Les portraits vibrants de 12 femmes musulmanes qui constituent la pièce Monologues Voilés sont une véritable invitation à l’intimité, une célébration de la différence. L’auteur et metteur en scène néerlandaise Adelheid Roosen présente ici une oeuvre sensuelle qui a su faire vibrer le public jeudi soir à la Cinquième Salle de la Place des Arts. À voir jusqu’au 15 décembre.
Depuis la grand première à Amsterdam en décembre 2003, Monologues Voilés parcourt les théâtres du monde entier et ne cesse de ravir les spectateurs sur son chemin. Après Berlin, Amsterdam, Paris, Avignon, Boston, New York et Bruxelles, c’est au tour de Montréal de se laisser transporter par ces monologues authentiques. Ces derniers sont le fruit des témoignages de 74 femmes musulmanes aux origines diverses et aux histoires uniques qui se sont confiés à Adelheid Roosen avec une franchise inédite.
Ces femmes établies aux Pays-Bas se sont prononcées sans gêne sur des sujets aussi délicats que l’excision, la virginité, le mariage et le viol. Audacieuse, la pièce aborde ces thèmes avec tact, sans toutefois tomber dans la gratuité. Le ton demeure léger et enveloppant, la prose, disposée aux confidences.
Le décor est sobre, loin d’être rutilant, mais la chaleur qui émane de la performance des quatre interprètes de la troupe française Jamila Drissi, Morgiane El Boubsi, Hoonaz Ghojallu et Hassiba Halabi suffit pour empreindre les spectateurs d’une ambiance chantante et complice, de sorte que la scène modique est pardonnée. Les quatre femmes nous accueillent dans leur salon, l’allure décontractée et le visage rieur. L’une accompagne les anecdotes, armée d’un saz ou d’une darbouka, les autres écoutent, attentives et détendues. Certaines bribes des discours sont difficiles à comprendre puisque les actrices adoptent à certaines reprises un accent marqué. La saveur pittoresque n’en est que rehaussée, surtout lors du récit hilarant d’une dame turque, en qualifiant son vagin de «permis de séjour». L’énumération candide des différentes techniques pour simuler sa virginité au moment de la nuit de noces a aussi été un moment fort de la pièce; l’ironie derrière l’obsession d’un hymen intact est dépeinte avec brio.
Les portraits vibrants de 12 femmes musulmanes qui constituent la pièce Monologues voilés sont une véritable invitation à l’intimité, une célébration de la différence. L’auteure et metteure en scène néerlandaise Adelheid Roosen présente ici une oeuvre sensuelle qui a su faire vibrer le public jeudi soir à la Cinquième salle de la Place des Arts. À voir jusqu’au 15 décembre.