Le Yukon que nous dépeint Sarah Berthiaume dans sa nouvelle création Yukonstyle n’a rien de doré. À travers la fenêtre de la mobile home de Garin et Yuko, il se manifeste dans toute son hostilité, son immensité, et, tel un courant d’air glacé, il paralyse tous ceux qui le croisent. Comme des condamnés errant dans ses paysages sans fin, dans son hiver sans fin, les quatre personnages que l’auteur réunit sur scène sont semblent tous coincés dans ce territoire trop grand. Ensemble, Garin, Yoko, Dad’s et Kate poursuivront une lutte pour la survie de leur corps et pour la survie de leur tête, engourdie par l’immobilité, avalée l’espace grand, trop grand.