Maison-Blanche 2016 – Comment casser son cochon, le cas Jeb Bush

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Il y a eu des nuitées dans des hôtels chics comprenant des piscines sur le toit, des soirées privées dans des clubs exclusifs et des levées de fonds au Four Season, au St. Regis et au Mandarin Oriental.

Dans le monde de Jeb Bush, écrit Reuters, la campagne pour la nomination républicaine en vue de la présidentielle américaine a parfois été un ballet d’avions privés et de discussions en haut lieu, selon les documents remis aux autorités par son équipe de campagne et son comité d’action politique (Super PAC) Right to Rise, qui peut lever des fonds illimités pour l’ex-gouverneur aussi longtemps que ses activités ne sont pas coordonnées directement avec celles du candidat.

Il n’est pas habituel, pour les candidats à la présidence américaine, de prendre des vols privés, ou même de dormir parfois dans des hôtels de luxe. Mais certains donateurs frustrés disent être mécontents des dépenses de Bush, qui comprennent des contributions élevées à ses employés de campagne, et des achats publicitaires de l’ordre de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Onze de ses 16 principaux donateurs contactés par Reuters se sont interrogés à savoir si cet argent était bien dépensé, d’autant plus que celui qui menait autrefois la course a encaissé une lourde chute dans les sondages, et fait maintenant l’objet de pression en vue d’un désistement.

Comparativement à Bush, le sénateur Ted Cruz, qui est deuxième dans les sondages nationaux chez les électeurs républicains, favorise des lieux d’hébergement plus abordables comme les Holiday Inns et vole souvent en classe économique, révèlent des documents financiers pour le troisième trimestre.

Plusieurs membres du camp Bush rejettent vigoureusement les reproches. La porte-parole du candidat, Kristy Campbell, a déclaré que « nous menons une campagne nationale qui est dans la course partout et nous avons effectué des investissements qui nous ont permis d’accomplir ce que les campagnes sérieuses doivent faire pour être compétitives dans les primaires et l’élection présidentielle ».

Selon la firme d’analyse publicitaire SMG Delta, la campagne de Bush et Right to Rise ont dépensé 82 millions $ US en publicités, soit bien plus que les trois leaders de la course républicaine: Donald Trump (5 millions $ US), Ted Cruz (11 millions $ US) et Marco Rubio (49 millions $ US).

« Il n’y a pas de retour sur investissement pour les pubs de Bush, zéro », a lâché un important donateur ayant réclamé l’anonymat, en souligné que les pubs n’avaient franchement pas accompli grand chose, jusqu’à maintenant, pour aider les intentions de votes de Bush ou nuire à celles de ses adversaires. Dimanche, les donateurs connaîtront le montant total dépensé par Bush en puisant dans ses coffres garnis de plus de 100 millions $ US. C’est en effet le moment où les candidats républicains et démocrates, ainsi que leur Super PACs publieront leurs plus récentes données financières. Jusqu’à maintenant, on sait que Bush et Right to Rise ont dépensé au moins 82 millions $ US, à la fois en dépenses pour le troisième trimestre et les achats publicitaires en janvier.

Les rapports financiers montrent aussi qu’entre juin 2015, où Bush a officiellement annoncé sa candidature, et septembre, sa campagne a allongé 1,2 million $ US pour des avions privés, comparativement aux quelque 700 000 $ US dépensés par Hillary Clinton, en tête chez les démocrates. Cruz a payé 158 000 $ US pour des vols privés, et Rubio, 293 300 $ US. Trump parcourt le pays à bord de son propre Boeing 757.

L’argent ne garantit pas le succès

Les méthodes de dépenses de l’ex-gouverneur de la Floride illustrent les limites des dons à des fins politiques: même dans une ère où les candidats peuvent recevoir des fonds illimités de la part d’individus bien nantis, l’argent ne garantit pas le succès. « Ils brûlent de l’argent », a lancé un autre grand donateur, qui a lui aussi demandé de demeurer anonyme par peur de déplaire à la famille Bush.

« Écoutez, ce n’est pas le cycle électoral où il fait bon de dépenser comme un candidat de la haute », poursuit un troisième individu. « Ça paraît simplement mal », dit-il, en faisant référence à la façon dont les inégalités de revenu sont devenus un thème majeur pour l’élection de 2016.

L’ambassadrice Jeanne Phillips, une membre du comité de gouvernance de Right to Rise, éclate de rire à l’écoute de ces remontrances. « Je connais Jeb depuis 30 ans, alors l’idée qu’il permettrait à qui que ce soit autour de lui de se montrer dépensier est hilarante, c’est ridicule. L’homme est la personne la plus conservatrice et fiscalement responsable avec qui j’ai travaillé. »

Le comité de campagne de Bush a payé pour l’ensemble de l’hébergement sur le terrain et pour la vaste majorité du transport aérien privé, tandis que Right to Rise a défrayé les coûts publicitaires. L’argent donné par des contributeurs nantis et un peu moins riches a permis au camp Bush de se déplacer dans le luxe. On compte entre autres des nuitées dans des hôtels chics comme le Wilshire à Beverly Hills, le Viceroy en Floride, le St. Regis en Californie, et le W à Stanford au Connecticut.

Les documents financiers ne précisent toutefois pas le nombre de nuitées, par exemple, ou si Bush a dormi dans ses hôtels, au lieu de son équipe, ou vice-versa. L’ex-gouverneur n’est pas non plus le seul candidat à dormi dans des draps de satin, mais ces dépenses représentent une bonne partie de ses frais d’hébergement. Ainsi, 125 000 $ US, ou 70 % de ses frais d’hébergement de juin à septembre ont été consacrés à des hôtels « de luxe ».

Cruz et Rubio ont quant à eux moins dépensé pour des hôtels de luxe. Et Trump? Le coloré milliardaire revient chez lui chaque soir en avion pour dormir dans son propre lit.

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