Attentat à Nice: la France de nouveau endeuillée

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Un assaillant installé derrière le volant d’un poids lourd a foncé dans la foule célébré le 14 juillet dans la ville de Nice, dans le sud de la France, tuant au moins 84 personnes et en blessant des dizaines d’autres, dans le cadre de ce que le président François Hollande a qualifié d’attentat terroriste.

Le chauffeur, identifié par des sources policières comme un ressortissant français d’origine tunisienne âgé de 31 ans, a également semblé ouvrir le feu avant d’être abattu par la police. L’individu, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, n’était pas sur la liste de gens à surveiller du renseignement français, mais était connu de la police en lien avec des crimes de droit commun comme le vol et des agressions, ont précisé les sources auprès de Reuters.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a indiqué que 18 personnes se trouvaient dans un état critique après l’attaque survenue jeudi soir, lorsque le camion a zig-zagué le long de la Promenade des Anglais, immédiatement après la fin des feux d’artifices de la fête nationale, vers 22h30, heure locale (16h30, heure de Montréal).

Parmi les victimes, on compte plusieurs enfants, ainsi que de nombreux ressortissants étrangers, dont au moins deux Américains et une Russe.

Au dire d’un responsable municipal, le camion loué a circulé sur près de deux kilomètres. « Les gens ont été fauchés comme des quilles », a déclaré Jacques, gérant du restaurant Le Queenie, sur les ondes de France Info.

Jusqu’à maintenant, on avance l’hypothèse d’un loup solitaire.

Lors d’un discours donné tout juste avant l’aube, François Hollande a appelé les réservistes de l’armée et de la police à prendre la relève des forces fatiguées depuis l’entrée en vigueur, en novembre dernier, de l’état d’urgence, tout de suite après que des commandos djihadistes eurent ouvert le feu à Paris un vendredi soir, tuant 130 personnes.

Quelques heures plus tôt, il annonçait que l’état d’urgence serait levé à la fin du mois. À la suite de l’attentat, il l’a plutôt prolongé de trois mois. « La France est endeuillée par cette nouvelle tragédie. Impossible de nier l’aspect terroriste de cette attaque », a déclaré M. Hollande.

Les grands événements tenus en France sont sous bonne garde par l’armée et la police depuis les attaques du 13 novembre, mais il semblerait que plusieurs minutes eurent été nécessaires pour stopper le camion, alors qu’il roulait sur le pavé et une zone piétonne.

Un témoin affirme que le chauffard utilisait une arme à feu pendant qu’il conduisait. « J’ai vu cet énorme camion blanc passer à toute vitesse », a déclaré Suzy Wargniez, une dame de 65 ans qui a vu la scène à partir d’un café installé sur la promenade. « Il y avait beaucoup de tirs. »

Selon un responsable municipal, des armes et des grenades ont par la suite été découvertes dans le véhicule, un camion Renault. Sur Twitter, le journal Nice-Matin a précisé que la police fouillait la résidence de l’attaquant, dans le quartier niçois des Abattoirs. Le quotidien ne donne toutefois pas de source.

L’État islamique cible la France

Après les attentats de Paris, le groupe armé État islamique a déclaré que la France et toutes les nations suivant son exemple demeureraient en tête de liste des cibles tant et aussi longtemps qu’elles poursuivaient leur « croisade », une référence aux actions contre le groupe en Irak et en Syrie.

La France mène des bombardements et des opérations de ses forces spéciales contre l’État islamique, en plus de former les forces du gouvernement irakien et les soldats kurdes.

« Nous renforcerons nos actions en Syrie et en Irak », a laissé savoir le président Hollande, parlant de l’attaque survenue le jour de la fête nationale comme d’une atteinte à la liberté par des fanatiques ayant les droits de l’homme en horreur.

La France a également déployé des troupes en Afrique de l’Ouest pour contrôler les insurgés islamiques. Le pays abrite la plus grande population musulmane d’Europe, et des détracteurs disent que l’État s’est mis à dos une partie de cette population en adhérant strictement à une culture laïque ne laissant aucune place à la religion dans les écoles et la vie communautaire.

À l’aube, vendredi, le soleil s’est levé sur l’asphalte constellée de sang séché. Des poussettes abandonnées, du pain mangé à moitié et d’autres débris étaient répandus sur la promenade. Certains endroits étaient encore bloqués par la police, et on pouvait y apercevoir ce qui ressemblait à des corps visibles sous des linceuls.

Quant au camion, il était encore là où il a été stoppé, son pare-brise criblé d’impact de balles.

Aux États-Unis, le président Barack Obama a condamné « ce qui semble être une attaque terroriste horrible ». D’autres leaders se sont joints à lui, y compris la chancelière allemande Angela Merkel, le pape François, le président russe Vladimir Poutine, et des responsables espagnols, suédois, de l’Union européenne, de l’OTAN et du Conseil de sécurité des Nations unies.

La Turquie, où l’EI et des militants kurdes ont mené plusieurs attaques au cours des derniers mois, a offert ses condoléances. « Pour les groupes terroristes, il n’y a pas de différence entre la Turquie et la France, l’Irak, la Belgique, l’Arabie saoudite et les États-Unis », a déclaré le président Tayyip Erdogan.

Sur les médias sociaux, des partisans de l’EI ont salué le lourd bilan de l’attaque de Nice, et ont publié une série d’images, dont l’une montrant ce qui semble être une plage niçoise où des pierres blanches forment la phrase « L’EI est là pour rester » en arabe.

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