Moscou aux Américains: « Réglez vos scandales de piratage entre vous. »

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La Russie a lancé jeudi aux États-Unis que le pays de l’Oncle Sam devait aller au fond des choses en ce qui concerne le scandale de piratage informatique impliquant des courriels du Parti démocrate, et a rejeté ce que Donald Trump a qualifié de suggestion sarcastique voulant que Moscou aille trouver les courriels « manquants » d’Hillary Clinton.

Trump, le candidat du Parti républicain, a mis les démocrates en colère, mercredi, en invitant la Russie à déterrer des dizaines de milliers de courriels datant du passage de sa rivale à la tête du secrétariat d’État.

Le magnat de l’immobilier s’est exprimé après que le président américain Barack Obama eut laissé entendre qu’il était possible que la Russie tente d’influencer l’élection du 8 novembre, à la suite d’une fuite de courriels du Comité national démocrate que des experts imputent à des pirates russes.

Les suggestions de l’implication de la Russie ont déclenché l’ire du Kremlin, qui a catégoriquement nié sa participation au cycle électoral, et accusé les politiciens américains de vouloir jouer sur les craintes américaines par rapport à Moscou remontant à la Guerre froide en inventant des fabulations à des fins électoralistes.

Comme l’écrit Reuters, le président russe Vladimir Poutine a tenté d’éviter de donner l’impression de favoriser un candidat ou un autre, tout en décrivant Trump, un populiste, comme étant « très talentueux ». Quant à la couverture médiatique russe, elle semble légèrement pencher en faveur du républicain.

Jeudi, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskoy a affirmé que les accusations portées contre la Russie dans l’affaire du piratage des courriels du Parti démocrate tenaient de la « stupidité pure et simple », et étaient motivées par un sentiment anti-russe. Il a rejeté la suggestion apparemment sarcastique de Trump visant à ce que la Russie tente de trouver les courriels d’Hillary Clinton.

« En ce qui concerne les courriels, nous n’allons pas nous casser la tête avec ça. Nous ne nous mêlons jamais des affaires des autres et nous n’apprécions franchement pas lorsque des gens tentent de se mêler des nôtres », a-t-il lancé.

« Les Américains doivent aller au fond de cette affaire eux-même et tirer la situation au clair. »

Trump, qui a répété à l’envi qu’il chercherait à améliorer les relations entre Washington et Moscou s’il était élu président, a également fait sourciller en affirmant qu’il reconnaîtrait le rattachement de la péninsule ukrainienne de Crimée à la Russie, qui a annexé la région en 2014.

M. Peskov a soutenu que le Kremlin n’était pas affecté par ce commentaire, et qu’il ne modifierait pas ce qui, dit-il, a été une position neutre en lien avec les candidats à la présidentielle américaine.

« Nous savons parfaitement bien que des candidats, dans l’agitation pré-électorale, puissent dire quelque chose mais, plus tard, sous le poids des responsabilités, leur rhétorique devient plus équilibrée. »

En réponse aux remarques de Trump sur la Crimée, l’ambassadeur ukrainien aux Nations unies, Volodimir Yelchenko, a rappelé jeudi que « M. Trump n’est pas le président des États-Unis, du moins pas encore ».

« De plus, il y a les décisions bien connues des Nations unies… Je suis certain que n’importe quel gouvernement américain respectera pleinement ces décisions », a-t-il confié à la presse.

En mars 2014, les 193 pays membres de l’Assemblée générale de l’ONU ont adopté une résolution déclarant comme invalide le référendum tenu en Crimée sous l’égide de Moscou sur la sécession par rapport à l’Ukraine.

Selon des analystes, le Kremlin acceuillerait favorablement une victoire de Trump en novembre, puisque le riche homme d’affaires de New York a régulièrement vanté les mérites de Poutine, a dit vouloir retisser des liens avec la Russie, et a dit qu’il envisagerait une alliance avec Moscou contre l’État islamique.

La suggestion de Trump voulant qu’il puisse abandonner l’engagement de l’OTAN à défendre automatiquement tout État membre risque aussi d’avoir fortement plus à Moscou, où l’alliance militaire occidentale est vue comme une relique de la Guerre froide.

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