Pour Rousseff, « l’avenir du Brésil » se joue lors de son procès

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Dilma Rousseff, la présidente brésilienne suspendue de ses fonctions, a jugé devant le Sénat lundi que l’avenir du Brésil était en jeu dans son procès en destitution, susceptible de mettre fin à son second mandat et à treize ans de gouvernements de gauche.

Comme l’écrit Reuters, Rousseff, accusée d’avoir engagé des dépenses sans l’approbation du Congrès et d’avoir maquillé les comptes publics pour dissimuler l’ampleur du déficit budgétaire lors de la campagne présidentielle de 2014, a démenti tout abus.

Elle a comparé le processus de destitution lancé à son encontre depuis neuf mois à une conspiration pour l’évincer du pouvoir et préserver les intérêts des classes privilégiées.

« Ce dont nous allons être témoin est une sérieuse violation de la Constitution et un vrai coup d’État », a-t-elle lors de son procès.

Elle a ajouté que l’élite économique du pays et l’opposition cherchaient à déstabiliser son gouvernement depuis sa réélection en 2014.

Selon elle, l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement conservateur entraînerait une réduction des dépenses sociales, anéantissant les avancées de ces dix dernières années pour lutter contre la pauvreté. « L’avenir du Brésil est en jeu », a-t-elle affirmé.

À l’extérieur du Congrès, une centaine de supporters ont scandé « Dilma, guerrière de la patrie brésilienne » à l’arrivée de son cortège.

Mais depuis sa réélection en 2014, Dilma Rousseff a vu fondre sa popularité auprès des Brésiliens, en lien avec le scandale de corruption de l’entreprise d’État Petrobras, et sur fond de récession économique.

54 votes nécessaires

Le vote final devrait avoir lieu dans la nuit de mardi à mercredi. Si la destitution est votée, le vice-président Michel Temer, âgé de 75 ans, qui assure l’intérim à la tête de l’État depuis mi-mai en attendant le procès, sera confirmé à la présidence pour le reste du mandat de Rousseff, jusqu’en 2018.

Issu du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), de centre-droit, il promet de mettre en oeuvre des mesures d’austérité impopulaires pour limiter le déficit brésilien.

Le président par intérim Michel Temer est convaincu d’obtenir le vote de deux tiers des sénateurs, nécessaire pour révoquer Rousseff. Il a prévu de s’adresser aux Brésiliens mercredi, avant de s’envoler pour le sommet du Groupe des Vingt en Chine. « Il nous faut 54 votes, et nous nous attendons à en obtenir au moins 60 », a dit à Reuters son porte-parole, Marcio de Freitas. Un grand nombre de votes contre Dilma Rousseff sera interprété par Michel Temer comme un signal d’encouragement pour mettre en oeuvre son programme d’austérité, a-t-il poursuivi.

Selon un sondage publié dimanche par le quotidien El Globo53 sénateurs voteront contre Dilma Rousseff et 18 la soutiendront, bien en-dessous des 28 nécessaires pour lui éviter d’être révoquée. Dix sénateurs n’ont pas fait part de leur position, ou n’ont pas été interrogés dans cette étude.

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