Syrie: l’opposition fixe un calendrier pour le départ d’al-Assad

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Le Haut Comité des négociations (HCN), qui représente l’opposition dans les pourparlers indirects sur l’avenir de la Syrie, a exclu mercredi tout autre plan que celui d’une transition devant aboutir au départ du président Bachar al-Assad.

Comme l’écrit Reuters, le HCN, soutenu par l’Arabie saoudite et par les Occidentaux, a présenté à Londres une nouvelle feuille de route afin de parvenir à un règlement politique du conflit alors que les discussions de paix sous médiation de l’ONU sont dans l’impasse.

Le calendrier proposé par l’opposition syrienne prévoit six mois de négociations destinées à mettre sur pied un gouvernement de transition constitué de personnalités de l’opposition, du gouvernement et de la société civile. Ce gouvernement sera ensuite chargé d’administrer la Syrie pendant une période de 18 mois au terme de laquelle des élections seront organisées.

« Cette période de transition s’ouvrira avec le départ de Bachar al-Assad et de sa clique et, bien sûr, de ceux qui ont commis des crimes contre le peuple syrien », a dit Riad Hidjab, principal coordinateur du HCN.

« Si les Russes et les Américains s’accordent sur quelque chose de très différent de ce à quoi les Syriens aspirent, alors nous ne l’accepterons pas », a-t-il poursuivi.

« Le problème n’est pas de garder Assad pendant six mois ou un mois ou un jour durant cette période de transition. Les Russes et les Américains savent cela. Ils connaissent la position du peuple syrien, il a fait de grands sacrifices et ne renoncera pas à cette exigence », a-t-il rappelé.

Pour le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, les propositions du HCN constituent une première ébauche crédible d’une Syrie pacifiée sans Assad. Dans une tribune publiée mercredi par le Times, l’ancien maire de Londres estime que cette proposition a une chance de fonctionner.

« Si les Russes et les Américains parviennent à mettre en place une trêve, alors les négociations pourront démarrer à Genève avec cette différence que, peut-être, toutes les parties auront au moins à ce moment-là envisagé la construction d’une Syrie post-Assad », estime Boris Johnson.

Moscou et Washington, qui soutiennent des camps opposés dans le conflit engagé il y a cinq ans et demi, ne sont pour l’instant pas parvenus à s’entendre dans les négociations qu’ils mènent depuis plusieurs jours. Barack Obama et Vladimir Poutine se sont vus lundi pendant une heure et demie en marge du sommet du G20 en Chine.

Les tractations se poursuivent en coulisses et le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al Djoubeïr a déclaré mardi à Londres qu’un accord était possible dans les 24 heures.

Exil à Hama

Par ailleurs, les combats dans la province de Hama, dans l’ouest de la Syrie, ont déplacé autour de 100 000 personnes durant la période du 28 août au 5 septembre, ont rapporté mercredi les Nations unies, qui citent le Croissant-Rouge arabe et le gouverneur de la province.

Les rebelles syriens ont engagé la semaine dernière une offensive dans le nord de la province de Hama, qui revêt une importance stratégique pour le président Bachar al Assad car il s’y trouvent des villes acquises au régime, peuplées de chrétiens et d’alaouites, deux minorités du pays.

Les rebelles ont rapidement conquis la ville de Halfaïa. Les forces alliées au régime Assad ont riposté par d’importantes frappes aériennes.

De nombreux habitants de la région ont fui vers la ville de Hama et vers les villages environnants, ainsi que vers la province d’Idlib, plus au nord, rapportent les Nations unies.

Il y avait à l’origine 4500 familles dans la ville de Halfaïa, dont 2800 demeurent prises au piège des combats tandis que les autres sont parvenues à prendre la fuite, selon le rapport établi par l’ONU.

Quatre mille cinq cents autres familles ont fui Taïbat al Imam, sur un total de 9500 établies dans cette ville. Cinq mille familles ont fui en outre Soran, soit à peu près la moitié de la population de ce bastion de l’armée syrienne.

Le Croissant-Rouge a fourni une aide à 7000 familles à Hama, soit autour de 35 000 personnes, et les Nations unies ont envoyé un convoi de 12 camions vers Hama le 4 septembre, avec de l’aide pour 15 000 personnes. Six mille cinq cents autres familles ont toujours besoin d’urgence d’une aide alimentaire, indique l’ONU.

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