Tag: "pièce de théâtre"

Théâtre – L’urgence de dire

La mise en scène de Brigitte Haentjens de La nuit juste avant les forêts de Bernard Marie Koltès avec Sébastien Ricard est de nouveau à l’affiche à Montréal: un cadeau pour ceux qui n’avaient pas eu la chance de la voir en 2010.

Un Diable rouge pas assez méchant

Étienne Fortin-Gauthier Mazarin, cardinal et premier ministre de la régente d’Anne d’Autriche, règne en maître sur le Royaume de France. [...]

Fatal, ou les feux de la haine

La compagnie Omnibus présente sa dernière pièce, Fatal, d’après Henry VI (1e, 2e, et 3e parties) de William Shakespeare jusqu’au 11 mai à l’Espace libre: une réussite!

L’autre Yukon

Le Yukon que nous dépeint Sarah Berthiaume dans sa nouvelle création Yukonstyle n’a rien de doré. À travers la fenêtre de la mobile home de Garin et Yuko, il se manifeste dans toute son hostilité, son immensité, et, tel un courant d’air glacé, il paralyse tous ceux qui le croisent. Comme des condamnés errant dans ses paysages sans fin, dans son hiver sans fin, les quatre personnages que l’auteur réunit sur scène sont semblent tous coincés dans ce territoire trop grand. Ensemble, Garin, Yoko, Dad’s et Kate poursuivront une lutte pour la survie de leur corps et pour la survie de leur tête, engourdie par l’immobilité, avalée l’espace grand, trop grand.

La fureur de ce qui nous emporte

Comme un grand cri dans la nuit: la metteure en scène Marie Brassard, aidée de six comédiennes et d’une danseuse, s’attaque à un monument de la littérature féminine québécoise en reprenant des extraits de Folle et Putain, de Nelly Arcan, pour transposer le tout sur la scène de l’Espace Go. Avec La fureur de ce que je pense, Brassard et ses actrices plongent dans un univers féminin où le regard sur soi est toujours un peu plus trouble.

Ce samedi il pleuvait: une encyclopédie lyrique de la banlieue

Décidément, on ne finit plus de tomber sur de petits bijoux aux Écuries cette année. Ce samedi il pleuvait, c’est une histoire de famille ancrée dans un Saint-Bruno-de-Montarville pour le moins inquiétant. Des parents et leurs jumeaux ont tout pour eux, et pourtant, rien n’indique qu’ils sont heureux : la mère est une superwoman dépressive, le père, un parvenu qui n’a d’yeux que pour son chien, et les jumeaux, des « extraterrestres » coupés du monde. Entre eux, le dialogue est rompu, faisant place à des soliloques acidulés.

Partez voir Les Atrides au théâtre avec Pieuvre.ca

Pieuvre.ca vous emmène au théâtre! Alors que la pièces Les Atrides s’installe à l’Église Saint-Jean-Baptiste, à Montréal, du 18 au 28 [...]

Hypno: les mystères de l’inconscient tout en désinvolture

Dans sa dernière pièce portée à la scène, Simon Boudreault sonde les secrets de l’hypnose et ses répercussions insoupçonnées. À la Salle intime du Théâtre Prospero, Hypno, mis en scène par Luc Bouffard et interprété par la troupe Tsunami Théâtre, est une découverte rafraichissante à ne pas manquer ce printemps.

Frankenstein – Un monstre d’adaptation

Quand on pense à Frankenstein, on pense souvent au fameux monstre du film « d’horreur » des années 30, parfois on se souvient aussi de l’adaptation plus fidèle avec De Niro dans les années 1990, pour certains, on se rappelle le roman qui loin de l’horreur, nous transporte plutôt au plus profond de l’âme humaine. Avec Frankenstein, de Nick Dear, on revisite le classique de Mary Shelley avec une sensibilité et une brutalité que personne n’a encore osée ou été capable d’atteindre. Simplement grandiose.

Bien fade Jocaste reine

Poursuivant dans sa thématique royale de saison, le Théâtre du Nouveau Monde accueillait vendredi soir la première médiatique de Jocaste reine, un texte de l’auteure bien connue Nancy Huston reprenant de larges pans du célèbre mythe grec d’Oedipe, avec une touche quelque peu moderniste. Cette fois, en effet, Jocaste, la mère, a épousé son fils et a eu quatre enfants avec lui. Jusqu’à ce que tout s’écroule…

Les chemins qui marchent: l’eau n’a pas fini de couler sous les ponts

La compagnie du Nouveau Théâtre Expérimental propose son deuxième volet de sa trilogie sur l’histoire du Québec, de la fondation de Québec en 1608 à la crise du verglas en 1998, avec le spectacle Les chemins qui marchent. Un défi théâtral périlleux, relevé une nouvelle fois par le NTE.

