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Le Moine déshabillé

Le Théâtre de l’Entonnoir met en scène le tourment d’un homme de croix écartelé entre piété spirituelle et péché corporel. Le Moine se torture ainsi du jeudi au samedi, jusqu’au 25 mai prochain dans la cavité carrelée du Bain Saint-Michel.

Théâtre – L’urgence de dire

La mise en scène de Brigitte Haentjens de La nuit juste avant les forêts de Bernard Marie Koltès avec Sébastien Ricard est de nouveau à l’affiche à Montréal: un cadeau pour ceux qui n’avaient pas eu la chance de la voir en 2010.

L’autre Yukon

Le Yukon que nous dépeint Sarah Berthiaume dans sa nouvelle création Yukonstyle n’a rien de doré. À travers la fenêtre de la mobile home de Garin et Yuko, il se manifeste dans toute son hostilité, son immensité, et, tel un courant d’air glacé, il paralyse tous ceux qui le croisent. Comme des condamnés errant dans ses paysages sans fin, dans son hiver sans fin, les quatre personnages que l’auteur réunit sur scène sont semblent tous coincés dans ce territoire trop grand. Ensemble, Garin, Yoko, Dad’s et Kate poursuivront une lutte pour la survie de leur corps et pour la survie de leur tête, engourdie par l’immobilité, avalée l’espace grand, trop grand.

Ce samedi il pleuvait: une encyclopédie lyrique de la banlieue

Décidément, on ne finit plus de tomber sur de petits bijoux aux Écuries cette année. Ce samedi il pleuvait, c’est une histoire de famille ancrée dans un Saint-Bruno-de-Montarville pour le moins inquiétant. Des parents et leurs jumeaux ont tout pour eux, et pourtant, rien n’indique qu’ils sont heureux : la mère est une superwoman dépressive, le père, un parvenu qui n’a d’yeux que pour son chien, et les jumeaux, des « extraterrestres » coupés du monde. Entre eux, le dialogue est rompu, faisant place à des soliloques acidulés.

Partez voir Les Atrides au théâtre avec Pieuvre.ca

Pieuvre.ca vous emmène au théâtre! Alors que la pièces Les Atrides s’installe à l’Église Saint-Jean-Baptiste, à Montréal, du 18 au 28 [...]

Un joueur de trop dans le quartett

Mardi soir, au Théâtre La Chapelle, la compagnie française Les Songes turbulents s’amenait en ville avec la pièce Quartett.

Frankenstein – Un monstre d’adaptation

Quand on pense à Frankenstein, on pense souvent au fameux monstre du film « d’horreur » des années 30, parfois on se souvient aussi de l’adaptation plus fidèle avec De Niro dans les années 1990, pour certains, on se rappelle le roman qui loin de l’horreur, nous transporte plutôt au plus profond de l’âme humaine. Avec Frankenstein, de Nick Dear, on revisite le classique de Mary Shelley avec une sensibilité et une brutalité que personne n’a encore osée ou été capable d’atteindre. Simplement grandiose.

Bien fade Jocaste reine

Poursuivant dans sa thématique royale de saison, le Théâtre du Nouveau Monde accueillait vendredi soir la première médiatique de Jocaste reine, un texte de l’auteure bien connue Nancy Huston reprenant de larges pans du célèbre mythe grec d’Oedipe, avec une touche quelque peu moderniste. Cette fois, en effet, Jocaste, la mère, a épousé son fils et a eu quatre enfants avec lui. Jusqu’à ce que tout s’écroule…

Les chemins qui marchent: l’eau n’a pas fini de couler sous les ponts

La compagnie du Nouveau Théâtre Expérimental propose son deuxième volet de sa trilogie sur l’histoire du Québec, de la fondation de Québec en 1608 à la crise du verglas en 1998, avec le spectacle Les chemins qui marchent. Un défi théâtral périlleux, relevé une nouvelle fois par le NTE.

