Un satellite photographie la disparition d’eau sur Terre

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René-Maxime Parent

À revers de cet engouement pour l’exploration spatiale à la recherche d’eau sur Mars ou ailleurs dans l’univers, l’Agence spatiale européenne (ASE) a confirmé l’évaporation du lac Poopó en Bolivie. Au sol, les pêcheurs de la zone mordent la poussière.

Niché dans les montagnes de l’Altiplano en Bolivie, le lac salé Poopó a couvert une superficie de 3000 km2, deux fois celle du lac Saint-Jean. Son évaporation complète a été confirmée au mois de décembre par le minisatellite Proba-V de l’ASE qui analyse la surface terrestre quotidiennement, rapporte EL PAIS le 9 février 2016.

Le lac Poopó ne s’évapore pas pour la première fois. Le phénomène s’est produit en 1994. La faible profondeur du bassin, trois mètres, ainsi que l’aridité de l’environnement montagneux rend ce lac qui contient peu de végétation vulnérable aux fluctuations du climat. Par contre, cette fois la situation est inquiétante puisque le réservoir naturel tarde à se remplir à nouveau.

Pendant les derniers jours, les précipitations ont été intenses dans la région d’Oruro, mais il n’y a toujours pas d’eau dans le réservoir naturel. Les pêcheurs ont demandé au gouvernement national de procéder au dragage des fleuves Desaguadero et Márquez qui se déversent dans le lac Poopó pour accentuer leur débit.

Provenant de diverses communautés qui font partie des municipalités de Machacamarca, Poopó, Pazña, El Choro, Toledo, Huari, Challapata y Andamarca, les pêcheurs critiquent l’autorisation accordée au gouvernement péruvien de dévier les eaux du fleuve Desaguadero par un canal construit récemment pour alimenter les populations péruviennes.

« On reçoit de l’aide humanitaire, pas beaucoup, mais les actions que nous ont promises les autorités nationales ne se sont pas concrétisées », a affirmé le représentant de la Federación Departamental de Cooperativas Pesqueras de Oruro, Juan Toroni, rapporte le quotidien bolivien El diario le 19 janvier 2016.

L’état d’urgence a été déclaré dans cette zone où une centaine de familles s’est retrouvée sans nourriture, sans poissons, sans animaux sauvages, sans fourrage pour alimenter les animaux d’élevage et sans eau potable. « Le manque d’attention à nos demandes de la part des autorités nationales, régionales et municipales est en cause », explique Juan Toroni. « Après nous avoir donné de quoi manger, ils ont oublié le problème », poursuit-il.

Le gouverneur de la région d’Oruro, Víctor Hugo Vásquez, a annoncé qu’il dispose de 20 millions de bolivianos pour régler le problème du lac Poopó, une somme dérisoire compte tenu de la gravité de la sécheresse.

Selon les registres historiques du ministère de l’Environnement de la Bolivie, on note une augmentation de la température de 2.06ºC pour la période de 1959-2015 dont la tendance ascendante la plus marquée correspond aux 15 dernières années. Les mois de juin et de juillet de l’année 2015 ont été anormalement plus chauds, d’après El diario du 20 décembre 2015.

L’extraction d’eau pour l’industrie minière et pour l’agriculture, et la sécheresse provoquée par le réchauffement de l’océan Pacifique dû à El Niño seraient également en cause de l’évaporation du lac Poopó.

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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