déplorent des internautes

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Pieuvre.ca

YouTube est le troisième plus important site web de la planète, un mammouth consulté par des millions de personnes à tous les jours. Le site a également « fait son temps » – ou est sur le point de franchir cette limite – selon un groupe de créateurs de contenu en colère qui affirment que la compagnie a commencé à les censurer.

Comme le rappelle le Chicago Tribune, la controverse découle d’une confusion par rapport à la politique de YouTube, pourtant instaurée depuis un certain temps, qui permet à l’entreprise de désactiver les publicités dans les vidéos pouvant susciter des plaintes de la part des annonceurs. Parmi les critères menant à des gestes en ce sens, on retrouve le contenu violent, sexuellement explicite, qui contient des références à la drogue ou qui emploie un langage vulgaire.

Mais alors que YouTube a traditionnellement dissimulé ses notifications quant à cette démonétisation dans le tableau de bord des statistiques sur les vidéos – ce qui signifie que certains créateurs n’en avaient jamais connaissance -, l’entreprise a récemment commencé à envoyer des avis par courriel et à avertir directement les YouTubeurs sur les pages des vidéos concernées.

Ce faisant, le service de diffusion en ligne a pris plusieurs YouTubeurs par surprise. Certains grands noms du web ont publié des vidéos et des tweets accusant YouTube de « censure » et de menacer leur gagne-pain. Jeudi, une vidéo de ce genre mise en ligne par Philip DeFranco, qui a suscité plus de 1,7 million de visionnements, a entraîné la création du mot-clic #YouTubeIsOverParty sur Twitter, tel un vote de protestation de la part des créateurs et de leurs admirateurs.

« Sans nous », a tweeté la vloggeuse mode Samantha Ravndahl, « vous n’auriez aucun contenu par-dessus lequel offrir de la publicité. »

Ironiquement, le changement s’inscrit dans le cadre d’efforts de YouTube visant à être davantage transparent dans ses échanges avec les créateurs, et était en fait conçu pour que les YouTubeurs puissent plus facilement porter en appel les mauvaises décisions. Ce processus était précédemment difficile à trouver et à exécuter; il est désormais aussi simple que de cocher une case réclamant un nouvel examen des vidéos concernées.

Malgré tout, bien des YouTubeurs ont soulevé des craintes valides à propos de ce que l’entreprise considère comme étant « favorable aux annonceurs ». Difficile de ne pas comprendre un annonceur ne voulant pas que son produit apparaisse aux côtés d’une vidéo « humoristique » d’un YouTubeur se spécialisant dans le malaise et les attouchements non désirés auprès de jeunes femmes. À l’image des médias conventionnels, bref, où de tels retraits sont fréquents lorsqu’éclatent des controverses.

Mais YouTube démonétise également des vidéos qui portent sur « des sujets et événements controversés ou délicats, y compris des sujets liés à la guerre, aux conflits politiques, aux catastrophes naturelles et aux tragédies, mêmes si des images violentes ne sont pas montrées ». Cela pourrait être un dur coup porté à la couverture de l’actualité effectuée sur le site, particulièrement chez les petits créateurs.

Aaron Wysocki, directeur de la distribution de contenu pour le réseau d’information web Young Turks, a quant à lui tweeté jeudi matin que YouTube avait désactivé les publicités sur presque 1000 vidéos du réseau mises en ligne au cours des trois dernières années – y compris de récents reportages sur les réfugiés syriens, la recherche pharmaceutique et l’accord de paix en Colombie.

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