Les muses de Michel Marc Bouchard: bâtir des châteaux en Espagne

Après un succès international et tant et tant de productions, Les Muses orphelines sont de retour à la maison. Et force est d’admettre que le travail de Martine Beaulne propose une relecture remarquable qui s’affranchit des productions passées. L’accent sur le texte nous donne à entendre tout le caractère primesautier de l’écriture, tandis que la mise en scène opère des choix judicieux pour exacerber l’attente insoutenable des personnages et leur besoin de se raconter des histoires.

iShow et la déshumanisation numérique

Internet est-il en train de nous dépouiller de notre humanité? À voir l’utilisation que font les humains des réseaux sociaux et autres services visant à entrer en contact avec les uns et les autres sur le web, force est de constater qu’à la sortie du iShow, présenté à l’Usine C, il est nécessaire de regarder la vérité en face, et d’admettre une bonne fois pour toutes que l’anonymat du web permet de nourir certains des plus sombres aspects de la personnalité humaine.

La quête d’émancipation avec un couteau. Et des poules.

La pièce de théâtre Des couteaux dans les poules, de l’auteur écossais David Harrower, trouvera prochainement place sur les planches du Prospéro, alors que ce récit ressemblant à un conte prendra vie sous la direction de la metteure en scène Catherine Vidal. À un peu plus de deux semaines de la première de ce spectacle, Pieuvre.ca a échangé avec Mme Vidal pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de ce récit théâtral émancipateur.

Des bas-fonds qui peinent à remonter la pente

Sans faire de trop mauvais jeu de mots, disons que Les Bas-fonds de Gorki présentés par la Compagnie de la Lettre 5 ne volaient pas haut. Quelques idées intéressantes furent tentées au niveau visuel, mais le jeu théâtral des comédiens peinait à garder les spectateurs attentifs. Certains quittèrent même la salle. Vraiment, une expérience très décevante!

Le squelette du roi Richard III est enfin retrouvé

Il aura fallu plusieurs siècles de spéculations et de recherches, ainsi qu’un petit coup de pouce de la génétique, pour finalement confirmer une découverte archéologique majeure. Le squelette de Richard III, un roi anglais surtout connu pour son personnage méphitique dans la célèbre pièce éponyme de William Shakespeare, reposait donc bien sous le bitume d’un stationnement de la ville de Leicester, non loin du lieu de la Bataille de Boswroth Field, où il fut tué en 1485.

Mettre le rire entre parenthèses: Le banquet des petites personnes ou la politesse du désespoir

C’est au Théâtre Parenthèse qu’avait lieu samedi dernier la première du Banquet des petites personnes ou la politesse du désespoir de Michel Garneau. Ce théâtre méconnu, situé sur Masson dans un bâtiment industriel qui ne paie pas de mine, est indéniablement doté d’un charme certain. Ne pouvant accueillir qu’une soixantaine de spectateurs, il contribue à la diffusion de la dramaturgie québécoise émergente et a mis sur pied une école de théâtre alternative destinée aux travailleurs issus de tous les milieux. La pièce mettait d’ailleurs en scène deux anciens étudiants, Patrick Berthiaume et Tahar Hadadine, ainsi que la directrice du théâtre, Diane Cormier.

Le Roi se meurt résonne toujours autant

Le Théâtre du Nouveau Monde aura eu raison de faire languir son public pour sa production du Roi se meurt d’Eugène Ionesco. Ce « classique contemporain », présentant la mort lente du personnage de Bérenger, étonne par sa forme plus épurée, contrairement à ses pièces précédentes. C’est dans cet univers que nous transporte la mise en scène de Frédéric Dubois.

Entre le bien et le ça

Mettre en scène ces mouvements quasi imperceptibles des êtres mus par des forces obscures. L’incommunicabilité qu’Antonioni imprimera plus tard sur la pellicule, mais qui fut d’abord exposée par Nathalie Sarraute sous le nom de tropismes, voilà ce que le Théâtre Galiléo s’est donné pour tâche, en montant Pour un oui ou pour un non, la sixième et dernière pièce de la pionnière du Nouveau roman.

Rien de si fou au village

Un village de fous revient au Théâtre Duceppe, 28 ans après y avoir éte présenté une première fois en 1984. Écrite par le dramaturge américain Neil Simon, cette pièce englobe toutes les caractéristiques du conte de fées dédié aux enfants, interprété ici comme une comédie tout public. Une mise en scène de Monique Duceppe.

