Le torchon brûle entre l’Allemagne et la Turquie

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Les relations entre l’Allemagne et la Turquie traversent une passe difficile mais cela n’inquiète pas outre mesure les autorités allemandes qui estiment lundi que d’autres différends ont été surmontés par le passé entre les deux pays, écrit Reuters.

Le ministère turc des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade d’Allemagne pour lui demander des explications au sujet d’une décision du Tribunal constitutionnel de Karlsruhe.

La justice allemande a décidé d’interdire la diffusion d’un message vidéo de Recep Tayyip Erdogan, dimanche, lors d’une manifestation de partisans du président turc à Cologne, dans l’ouest de l’Allemagne.

Selon un décompte de la police, près de 20 000 personnes ont défilé pour dénoncer la tentative de coup d’Etat militaire du 15 juillet dernier en Turquie et exprimer leur attachement à la démocratie.

Réagissant à la décision du Tribunal constitutionnel allemand, le ministre turc des Affaires européennes, Omer Celik, a estimé sur Twitter qu’il s’agissait d’une « régression totale de la liberté d’expression et de la démocratie ».

Le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères a tenté de minimiser la portée de cet incident. « Nous avons connu par le passé des périodes qui étaient cahoteuses et d’autres périodes où tout se passait extraordinairement bien. Nous sommes actuellement dans un phase un peu agitée », a commenté Martin Schäfer.

« Je pense que les relations entre l’Allemagne et la Turquie sont si étroites et profondes que j’ai confiance dans notre capacité à surmonter cette phase pas si facile de nos relations bilatérales avec la Turquie », a-t-il ajouté.

Interrogé sur la convocation du chargé d’affaires allemand à Istanbul, le porte-parole a estimé que cette initiative « n’avait rien d’extraordinaire » et que cela faisait partie des relations normales entre deux pays.

Mise en garde

L’Allemagne compte environ trois millions d’habitants d’origine turque. Aux dernières élections turques, ils ont voté à 60% en faveur de la formation d’Erdogan, le parti Justice et Développement (AKP), selon l’organisation Communautés turques. Des responsables allemands ont fait part de leurs inquiétudes relatives au risque de propagation sur le territoire allemand des tensions en Turquie.

Ces tensions entre Berlin et Ankara dépassent le strict cadre des relations bilatérales comme l’a rappelé le ministre allemand de l’Economie Sigmar Gabriel lors d’un déplacement à Rostock dans le nord de l’Allemagne.

Saluant la décision de la cour de Karlsruhe, Gabriel a également mis en garde les Européens contre le risque de chantage que la Turquie pourrait exercer afin d’obtenir une libéralisation de l’octroi de visas pour ses ressortissants désirant se rendre dans un pays de l’Union européenne. « La libéralisation ou non des visas dépend de la Turquie. L’Allemagne et l’Europe ne doivent en aucune circonstance être soumises à un chantage », a-t-il dit.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a menacé de revenir sur l’accord de gestion des flux migratoires à destination de l’UE si les ressortissants turcs ne bénéficiaient pas d’une exemption de visa.

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