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Vino veritas

Pièce en un acte écrite par Bertold Brecht alors qu’il n’avait que 21 ans, La noce pose un regard acerbe et cruel sur les mœurs petites-bourgeoises. Huit personnages se retrouvent autour d’une table pour le repas de noces : le Marié (Frédéric Lavallée), la Mariée(Stéphanie Cardi), la Mère (Diane Ouimet), le Père (Denis Gravereaux), la Femme (Enrica Boucher), l’Homme (Alex Bispling), la Sœur (Isabelle Leclerc) et l’Ami (Paul Ahmarani).

L’Opéra de Quat’sous traverse le temps

L’Usine C présente L’Opéra de Quat’sous du 24 janvier au 11 février. Une nouvelle mise en scène brillante de Brigitte Haentjens.

Pureté morbide à l’Espace Go

Quand la nature se déchaîne contre un groupe d’intellectuels venu camper dans la forêt, la réunion amicale se transforme en cauchemar… Tristesse Animal Noir, jouée à l’Espace Go, est une pièce brute, chaude, et sauvage, dont la mise en scène minimaliste accentue l’intensité.

Le Dindon, pour votre plaisir

«Oh ! Bien ! Vous savez ce que c’est ! Un beau jour, on se rencontre chez le Maire… On ne sait comment, par la force des choses… Il vous fait des questions… On répond « oui  » comme ça, parce qu’il y a du monde, puis, quand tout le monde est parti, on s’aperçoit qu’on est marié. C’est pour la vie.» Cette réplique de Pontagnac donne bien le ton à cette pièce de Feydeau présentée jusqu’au 11 février au Théâtre du Nouveau Monde (TNM). En trois actes, les spectateurs découvrent dans Le Dindon un Paris bourgeois du XIX e siècle, où les hommes volages sont monnaie courante et où infidélités, amour et jalousie se côtoient, s’affrontent et s’interpellent.

Sombre candeur au Quat’sous

Après avoir été présentée à guichet fermé au Prospero en 2009, reprise au théâtre du Quat’sous en 2010, la compagnie Bec de Lièvre présente à nouveau son adaptation du Grand Cahier, le roman d’Agota Kristof, jusqu’au 20 janvier au Quat’sous.

Lui, dans les ruines rouges du siècle

Il flotte une odeur de bortsch et de vodka dans la salle du Théâtre d’Aujourd’hui. Le dramaturge et metteur en scène Olivier Kemeid a en effet décidé d’y monter sa grande fresque Moi, dans les ruines rouges du siècle, un regard perçant sur les aléas du comédien Sasha Samar à travers les bouleversements de l’Union soviétique.

Quand l’intime rencontre le grandiose

Jose Navas, créateur et directeur artistique de Compagnie Flak, nous présente son dernier solo Personae, créé en mai 2011 au Concertgebouw de Bruges. Un petit bijou à découvrir à la 5eme salle de la place des arts jusqu’au 28 janvier.

Jazz, sexe et politique

Pour ouvrir l’année 2012, le théâtre Espace Libre propose la pièce Requiem pour un trompettiste, mise en scène par Louise Naubert, et créée pour la première fois lors du Festival Zones Théâtrales en 2005. Du théâtre engagé et expérimental.

On a tous un Jésus qui sommeille en nous

Du 5 au 15 janvier au Théâtre Prospero, Gaétan Nadeau nous présente son solo Personal Jesus, mis en scène par Jacques Brochu et Marie-Stéphane Ledoux. Récit d’un périple en terre chrétienne ou l’artiste a découvert son Jésus personnel.

Divertissement froid des fêtes chez Duceppe

Bob est malheureux. Récemment promu président de la compagnie au sein de laquelle il oeuvre depuis 25 ans, il revoit, inopinément, la femme de son ancien patron lors des funérailles de celui-ci. Toujours autant amoureux d’elle, il tentera de la séduire; et le public se dira, bien tristement, Pourquoi pas ?

La Déraison d’Amour, une hystérie mystique

Marie Tifo a relevé un défi de taille : se métamorphoser en Marie de l’Incarnation, une religieuse folle de Dieu et fondatrice du premier couvent au Québec en 1599.

Die Reise, la vie selon Felix Mirbt

N’entre pas dans l’esprit de Kelix Mirbt qui veut. Le spectacle Die Reise ou les visages variables de Felix Mirbt, donné au Théâtre aux Écuries jusqu’au 17 décembre, propose un voyage intriguant et tortueux dans l’esprit et les souvenirs de ce marionnettiste de génie, en plus d’une exposition consacrée à ce maître de l’imaginaire.

