Tokyo active un radar dans une zone contestée près de la Chine

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Le Japon a activé lundi une station radar en mer de Chine orientale, à proximité de Taïwan, ce qui devrait fournir à Tokyo des renseignements sur l’activité navale dans les parages d’îlots que convoite Pékin en mer de Chine orientale.

La nouvelle base militaire de Yonaguni est située à la pointe d’un chapelet d’îles japonaises et à 150 kilomètres au sud de l’archipel administré par Tokyo sous le nom de Senkaku et revendiqué par la Chine sous celui de Diaoyu.

« Cette station radar va irriter la Chine », a dit Nozomu Yoshitomi, professeur à la Nihon University et ancien général des « forces d’autodéfense » japonaises. Outre son rôle de station d’écoute, a-t-il expliqué, elle pourra être utilisée comme base pour des opérations militaires dans la région.

À Pékin, Hong Lei, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a déclaré que la position de la Chine concernant les îlots Diaoyu était claire et n’avait pas changé.

« Nous espérons que le Japon pourra prendre des mesures qui serviront la paix et la stabilité dans la région », a-t-il dit lors de son point de presse quotidien.

La station de Yonaguni – l’île japonaise la plus au sud-ouest de l’archipel – participe d’un déploiement plus large d’un arsenal militaire défensif le long des îles japonaises situées au sud du pays.

« Jusqu’à hier, il n’y avait aucune unité d’observation côtière à l’ouest de l’île d’Okinawa. Il nous fallait combler ce vide », a déclaré Daigo Shiomitsu, lieutenant-colonel chargé du commandement de la nouvelle base de Yonaguni.

Effectifs renforcés

« Cela signifie que nous pouvons observer les zones limitrophes du Japon et faire face à toute situation », a-t-il ajouté.

Shiomitsu a assisté lundi à une cérémonie à la base, au côté de 160 militaires et d’une cinquantaine de personnalités. La construction de certains bâtiments, avec leurs murs blancs et leurs toits de tuiles rouges typiques de l’archipel des Ryukyu, n’est pas encore achevée.

Yonaguni, île de 30 km2 qui compte 1500 habitants, se trouve à une centaine de kilomètres seulement à l’est de Taiwan, près de la limite de la « zone d’identification aérienne » créée par la Chine en 2013.

Au cours des cinq ans à venir, le Japon compte accroître d’un cinquième ses effectifs militaires en mer de Chine orientale, en les portant à près de 10.000 hommes. Des batteries de missiles y seront installées, afin d’établir un rideau défensif le long de l’archipel des Ryukyu, chapelet d’îles long de 1400 km qui s’étend de Kyushu jusque près de Taiwan.

Les navires chinois quittant le plateau continental doivent franchir ce chapelet d’îles pour atteindre l’ouest du Pacifique. Pékin a besoin de cet accès à la fois pour le trafic marchand sur les océans du globe et pour déployer ses forces navales.

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