Théâtre – Comme une odeur de farine…

Est-ce que le théâtre peut être documentaire? Peut-on, avec des bouts de conversations intercalées les unes dans les autres, interprétées par des acteurs, dans un décor minimaliste, recréer le réel au point de pouvoir s’annoncer comme du théâtre documentaire? C’est le pari que fait Milena Buziak auteure et metteure en scène de la pièce Grain de sable, à L’Espace libre du 7 au 16 mars, mettant en vedette les comédiens de la compagnie Voyageurs immobiles (dont le nom est plein de sens): Kathleen Aubert, Jean Belzil-Gascon, Jean-Guy Bouchard dans une prestation subtile et sentie, un Alexis Gareau particulièrement convaincant, la gracieuse Isabelle Miquelon ainsi qu’Isabelle Montpetit.

Les Morb(y)des de Sébastien David: une odyssée en vélo stationnaire

Camille Robidoux Stéphany (Julie de Lafrenière) et Sa Sœur (Kathleen Fortin) se partagent un demi-sous-sol crade dans les bas fonds [...]

Montréal en Choinière – Bliss

On va se le dire, les choses roulent bien pour Olivier Choinière cette année: Mommy et Bliss (la version anglaise de Félicité) jouent simultanément aux Écuries et Félicité a été montée à Paris par Frédéric Maragnani. Mais, Félicité en anglais, ça fonctionne? Absolument. La traduction tout à fait fidèle de Caryl Churchill n’a en rien édulcoré le propos, et la mise en scène énergique de Steven McCarthy donne un ton tout à fait différent à la pièce que lors de la production originale à La Licorne en 2007.

Les muses de Michel Marc Bouchard: bâtir des châteaux en Espagne

Après un succès international et tant et tant de productions, Les Muses orphelines sont de retour à la maison. Et force est d’admettre que le travail de Martine Beaulne propose une relecture remarquable qui s’affranchit des productions passées. L’accent sur le texte nous donne à entendre tout le caractère primesautier de l’écriture, tandis que la mise en scène opère des choix judicieux pour exacerber l’attente insoutenable des personnages et leur besoin de se raconter des histoires.

Un bouillon de naïveté

La thématique de la nécessité d’être en couple, à l’heure où les moyens de rencontres foisonnent, est devenu un lieu commun des créations théâtrales. Deux ans de votre vie (Rébecca Desraspe) exploitait ce thème il y a quelques saisons à la salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d’Aujourd’hui. Mais ce n’est pas dans cette optique que la nouvelle création de Coïncidences Productions se situe. On y voit plutôt un désir authentique de l’amour, de cette rencontre idéale dans un village coquet.

La quête d’émancipation avec un couteau. Et des poules.

La pièce de théâtre Des couteaux dans les poules, de l’auteur écossais David Harrower, trouvera prochainement place sur les planches du Prospéro, alors que ce récit ressemblant à un conte prendra vie sous la direction de la metteure en scène Catherine Vidal. À un peu plus de deux semaines de la première de ce spectacle, Pieuvre.ca a échangé avec Mme Vidal pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de ce récit théâtral émancipateur.

Des bas-fonds qui peinent à remonter la pente

Sans faire de trop mauvais jeu de mots, disons que Les Bas-fonds de Gorki présentés par la Compagnie de la Lettre 5 ne volaient pas haut. Quelques idées intéressantes furent tentées au niveau visuel, mais le jeu théâtral des comédiens peinait à garder les spectateurs attentifs. Certains quittèrent même la salle. Vraiment, une expérience très décevante!

Le squelette du roi Richard III est enfin retrouvé

Il aura fallu plusieurs siècles de spéculations et de recherches, ainsi qu’un petit coup de pouce de la génétique, pour finalement confirmer une découverte archéologique majeure. Le squelette de Richard III, un roi anglais surtout connu pour son personnage méphitique dans la célèbre pièce éponyme de William Shakespeare, reposait donc bien sous le bitume d’un stationnement de la ville de Leicester, non loin du lieu de la Bataille de Boswroth Field, où il fut tué en 1485.

Mettre le rire entre parenthèses: Le banquet des petites personnes ou la politesse du désespoir

C’est au Théâtre Parenthèse qu’avait lieu samedi dernier la première du Banquet des petites personnes ou la politesse du désespoir de Michel Garneau. Ce théâtre méconnu, situé sur Masson dans un bâtiment industriel qui ne paie pas de mine, est indéniablement doté d’un charme certain. Ne pouvant accueillir qu’une soixantaine de spectateurs, il contribue à la diffusion de la dramaturgie québécoise émergente et a mis sur pied une école de théâtre alternative destinée aux travailleurs issus de tous les milieux. La pièce mettait d’ailleurs en scène deux anciens étudiants, Patrick Berthiaume et Tahar Hadadine, ainsi que la directrice du théâtre, Diane Cormier.

