Birmanie: offre de paix aux minorités

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Une conférence dont l’objectif est de mettre fin à des décennies de combats entre l’armée et une myriade de groupes ethniques s’est ouverte mercredi pour plusieurs jours à Naypyitaw, la capitale de la Birmanie.

Aung San Suu Kyi, dont le parti LND (Ligue nationale pour la démocratie) a remporté les élections législatives de novembre dernier, a fait du processus de paix avec les minorités la priorité du nouveau gouvernement, rapporte Reuters.

« Si tous ceux qui jouent un rôle dans le processus de paix ont la sagesse de concilier différents points de vue pour le bien de la population(…), nous serons à coup sûr en mesure de construire l’union démocratique et fédérale de nos rêves », a dit Aung Sang Suu Kyi dans son discours d’ouverture de cette « conférence Panglong du XXIe siècle » – allusion à une conférence tenue en 1947 à Panglong entre le pouvoir birman, alors incarné par son père, et des minorités ethniques.

« C’est seulement si nous sommes tous unis que notre pays sera en paix. C’est seulement si notre pays est en paix que nous serons à même d’être sur un pied d’égalité avec les autres pays de la région et du monde entier », a-t-elle continué.

La journée de mercredi était haute en symboles, peu de propositions concrètes étant susceptibles d’émerger des journées de pourparlers de la conférence.

Les Rohingyas absents

Les délégués comptent se retrouver tous les six mois pour discuter de problèmes allant de la sécurité à la représentation politique, des questions linguistiques et culturelles au contrôle des riches ressources minérales de la Birmanie.

« Ce sont les membres du Tatmadaw (l’armée birmane) et nos frères des groupes ethniques armés qui souffrent directement de l’absence de paix dans le pays, faisant le sacrifice de leurs vies », a déploré le chef des forces armées, le général Min Aung Hlaing. « Je crois résolument que nous sommes en mesure de mener à bien ce grand processus, par notre unité et nos efforts », a-t-il continué.

Parmi les absents de cette conférence figurent les représentants des musulmans apatrides Rohingyas, qui sont au nombre de 1,1 million dans le pays où ils subissent des persécutions et des violations des droits de l’homme de la part de leurs voisins bouddhistes dans l’État de Rakhine, situé dans le nord-ouest de la Birmanie.

À la veille de l’ouverture de la conférence, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a demandé à la Birmanie d’améliorer les conditions de vie des Rohingyas.

En revanche, l’Organisation pour l’indépendance des Kachines, qui avait refusé de signer un cessez-le-feu en octobre dernier sous le précédent gouvernement militaire, est partie prenante de la conférence, cela grâce au soutien tacite de la Chine au processus de négociations, déclarent les observateurs.

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