Gainsbourg en folie

Du 1er au 10 décembre, la compagnie Pupulus Mordicus présente son Cabaret Gainsbourg, spectacle mêlant musique live, théâtre et marionnettes. Créé au printemps 2010, ce projet a déjà été reçu chaleureusement au Festival international de la marionnette de Saguenay et au Carrefour international de théâtre de Québec l’année dernière.

Des Contes urbains grinçants

Des contes pour les grands, qui se passent dans notre ville, qui nous font sourire, ou bien grincer des dents. Voilà ce à quoi il faut s’attendre des Contes Urbains, maintenant devenus une tradition du temps des fêtes. Les raconteurs? Les vedettes de notre enfance.

Yvonne, déconcertante dame

Un laideron aphasique prénommé Yvonne crée une commotion au sein de la cour de Bourgogne lorsque le prince héritier Philippe décide de s’y fiancer. S’ensuivront conséquemment fureur, frustration, cruauté et folie chez les courtisans et personnages royaux, tentant tous l’impossible : conformer cet «autre» trop dérangeant à «soi».

Quand le ridicule tue

Même les plus grands textes ne résistent pas à tout. La tout nouvelle mise en scène de Ha, ha! , le célèbre texte de Réjean Ducharme, par Dominic Champagne, a de quoi décevoir. Pour cette œuvre qui est à l’affiche du TNM depuis le 15 novembre, on nous annonçait une orchestration «jouissive et débridée», un «chef-d’œuvre mené par un quatuor de virtuoses». Jouissive, on se demande pour qui. Ah oui, peut-être, pour une partie de l’auditoire riant aux situations du premier degré, qui, compte tenu du contexte sérieusement dramatique, ne prêtaient surtout pas à rire. Débridée, en effet, et sûrement un peu trop. Très tôt dans la représentation, la «danse du bacon» d’Anne-Marie Cadieux détonne fortement avec les envolées oratoires de François Papineau, assez superbe en ce début de pièce.

La parfaite abstraction de Contre le temps

C’était soir de théâtre, jeudi, pour la nouvelle pièce présentée au Théâtre d’Aujourd’hui, Contre le temps. Dans ce drame politico-mathématique – oui, cela est possible -, toutes les pièces s’insèrent parfaitement les unes dans les autres, de l’écriture à la mise en scène, en passant par l’interprétation, pour créer 1h45 d’excellence scénique.

Face au mur

La compagnie Hotel-Motel reprend L’Affiche, pièce crée en 2009, écrite et mise en scène pas Philippe Ducros, à l’Espace Libre du 8 au 26 novembre.

Dans l’ombre d’Hemingway, sur les planches

Ah, cette mer des Caraïbes, pareille à un horizon d’alcool dans lequel se noient les plus téméraires. L’auteur de théâtre Stéphane Brulotte a décidé de tenter le diable et de s’attaquer au marin littéraire des derniers jours, Ernest Hemingway, avec une pièce intitulée Dans l’ombre d’Hemingway.

Récits de juin au coeur d’une folle normalité

L’homme est célèbre, mais passerait sans doute inaperçu si vous le croisiez dans la rue. Sur les planches de l’Usine C, Pippo Delbono, dans Récits de juin s’expose, se met à nu. Le danseur et homme de théâtre italien raconte sa propre vie dans une magnifique pièce dénuée de tous les artifices, avec seulement ce comédien vidant ses tripes sur le plancher, tel un animal dont on expose les entrailles.

L’art de faire des enfants, pour esprits avertis

Montréal. Philippe. 24 ans. Dépravé, débauché, drogué, prostitué. Philippe est en crise permanente, contre tout, contre tous. Il ne veut pas aimer, encore moins se faire aimer. Il traverse la vie à grands coups de pieds, le plus vite possible, le plus dangereusement possible. Un dimanche matin, sa mère se réveille prise d’un pressentiment. Il émerge du sommeil en même temps, encore en plein trip de drogue qui commence à très mal tourner. C’est ainsi que commence la pièce Faire des enfants, d’Éric Noël, mise en scène au Théâtre de Quat’Sous par Gaétan Paré. Une œuvre qui commence sans préambule, sans mise en garde. Une œuvre forte, très dure, très âpre, mais qui donne l’heure juste à travers des thèmes difficiles et très peu explorés jusqu’à présent sur la scène théâtrale.

La peau sur le zoo

C’est sur des paroles alambiquées, que l’on donne à l’entrée en même temps que les billets, que débute notre expérience antithéâtrale du ZOO 2011. Créé en réminiscence du ZOO de 1977, orchestré par le Théâtre Expérimental de Montréal, on entre à nouveau dans un univers à la fois très ancré dans notre quotidien, et très distancié de celui-ci.

