Trudeau et Obama à l’unisson sur le climat

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Pieuvre.ca

Barack Obama, qui quittera le pouvoir dans moins d’un an, et Justin Trudeau, qui vient d’y accéder, ont affiché jeudi à Washington leur complicité et leur volonté de renforcer le rôle des États-Unis et du Canada dans la lutte contre le changement climatique.

« Il a fait campagne sur un message d’espoir et de changement », a souligné le président américain dans une référence au slogan de sa propre campagne, en 2008. « Sa vision positive et optimiste est une inspiration pour les jeunes. Sur la scène internationale, son pays s’implique sur le changement climatique et le développement. De mon point de vue, que demander de plus? », a-t-il ajouté, amusé, en recevant le premier ministre dans les jardins de la Maison-Blanche.

Pour le jeune dirigeant canadien (44 ans), toujours au zénith dans les sondages, cette rencontre avec un président pour lequel il ne cache pas son admiration est l’occasion de mettre en lumière le profond changement de cap – et de style – opéré par rapport à son prédécesseur conservateur, Stephen Harper.

Passant de l’anglais au français, M. Trudeau, a salué la force des liens avec les Américains, « alliés, partenaires, amis ». Mais a aussi insisté sur sa relation avec le 44e président des États-Unis, un « homme de coeur mais aussi d’intellect ».

Le premier ministre canadien a salué le « leadership » de son hôte sur la question du climat, jugeant nécessaire d’en faire une priorité « pour que nous puissions laisser à nos enfants et nos petits-enfants une planète plus propre ».

Les deux pays ont annoncé un objectif commun de réduction de leurs émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier afin de respecter, selon les termes de M. Obama, l' »accord le plus ambitieux de l’histoire pour lutter contre le changement climatique », conclu à Paris en décembre.

Ils se sont engagés sur une réduction de ces émissions de 40 à 45% d’ici 2025, par rapport à leur niveau de 2012, appelant les autres pays « à adhérer à cet objectif ». Le méthane, composant clé du gaz naturel, est un puissant gaz à effet de serre, vingt-cinq fois pire que le dioxyde de carbone (CO2). « Si nous ne sommes pas assez agressifs, si nous ne mettons pas en commun nos ressources de recherche et le développement sur les énergies propres, alors les autres pays ne monteront pas au créneau et le problème ne pourra être résolu », a martelé M. Obama.

« Bienvenue mes amis »

L’exécutif américain s’est félicité du « retour » du Canada dans le camp des pays les plus allants sur ce thème. Dans une décision à forte résonance symbolique, le précédent gouvernement conservateur avait sorti l’immense pays du protocole de Kyoto en 2011.

« Cher Canada, vous avez élu un premier ministre intelligent, sérieux et attentif aux autres. Félicitations! », a réagi sur Twitter l’actrice Mia Farrow, très impliquée sur ce dossier.

Hymnes nationaux, 21 coups de canon, passage en revue de troupes: le premier ministre et son épouse, Sophie Grégoire-Trudeau, dans une robe rouge et rose, ont été accueillis en grande pompe pour cette première visite officielle depuis 19 ans. La journée devait s’achever par un dîner d’État en présence de quelque 200 convives, parmi lesquels l’acteur Michael J. Fox, qui se consacre désormais à son combat contre la maladie de Parkinson.

M. Obama, qui a salué les « magnifiques enfants » du dirigeant canadien, a estimé que les deux pays n’avaient jamais été aussi « en phase ». Il a juste reconnu, tout sourire, qu’un sujet resterait pour longtemps encore source de frictions: le hockey sur glace.

Interrogé sur l’hypothèse d’une présidence Donald Trump, M. Trudeau s’en est tenu à une réponse très diplomatique. Sans le nommer directement, le premier ministre n’avait pourtant pas caché mi-décembre son peu de goût pour le ton de la campagne de l’extravagant milliardaire, dénonçant les « politiques fondées sur la peur, l’intolérance ou la rhétorique haineuse ».

Le président américain, lui, a choisi l’humour: « À chaque élection présidentielle, nos amis du nord doivent se préparer à un afflux d’Américains qui jurent qu’ils s’installeront au Canada si le candidat de l’autre parti l’emporte. » L’île canadienne du Cap-Breton (province de la Nouvelle-Écosse) a d’ores et déjà proposé, avec un sens aigu de la communication, d’accueillir à bras ouverts tous les Américains qui le souhaiteraient si « Le Donald » venait à remporter l’élection du 8 novembre.

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