Birstall pleure la mort de Jo Cox, enfant de la région

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Pieuvre.ca

Certains ont déposé un petit mot, d’autres un bouquet de fleurs. Les habitants de Birstall, petite ville tranquille du nord de l’Angleterre, étaient en deuil vendredi, abasourdis par le meurtre de la jeune députée travailliste Jo Cox, une enfant de la région.

C’est au pied d’une statue de Joseph Priestley, théologien et philosophe lui aussi enfant du pays, que les habitants sont venus rendre hommage à Jo Cox, 41 ans, mariée et mère de deux jeunes enfants, tuée jeudi par balles, dans la fleur de l’âge.

Les bouquets de fleurs s’entassent par dizaines, comme les messages pleurant la mort de cette femme qui avait grandi dans la région avant d’en devenir une députée. « Elle a grandi ici, elle a vécu ici, elle était au service de cette communauté et, au bout du compte, elle lui a donné sa vie », explique Jonathan Gibbs, l’évêque d’une ville voisine, Huddersfield, venu soutenir les habitants.

« Jo, quel jour abominable et tragique », peut-on lire sur un mot. « J’ai le coeur brisé pour vos enfants », dit un autre, déposé avec des fleurs. « Tant d’administrés étaient fiers de vous avoir comme députée. C’est notre pays tout entier qui souffre ».

Le remier ministre David Cameron était attendu dans la journée sur place, de même que le chef du parti travailliste, Jeremy Corbyn, qui a déjà rendu hommage à Jo Cox jeudi soir devant le Parlement à Londres.

Nichée dans des collines, Birstall est entourée de vieilles filatures rappelant que la ville voisine de Batley fut un centre important de l’industrie du coton pendant la révolution industrielle.

Jo Cox avait été élue en 2015 dans une circonscription des environs, après avoir travaillé pendant une dizaine d’années dans des organisations humanitaires, comme Oxfam, parcourant le monde entier, y compris des zones de conflit.

Militante de la cause des réfugiés, elle faisait campagne pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne en vue du référendum du 23 juin.

Flamme toujours allumée

Lors de son tout premier discours devant le Parlement, elle avait prononcé un plaidoyer passionné sur la diversité dans sa région, marquée par des vagues d’immigration venant d’Irlande et du sous-continent indien à l’époque où l’industrie textile était florissante.

Dans la ville, également, la maison du tueur présumé, Thomas Mair, 52 ans, a été placée sous scellés et des agents de la police scientifique s’affairent dans le jardin.

Hichem Ben Abdallah, un témoin oculaire du meurtre, peine encore à réaliser ce qui s’est passé. « Elle se battait pour la paix et la transparence, elle luttait contre la corruption, elle voulait la justice pour tous. Je crois que sa flamme continuera à briller », confie à l’AFP cet homme qui avait fait campagne à ses côtés. « J’espère que nous tirerons les leçons de tout ceci », ajoute-t-il.

Devant une salle de sports locale, Stephen Lees s’étonne qu’un tel meurtre ait pu se produire dans la commune. « C’est atroce. On ne s’attend pas à voir ce genre de choses ici », dit-il. « Je n’arrive pas à comprendre comment une telle chose a pu se produire ».

À Londres, des fleurs ont également été déposées sur le toit d’une péniche où la députée habitait avec sa famille, près du Tower Bridge.

« Nous avons perdu une amie précieuse dans les circonstances les pires et les plus tragiques », dit une voisine, Anne Wainwright, à un groupe de personnes venues lui rendre hommage.

« Rendons hommage à ce membre exceptionnel, incroyable, de notre communauté, cette lueur d’espoir qui croyait en l’amour, en l’amitié et à des valeurs dont nous avons tant besoin en ce moment », ajoute-t-elle. « Son énergie, son engagement pour tout ce qui est bien continueront à nous inspirer ».

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