La Mort vous invite à prendre un siège

Il flotte comme une légère odeur de mort surchauffée au Théâtre d’Aujourd’hui. Le comédien Frédéric Desager s’en donne à coeur joie dans La Chaise, une pièce solo écrite par Claude Paiement et mise en scène Eudore Belzile. Au-delà du tristement célèbre engin d’exécution se construit d’ailleurs une imposante psyché sur la fin de l’existence et le troublant détachement nécessaire pour mettre fin à la vie d’une personne, toute coupable d’un crime puisse-t-elle être.

Tombé au champ d’horreur

Le 14 octobre dernier, les planches du Théâtre Outremont recevaient la deuxième pièce de Pierre-Michel Tremblay écrite pour le Théâtre de la manufacture : Au champ de mars. Cette œuvre qu’on annonce comme une comédie satirique, avait fait salle comble au Théâtre La Licorne en 2010. C’est bien la même pièce qu’on nous présente mais je vais plutôt y accoler l’étiquette de drame satirique. Bien sûr, on nous fait rire à quelques occasions, mais l’auteur a bien dû comprendre qu’il serait très difficile au public de supporter le sujet traité, sans une bonne dose d’humour. Et nous lui en savons gré.

Le TNM s’amuse avec L’École des femmes

Sentiment de plénitude, vendredi soir, après le tomber du rideau du Théâtre du Nouveau Monde (TNM). Cette École des femmes, de Molière, mise en scène par Yves Desgagnés, et superbement interprétée en autres par Guy Nadon, vient en effet boucler la boucle du TNM, 60 ans après son inauguration par cette même oeuvre qui a traversé les siècles. Retour aux sources, donc, pour un théâtre qui renoue avec la verve en alexandrins après une saison 2010-2011 relativement décevante.

Tout m’assassine : la pièce qui cogne là où ça fait mal

Soir de première, mardi, pour trois pièces à la Cinquième salle de la Place des Arts, réunies sous le titre Tout m’assassine. Salle comble, également, pour ce trio de textes à forte saveur politique et sociologique dont les diatribes et les cris du coeur contre un système québécois marabout tombent à point dans l’actualité. Le metteur en scène Dominic Champagne s’en donne véritablement à coeur joie pour tirer à boulets rouges sur les problèmes gangrenant la société actuelle.

Le Camp horreur : pour adolescents n’ayant pas peur du noir

Vous rappelez-vous vos folles soirées d’adolescence, alors que les gars boutonneux et les filles s’isolaient dans des coins pour s’embrasser à bouche que veux-tu, un verre de Allen à l’orange à la main, entre deux parties de Yum? La compagnie du Théâtre du Lys a décidé de faire revivre cette époque passablement ingrate en saupoudrant le tout d’une bonne dose d’horreur pour servir une comédie sanglante intitulée Le Camp horreur, jouée à l’Espace 4001.

Décanter de la guerre

«La guerre consiste à se débarrasser de l’autre. Et l’autre consiste à ne pas être moi. Surtout pas moi. Et pourtant… nous sommes tous l’autre pour un autre qui n’est pas nous. La guerre : cercle fait d’aveuglement qui se resserre sur lui-même jusqu’à l’étouffement. Pourquoi la faisons-nous? [...] La guerre, quand elle se fait ailleurs devient un spectacle pour ceux qui ne la font pas. Pour ceux qui s’enfoncent dans un sentiment d’impuissance ou s’étourdissent dans un sentiment d’indifférence.» Avec Cantate de guerre, Larry Tremblay nous livre un texte brut, violent. Imposant. Et magistralement mis en scène par Martine Beaulne.

Nourritures pour l’esprit à la salle Fred-Barry

Difficile d’explorer les penchants, les motivations, les méandres intellectuelles de Jacques Prévert. Véritable monument de l’écriture française, Prévert assomme, étourdit, déconcerte tout en enjolivant, retouchant et maniant le Verbe avec une aisance étonnante. Christian Vézina, pourtant, tente d’accomplir pratiquement l’impossible, et essaie de nous résumer l’homme en 1h10 dans Tout Prévert.

Les noces de Figaro – Dans les règles de l’art

Soir de première, samedi, pour une nouvelle saison de l’Opéra de Montréal. Au programme, un spectacle en quatre actes composé et écrit par nul autre que Wolfgang Amadeus Mozart, soit Les noces de Figaro, dont la première remonte à 1786. Devant le parterre rempli de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, une distribution quasiment entièrement canadienne a offert une très bonne prestation, secondée par des musiciens de l’Orchestre métropolitain en grande forme.