Twitter et Facebook à la course pour bloquer les célébrations après l’attaque de Nice

0

Pieuvre.ca

Twitter s’est dépêchée de faire disparaître des messages publiés par des extrémistes islamiques glorifiant l’attaque au camion lourd commise à Nice, en France, ont annoncé vendredi des organismes de surveillance, abreuvant d’éloges une plateforme éprouvant pourtant des difficultés à contenir de la propagande violente.

Comme l’écrit Reuters, une éruption de violence au cours des derniers mois a posé plusieurs problèmes pour les entreprises de médias sociaux. Le coup d’État raté en Turquie, vendredi, a d’abord été marqué par des restrictions sur ces réseaux, ont indiqué des groupes de surveillance du web, mais le blocus a semblé être progressivement levé alors que les événements se précipitaient, et de nombreux citoyens ont diffusé de la vidéo en direct sur Facebook et ont envoyé des tweets.

Vendredi, toujours, les autorités américaines et françaises tentaient toujours de déterminer si l’homme d’origine tunisienne ayant lancé un poids lourd dans la foule niçoise, tuant au moins 84 personnes le soir du 14 juillet, était lié à des militants islamiques.

Au moins 50 comptes Twitter saluant les attaques ont utilisé le mot-clic Nice en arabe, estime le Counter Extremism Project, un groupe privé qui surveille et signale les comportements extrémistes en ligne. Plusieurs comptes ont été créés presque immédiatement après l’attaque et ont partagé des images faisant l’apologie du massacre, a précisé le groupe.

Cette méthode est similaire à ce qui a été relevé sur Twitter après les attentats de Paris et Bruxelles, l’an dernier et plus tôt cette année. Mais Twitter, qui adoptait autrefois une approche puriste en matière de liberté d’expression, mais a depuis révisé ses règles, agissant beaucoup plus rapidement la semaine dernière. L’entreprise a toujours eu des politiques interdisant le contenu violent, dont l’apologie du terrorisme, et les a récemment mieux explicitées.

Rabbi Abraham Cooper, directeur du Simon Wiesenthal Center’s Digital Terrorism and Hate Project, a lui aussi souligné que Twitter avait réagi avec une vitesse inhabituelle.

Le réseau social n’a pas offert d’informations sur la suspension de ces comptes, mais a indiqué par voie de communiqué qu’il condamnait le terrorisme et le bloquait le plus rapidement possible.

Twitter, Facebook et d’autres compagnies web ont amélioré leurs efforts au cours des deux dernières années pour faire disparaître la propagande violente qui va à l’encontre de leurs conditions d’utilisation.

Les deux géants des réseaux sociaux continuent toutefois de faire face à des défis lorsque vient le temps de faire la distinction entre des images violentes partagées pour glorifier ou célébrer des attaques et celles diffusées par des témoins qui documentent les événements.

Les normes « de la communauté » de Facebook dictent ce qui est permis sur la plateforme. Celles-ci interdisent spécifiquement le « terrorisme » et les contenus qui y sont liés, comme les messages ou les images qui glorifient des attaques ou qui font la promotion de la violence.

Malgré cela, la position du réseau face aux images violentes est plus nuancée. Facebook, comme bien d’autres compagnies similaires, s’appuie sur les utilisateurs et des groupes de défense des droits pour signaler le contenu douteux aux responsables humains, qui passent ensuite chaque item potentiellement problématique avant de prendre une décision, a indiqué une porte-parole, sans vouloir donner plus de détails sur les critères à respecter.

Nouvelles tactiques

Les compagnies web ont continuellement mis à jour leurs conditions d’utilisation au cours des deux dernières années, et, dans plusieurs cas, des règles plus strictes sur ce qu’il est possible de partager sur leurs plateformes.

Sous pression de parlementaires américaines et de groupe de lutte à l’extrémisme, Facebook et YouTube ont récemment mis en place des processus automatisés pour bloquer ou rapidement faire disparaître des vidéos du groupe armé État islamique et les contenus similaires.

Cela n’a toutefois pas empêché les militants islamistes de célébrer des attentats en ligne, voire de modifier leurs tactiques. Certains partisans de l’EI ont utilisé des mots-clics populaires sur Twitter pour saluer l’attaque survenue à Nice, pour que leurs messages soient présentés à une audience plus vaste, selon des captures d’écran réalisées par le Wiesenthal Center.

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca

Répondre