L’Ouest en duo, ou laver ses culottes devant tout le monde

Martin McDonagh aura habitué dans les dernières années les scènes montréalaises à un savant mélange de violence et d’humour noir. Autant Le Pillowman( Théâtre de la Manufacture, 2009) que The Lieutenant of Inishmore (Segal Center, 2011) révélaient une écriture coupante et captivante, créant des mondes de violence poétique à la limite du comique. Malheureusement, L’Ouest solitaire, présenté par le Théâtre Bistouri à la salle intime du Prospero ne semble pas jouir de la même qualité et de la même complexité d’écriture à première vue. Ou peut-être était-ce la mise en scène trop sage? Ou la traduction de Fanny Britt qui a opté pour un type de joual dont on se lasse rapidement? Ou la scénographie très littérale de Julie Christina Picher? On ne sait pourquoi, mais, le mélange n’est pas fabuleux, sans pourtant être mauvais.

Tenter d’éteindre le dernier feu

Le fantastique duo Denis Marleau/Stéphanie Jasmin revient avec une mise en scène très scénographique de la pièce Le dernier feu de l’auteure germanique Dea Loher. Une pièce sur l’influence du drame dans la vie humaine. Un travail une nouvelle fois très riche d’un point de vue visuel.

Le Roi se meurt résonne toujours autant

Le Théâtre du Nouveau Monde aura eu raison de faire languir son public pour sa production du Roi se meurt d’Eugène Ionesco. Ce « classique contemporain », présentant la mort lente du personnage de Bérenger, étonne par sa forme plus épurée, contrairement à ses pièces précédentes. C’est dans cet univers que nous transporte la mise en scène de Frédéric Dubois.

L’intimidation à la sauce irlandaise

Commençons avec les observations évidentes: Stacey Gregg est une grande auteure promise à un avenir rayonnant. Sa pièce Perve (Pervers en français) dévoile une écriture acérée capturant fidèlement une facette de l’humanité contemporaine. Elle construit des dialogues brillants à la fois drôles et profondément pathétiques témoignant de la complexité des relations humaines. Les discussions mère-fils, mère-fille, jeune fille-jeune homme, vieille amie-vieille amie, ami-ami et frère-sœur(et j’en passe) deviennent autant de pièces d’un casse-tête visant à illustrer la pouvoir destructeur du non-dit, du tabou, de l’intimidation silencieuse et de la rumeur urbaine dans le contexte contemporain de la diffusion web.

Rien de si fou au village

Un village de fous revient au Théâtre Duceppe, 28 ans après y avoir éte présenté une première fois en 1984. Écrite par le dramaturge américain Neil Simon, cette pièce englobe toutes les caractéristiques du conte de fées dédié aux enfants, interprété ici comme une comédie tout public. Une mise en scène de Monique Duceppe.

Lapin blanc, lapin rouge, un voyage spatio-temporel percutant

Une table, deux verres, un escabeau et un flacon rempli d’une substance inconnue; voilà les éléments qui peuplent la scène lorsque l’acteur arrive. Deux majordomes habillés de complets rouges et blancs l’accueillent; ce sont les metteurs en scène, Philippe Ducros et Mani Soleymanlou. Le comédien s’assoit et reçoit une enveloppe close. Elle contient le texte de la pièce, l’acteur ne l’a jamais lu auparavant et va le découvrir devant nos yeux. Un acte risqué qui a été accompli hier par nul autre qu’Amir Khadir.

Christine, la Reine-Garçon. Pour Descartes et la patrie

Il y a longtemps que nous n’avions pas été témoin d’une réelle bonne pièce de théâtre. Ce fut le cas vendredi soir, où le texte de Christine, La Reine-Garçon rayonnait sur les planches du TNM.

À table pour Soupers

Un an après avoir été programmée une première fois au Théâtre d’Aujourd’hui, la pièce Soupers de Simon Boudreault revient avec sa mise en scène si particulière. Même théâtre, même salle, elle est à l’affiche jusqu’au 1er décembre.

Patrice Chéreau comme un seul homme au TNM

Patrice Chéreau, le monstre théâtral, le monument dramaturgique, le célèbre metteur en scène et comédien… Chéreau, donc, sur les planches du Théâtre du Nouveau Monde, mardi, pour y réciter des extraits de ​Coma​, de Pierre Guyotat. Dans une mise en scène qui pourrait difficilement être plus minimaliste (une chaise, un peu d’ombre, la scène du TNM plus déserte qu’on ne l’a sans doute jamais vue), Chéreau se livre, mais le jeu est peut-être trop subtil pour le commun des mortels.

Théâtre – Beckett au temps du Premier amour

Une salle dépouillée. Au centre, un homme, seul. Seul avec sa vie, seul avec ses sentiments, seul avec son âme. En montant ​Premier amour​, de Samuel Beckett, et en jouant le tout dans la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier, la compagnie ​Théâtre de Fortune​ jouait gros. Gros, parce que Beckett n’est jamais facile à aborder, et gros parce que ce monologue de plus d’une heure trente nécessitait un acteur à la hauteur des ambitions théâtrales de l’oeuvre. C’est heureusement chose faite.