Armes à feu: les démocrates veulent poursuivre leur fronde

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Les parlementaires démocrates semblaient déterminés à poursuivre jeudi leur spectaculaire sit-in entamé la veille au Congrès américain, après avoir échoué à obtenir un vote sur un texte limitant l’accès aux armes à feu, dix jours après la sanglante attaque d’Orlando.

« On a froid et on est fatigués mais on est encore là! », a tweeté vers 06H30 l’élue Norma Torres depuis l’hémicycle de la Chambre des représentants.

« Nous ne partirons pas sans agir pour les victimes des violences par armes à feu et leurs familles », a tweeté peu après John Lewis, élu noir de Géorgie et figure du mouvement des droits civiques dans les années 1960, un des leaders du sit-in et un des premiers élus à s’asseoir à même la moquette de l’hémicycle la veille.

Soutenus par le président Barack Obama, les parlementaires démocrates avaient entamé mercredi en fin de matinée ce sit-in, unique dans l’histoire récente du Congrès.

Le président de la Chambre, le républicain Paul Ryan, a qualifié le sit-in de « coup de pub », et refusé de permettre un vote sur deux propositions de loi réclamées par les démocrates: l’un étend les vérifications d’antécédents à toute vente d’armes lors de foires ou sur internet, et l’autre empêche les personnes figurant sur les listes de surveillance terroriste d’acquérir une arme.

La majorité républicaine refuse ardemment toute remise en cause du droit de s’armer, protégé par la Constitution.

Dans la nuit, au moment où le président de la Chambre appelait à voter sur d’autres sujets avant que les élus ne partent en congé, les démocrates ont scandé « No bill, no break » (pas de texte de loi, pas de pause), pour protester.

Les démocrates demandaient aux chefs républicains d’annuler les congés de la fête nationale du 4 juillet. Mais Paul Ryan a refusé d’accéder à leur demande et a ajourné la Chambre pour deux semaines à compter de jeudi.

« Message fort »

« Combien de vies américaines seront fauchées dans des violences par armes à feu quand la Chambre sera en congé? », s’est demandé à l’aube l’élue Katherine Clark, tandis que le réprésentant Steny Hoyer a estimé que les élus avaient envoyé « un message fort ».

« Les républicains sont peut-être partis en courant mais les démocrates sont encore dans l’hémicycle approchant les 20 Heures de sit-in pour réclamer d’agir » sur les armes, a assuré de son côté le représentant Dan Kildee.

À l’inverse, des élus républicains ont exprimé leur colère et dénoncé à l’image de Louie Gohmert le fait que les démocrates aient « pris le contrôle de la Chambre », appelant à « mettre fin au chaos ».

Cette fronde est spectaculaire dans une institution généralement respectueuse du protocole. « On doit parfois se mettre en travers du chemin », avait expliqué mercredi M. Lewis, retweeté par Barack Obama qui le remerciait de « mener (ce mouvement) sur la violence des armes au moment où on en a le plus besoin ».

Après la tuerie d’Orlando (Floride, sud-est), qui a fait 49 morts dans une boîte de nuit gay, les parlementaires démocrates ont déposé de multiples propositions de loi pour limiter l’accès aux armes à feu.

Les démocrates sont déterminés à faire le plus de bruit possible pour faire des armes un thème central de la campagne des élections présidentielle et législatives du 8 novembre.

Le Sénat, lui aussi contrôlé par les républicains, avait rejeté en début de semaine une série de restrictions à l’accès aux armes à feu.

Face à la rébellion, le président de séance républicain avait déclaré une suspension de séance. Si bien que la chaîne parlementaire C-SPAN, qui ne retransmet que les séances, n’a pas pu filmer le sit-in.

Mais rompant de manière spectaculaire avec le protocole, C-SPAN a eu recours aux réseaux sociaux, une première dans l’histoire de la très institutionnelle chaîne de télévision.

Sur les images un peu floues des élus apprentis vidéastes, on pouvait voir les démocrates s’exprimer à un pupitre dont le microphone a lui aussi été coupé.

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