Monologues voilés: la femme musulmane démystifiée

Les portraits vibrants de 12 femmes musulmanes qui constituent la pièce Monologues Voilés sont une véritable invitation à l’intimité, une célébration de la différence. L’auteur et metteur en scène néerlandaise Adelheid Roosen présente ici une oeuvre sensuelle qui a su faire vibrer le public jeudi soir à la Cinquième Salle de la Place des Arts. À voir jusqu’au 15 décembre.

Depuis la grand première à Amsterdam en décembre 2003, Monologues Voilés parcourt les théâtres du monde entier et ne cesse de ravir les spectateurs sur son chemin. Après Berlin, Amsterdam, Paris, Avignon, Boston, New York et Bruxelles, c’est au tour de Montréal de se laisser transporter par ces monologues authentiques. Ces derniers sont le fruit des témoignages de 74 femmes musulmanes aux origines diverses et aux histoires uniques qui se sont confiés à Adelheid Roosen avec une franchise inédite.

Ces femmes établies aux Pays-Bas se sont prononcées sans gêne sur des sujets aussi délicats que l’excision, la virginité, le mariage et le viol. Audacieuse, la pièce aborde ces thèmes avec tact, sans toutefois tomber dans la gratuité. Le ton demeure léger et enveloppant, la prose, disposée aux confidences.

Le décor est sobre, loin d’être rutilant, mais la chaleur qui émane de la performance des quatre interprètes de la troupe française Jamila Drissi, Morgiane El Boubsi, Hoonaz Ghojallu et Hassiba Halabi suffit pour empreindre les spectateurs d’une ambiance chantante et complice, de sorte que la scène modique est pardonnée. Les quatre femmes nous accueillent dans leur salon, l’allure décontractée et le visage rieur. L’une accompagne les anecdotes, armée d’un saz ou d’une darbouka, les autres écoutent, attentives et détendues. Certaines bribes des discours sont difficiles à comprendre puisque les actrices adoptent à certaines reprises un accent marqué. La saveur pittoresque n’en est que rehaussée, surtout lors du récit hilarant d’une dame turque, en qualifiant son vagin de «permis de séjour». L’énumération candide des différentes techniques pour simuler sa virginité au moment de la nuit de noces a aussi été un moment fort de la pièce; l’ironie derrière l’obsession d’un hymen intact est dépeinte avec brio.

Les portraits vibrants de 12 femmes musulmanes qui constituent la pièce Monologues voilés sont une véritable invitation à l’intimité, une célébration de la différence. L’auteure et metteure en scène néerlandaise Adelheid Roosen présente ici une oeuvre sensuelle qui a su faire vibrer le public jeudi soir à la Cinquième salle de la Place des Arts. À voir jusqu’au 15 décembre.

Lapin blanc, lapin rouge, un voyage spatio-temporel percutant

Une table, deux verres, un escabeau et un flacon rempli d’une substance inconnue; voilà les éléments qui peuplent la scène lorsque l’acteur arrive. Deux majordomes habillés de complets rouges et blancs l’accueillent; ce sont les metteurs en scène, Philippe Ducros et Mani Soleymanlou. Le comédien s’assoit et reçoit une enveloppe close. Elle contient le texte de la pièce, l’acteur ne l’a jamais lu auparavant et va le découvrir devant nos yeux. Un acte risqué qui a été accompli hier par nul autre qu’Amir Khadir.

Awáa + Busk: entre danse et photographie

Les 16 et 17 novembre derniers, Danse Danse présentait au Théâtre Maisonneuve Awáa + Busk, un programme double de la troupe Aszure Barton & Artists. Le moins qu’on puisse dire est que la chorégraphie était à l’image du parcours riche et original qu’a suivi la chorégraphe Aszure Barton. Originaire d’Alberta, sa formation à l’École nationale de ballet du Canada lui a valu une place auprès de plusieurs danseurs et compagnies à travers le monde. Après avoir travaillé entre autre avec les Ballets Jazz de Montréal, la chorégraphe s’est installée à New York où elle a établi sa propre compagnie.

