Au Gabon, les appels au calme se multiplient sur fond de violences électorales

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Des émeutes ont éclaté dans au moins neuf faubourgs de Libreville jeudi au lendemain de l’annonce de la réélection d’Ali Bongo à la présidence du Gabon, rapportent deux témoins et une source policière.

De fortes explosions et des coups de feu ont notamment retenti dans le quartier Nkembo de la capitale lors de heurts entre les forces de sécurité et des manifestants protestant contre cette réélection qu’ils jugent irrégulière, rapportent des témoins.

Des premiers heurts avaient déjà éclaté mercredi à Libreville, où des manifestants ont mis le feu à une partie de l’Assemblée nationale, après l’annonce de la réélection d’Ali Bongo.

L’opposant Jean Ping, qui revendique sa victoire à l’élection présidentielle de samedi dernier, a déclaré jeudi matin que les forces de sécurité et la garde républicaine avaient pris d’assaut son QG de campagne au cours de la nuit, faisant deux morts et plusieurs blessés.

De son côté, la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a lancé jeudi un nouvel appel au calme face à la « crise profonde » que traverse le Gabon après l’annonce de la réélection du président Ali Bongo, qui a donné lieu à des violences. Elle a de nouveau réclamé la vérification des résultats du scrutin de samedi dernier bureau de vote par bureau de vote.

« Il est important que tous les acteurs rejettent la violence et appellent au calme. Toute contestation doit se faire par des moyens pacifiques afin d’empêcher l’embrasement du pays. La police doit réagir de manière responsable », a déclaré la Haute-Représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

« La confiance dans les résultats électoraux ne peut être rétablie que par une vérification transparente bureau de vote par bureau de vote », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

L’UE, a-t-elle précisé, est en contact avec ses partenaires, notamment en Afrique, pour promouvoir une solution politique à cette crise.

Paris veut un recomptage

La France, enfin, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, a demandé jeudi que les résultats contestés de l’élection présidentielle gabonaise soient publiés bureau par bureau, reconnaissant qu’un « doute » s’était installé.

« Les résultats de ce vote doivent être parfaitement clairs et transparents », a déclaré Jean-Marc Ayrault, qui a demandé que « les résultats des élections soient données bureau par bureau ». « Un doute s’est installé », a-t-il reconnu devant la presse. « Si des recours doivent être faits, ils doivent se faire par la voie juridictionnelle. »

M. Ayrault a lancé un appel « à l’arrêt des violences, quelles qu’elles soient ».

La France, qui dispose au Gabon d’une force de 450 hommes, n’entend pas intervenir dans le conflit post-électoral de ce pays d’Afrique.

« C’est une affaire interne gabonaise », a déclaré jeudi le colonel Patrik Steiger, porte-parole du chef d’état major des armées françaises, lors d’un point presse à Paris .

Prié de dire si des instructions spécifiques avaient été données aux forces françaises au Gabon, il a répondu : « Les instructions sont très simples, c’est d’éviter de créer un malentendu, donc de limiter les déplacements. »

Une cellule de crise a été ouverte « pour répondre à l’inquiétude des ressortissants français » habitant sur place ou de passage a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Il est demandé aux Français de reporter tout projet de voyage au Gabon et, à ceux qui sont sur place, d’observer les consignes de prudence et de rester chez eux, a-t-il ajouté.

Selon des chiffres officiels, quelque 11 000 Français et Franco-Gabonais vivent au Gabon.

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