Un homme armé d’un hachoir abattu devant un commissariat à Paris

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Un homme, qui aurait crié « Allah akbar », a été tué par les policiers en tentant d’entrer avec un hachoir de boucher dans un commissariat parisien, un an jour pour jour après l’attentat contre Charlie Hebdo, rappelant à la France la menace qui pèse sur elle.

Cet homme, abattu devant le commissariat de la rue de la Goutte-d’or, quartier populaire du nord de Paris, était porteur d’un dispositif explosif factice, ont indiqué à l’AFP le ministère de l’Intérieur et une source judiciaire.

« Un homme a tenté jeudi matin d’agresser un policier à l’accueil du commissariat avant d’être atteint par des tirs de riposte des policiers », a expliqué à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet. Cet homme, qui semble avoir agi seul, « aurait crié Allah akbar », a-t-il ajouté.

Le corps de cet homme, vêtu d’un manteau sombre et d’un jean bleu, gisait sur le trottoir devant le commissariat. Sous son manteau, une petite pochette scotchée d’où sortait un fil. Un robot de déminage a permis de s’assurer que ce dispositif ne contenait pas d’explosifs, a précisé la source judiciaire.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, la maire de Paris Anne Hidalgo, le préfet de police Michel Cadot et un magistrat du parquet se sont rendus sur place.

« Ma soeur a vu un homme courir vers le commissariat. Il y avait deux policiers à l’extérieur. Ils ont crié, puis ont tiré », a expliqué Anna Polonyi, qui habite en face du commissariat.

Satah Smirani, cuisinier du restaurant À la Goutte d’or, a raconté avoir « entendu trois coups de feu ». « On est sorti sur le trottoir pour voir, et là, il y avait un homme à terre », a-t-il raconté, joint par téléphone par l’AFP.

Des élèves confinés

Les policiers ont, dans un premier temps, ordonné aux passants de se réfugier dans les magasins, dont les rideaux de fer ont été baissés. La rue a été bouclée.

Les élèves d’une école maternelle et d’une école primaire de la rue ont été « confinés », a indiqué l’académie de Paris.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique et chargé la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne de l’enquête. La section antiterroriste du parquet n’a pas été saisie à ce stade.

Cette agression est intervenue alors que François Hollande présentait ses voeux aux forces de sécurité à la préfecture de police de Paris, lieu symbolique où il s’était incliné l’an dernier sur les cercueils des trois policiers figurant parmi les victimes des frères Kouachi et d’Amédy Coulibaly, auteurs des attentats du 7 au 9 janvier 2015.

Ces attentats, qui ont fait basculer la France dans une nouvelle ère de menace jihadiste, ont été suivis tout au long de l’année 2015 d’autres attaques ou projets d’attentats, souvent avortés, et ont culminé le 13 novembre dans des attaques multiples qui ont fait 130 morts.

Dans son discours, le président a rendu hommage aux forces de l’ordre, rappelant que toute agression d’un policier, d’un gendarme ou d’un sapeur-pompier constituait une « atteinte à la République ».

Il a confirmé un prochain projet de loi pour renforcer la procédure pénale en matière de terrorisme et de crime organisé. Parmi les mesures envisagées, l’assignation à résidence hors état d’urgence, la fouille dans certains cas des véhicules et bagages « à proximité des sites les plus sensibles » ou encore l’évolution des« conditions d’emploi » de leurs armes par les policiers, mesure réclamée de longue date par les forces de l’ordre.

Face à des « actes de guerre », c’est « la doctrine même des forces de sécurité qui doit être adaptée », a martelé le chef de l’Etat, qui a fixé « trois principes »: « fermeté », « réactivité » et « unité ».

Listes de cibles

Les attaques contre des policiers ou militaires ne sont pas une première.

Le 20 décembre 2014, un jeune converti de 20 ans, Bertrand Nzohabonayo, était abattu dans un commissariat de Joué-les-Tours (Indre-et-Loire), après avoir blessé à l’arme blanche trois policiers en criant« Allah Akbar ».

Le 1er janvier dernier, des militaires en faction devant la mosquée de Valence ont ouvert le feu sur un automobiliste qui leur fonçait dessus, le blessant grièvement. La qualification terroriste n’a pas été retenue à ce stade, l’auteur, un Français de 29 ans d’origine tunisienne, ayant des motivations confuses.

Depuis plusieurs années, Al-Qaïda et le groupe État islamique exhortent leurs recrues et leurs volontaires à passer à l’action sans attendre, sans ordres précis, fournissant les listes de cibles, au premier rang desquelles figurent systématiquement les militaires et policiers occidentaux.

Contre elles, tout est bon, avait rappelé le porte-parole du groupe Etat islamique, Abou Mohammed al-Adnani: leur tirer dessus, les poignarder, poser des bombes artisanales, répandre du poison, utiliser voiture ou camion comme arme.

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