Syrie: les Kurdes progressent, la Turquie s’inquiète

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Pieuvre.ca

Les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) se sont emparés ces dernières heures de la quasi totalité d’Hassaka, dans le nord-est de la Syrie, où ils ont infligé une sévère défaite aux forces progouvernementales, malgré les mises en garde d’une Turquie qui s’inquiète de leur progression à sa frontière.

Avant cette bataille, les miliciens kurdes tenaient déjà la ville à 70%. Seuls quelques bâtiments du centre ville leur échappent encore, rapporte mardi l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). « Même s’il conserve une présence symbolique, le régime a subi une grande défaite à Hassaka », a souligné Rami Abdoulrahman, directeur de l’OSDH.

Un cessez-le-feu accepté par les deux parties devait y entrer en vigueur à 11h00 GMT, selon un responsable kurde et la télévision syrienne.

Les combats se sont intensifiés la semaine dernière quand des positions des YPG ont été bombardées par l’aviation syrienne, ce qui était sans précédent depuis le début du conflit.

La milice, pièce maîtresse de la campagne américaine de lutte contre les djihadistes de l’État islamique (EI), tient une bonne part du nord de la Syrie, région qui jouit d’une autonomie de fait depuis le début du conflit. Accaparées par les combats dans l’Ouest avec les rebelles sunnites, les forces gouvernementales s’en souciaient peu jusqu’ici. La bataille d’Hassaka est la première véritable confrontation entre les deux camps.

Les YPG, qui se sont en outre emparées de cinq villages voisins, militent pour l’instauration d’un régime fédéral afin de préserver leur autonomie.

Djarablous dans la ligne de mire

Elles tiennent désormais une bande de 400 km le long de la frontière turque, qui va de la frontière irakienne à l’Euphrate, ainsi qu’une poche appelée Afrin dans le Nord-Ouest syrien. Avant la prise d’Hassaka, ils avaient déjà obtenu une grande victoire le 12 août en reprenant Manbij à l’EI.

À Ankara, on redoute que leurs succès n’attisent les ambitions de leurs frères turcs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont repris les armes en juillet 2015 lorsque que le président Recep Tayyip Erdogan s’est lancé dans une « guerre synchronisée » contre l’EI et les séparatistes.

Le gouvernement turc a d’ailleurs apporté son soutien aux rebelles arabes qui s’apprêtent à lancer une offensive à Djarablous, ville frontalière tenue par les djihadistes, qui se trouve 40 km au nord de Manbij.

L’artillerie turque a ouvert le feu lundi en direction de Manbij et a également visé Djarablous pour tenter d’ouvrir un corridor aux rebelles, selon un responsable turc. Les insurgés qui préparent l’offensive de Djarablous ont quant à eux déjà affrontés les milices kurdes plus à l’ouest, dans le secteur d’Alep.

Les YPG appartiennent aux Forces démocratiques de Syrie (FDS), une alliance soutenue par les puissances occidentales qui a formé récemment un « conseil militaire » pour lancer sa propre offensive à Djarablous. Le chef de ce conseil a été tué lundi et deux « agent turcs » ont été arrêtés pour son assassinat, selon l’OSDH et un responsable kurde.

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