La danse de mort, un rituel délicat et dangereux

La mort, seule perspective absolue de l’existence. Si certains tentent malgré tout de s’en débarrasser, la plupart des hommes essaient plutôt de modifier les paramètres et les circonstances de leur décès, histoire d’améliorer les circonstances de l’événement ou, au contraire, de rendre le tout le plus pénible pour leurs proches… En entamant ​La danse de mort​, au Prospero, les trois personnages principaux s’engagent dans une lutte féroce face à l’aspect inévitable de la fin.

Christine, la Reine-Garçon. Pour Descartes et la patrie

Il y a longtemps que nous n’avions pas été témoin d’une réelle bonne pièce de théâtre. Ce fut le cas vendredi soir, où le texte de Christine, La Reine-Garçon rayonnait sur les planches du TNM.

À table pour Soupers

Un an après avoir été programmée une première fois au Théâtre d’Aujourd’hui, la pièce Soupers de Simon Boudreault revient avec sa mise en scène si particulière. Même théâtre, même salle, elle est à l’affiche jusqu’au 1er décembre.

Les Mutants, ou l’envie d’un Québec illusoire

Le Québec est-il coincé dans une éternelle nostalgie d’une époque qui n’a jamais existé? En reprenant sa pièce ​Les Mutants​, la compagnie théâtrale de la Banquette arrière joue gros; après tout, la pièce est difficile à catégoriser, à décrire, à vivre. Et pourtant, le coup est tenté. L’équipe s’installe à La Licorne pour tenter de ranimer un Québec espéré et rêvé, puis lentement rongé par la réalité.

Le spectacle unique de Mani Soleymanlou

Du 13 novembre au 1er décembre, Mani Soleymanlou (compagnie Orange noyée), présente UN, un solo sur sa propre quête identitaire. Un parcours personnel à découvrir.

Patrice Chéreau comme un seul homme au TNM

Patrice Chéreau, le monstre théâtral, le monument dramaturgique, le célèbre metteur en scène et comédien… Chéreau, donc, sur les planches du Théâtre du Nouveau Monde, mardi, pour y réciter des extraits de ​Coma​, de Pierre Guyotat. Dans une mise en scène qui pourrait difficilement être plus minimaliste (une chaise, un peu d’ombre, la scène du TNM plus déserte qu’on ne l’a sans doute jamais vue), Chéreau se livre, mais le jeu est peut-être trop subtil pour le commun des mortels.

L’expiation moderne passe par le numérique

Il y a eu mort d’homme. Ou, plutôt, mort de jeune fille. La plus jeune d’une famille de quatre a été bêtement fauchée par une voiture, plongeant toute une famille dans le deuil et la souffrance. Pour tenter d’accepter enfin leur nouvelle existence, le père, la mère et le fils se réfugient dans un étrange jeu en ligne, où ils devront violenter et torturer pour se débarrasser de leur culpabilité. Le tout sous la plume d’Olivier Choinière, dans ​Nom de domaine​, joué au Théâtre de Quat’sous.

Hamlet est mort. Gravité zéro : Dieu est mort… Le ciel est vide

Perte de sens et de repères dans cette vie. Hamlet est mort. Gravité zéro n’a rien à voir avec la pièce de Shakespeare. C’est un texte chamarré et aux éléments hétéroclites de l’auteur autrichien Ewald Palmetshofer que le metteur en scène Gaétan Paré a eu l’audace de décortiquer pour ensuite transposer sur la scène du Théâtre Aux Écuries. Le tout est présenté dans un québécois aux sacres qui résonnent et claquent, une traduction qui sonne bien à l’oreille, signée par l’auteur dramatique Éric Noël.

FNC – Vous n’avez encore rien vu: entre fiction et réalité

Que peut-on s’attendre de la réunion de plusieurs comédiens venus évaluer une interprétation contemporaine d’une pièce dans laquelle ils ont jadis joué, à la demande d’un ami dramaturge récemment décédé? À mi-chemin entre le théâtre et le cinéma, Vous n’avez encore rien vu, du nonagénaire Alain Resnais, est un hommage bouleversant au théâtre, aux personnages et aux interprètes qui font de cet art la transposition des mots en émotions.