Tag: "mise en scène"

(e): l’épopée d’un corps

Le titre est obscur: une lettre nue, comme enveloppée de deux parenthèses. Impossible d’en extraire un sens avant d’avoir vu la pièce: le e, c’est le protagoniste, et les parenthèses, ce sont les différentes enveloppes que revêt son corps en quête d’une identité. Débutant dans une allée de bowling, la pièce raconte l’histoire d’un (une) protagoniste sans nom, qui s’aventure dans un champ de maïs avec celui qu’on appelle « le roux »: leur aventure bestiale révélée au grand jour les forcera à l’exile. En quête d’une sexualité propre, le protagoniste formera plus tard un couple avec Marie-Chose, la fille du roux. Tout au long de la pièce et malgré ses transformations physiques, il navigue entre ce qu’il croît être son amour pour le roux, et les symboles qu’il tente en vain de s’approprier pour se construire une identité.

Orange mécanique ou la scène fracassante du viol

Jeudi 14 février, à Montréal, l’événement n’était pas seulement la Saint-Valentin puisque se tenait la toute première et très attendue représentation d’Orange Mécanique, adaptée du roman d’Anthony Burgess.

La quête d’émancipation avec un couteau. Et des poules.

La pièce de théâtre Des couteaux dans les poules, de l’auteur écossais David Harrower, trouvera prochainement place sur les planches du Prospéro, alors que ce récit ressemblant à un conte prendra vie sous la direction de la metteure en scène Catherine Vidal. À un peu plus de deux semaines de la première de ce spectacle, Pieuvre.ca a échangé avec Mme Vidal pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de ce récit théâtral émancipateur.

Des bas-fonds qui peinent à remonter la pente

Sans faire de trop mauvais jeu de mots, disons que Les Bas-fonds de Gorki présentés par la Compagnie de la Lettre 5 ne volaient pas haut. Quelques idées intéressantes furent tentées au niveau visuel, mais le jeu théâtral des comédiens peinait à garder les spectateurs attentifs. Certains quittèrent même la salle. Vraiment, une expérience très décevante!

Le Roi se meurt résonne toujours autant

Le Théâtre du Nouveau Monde aura eu raison de faire languir son public pour sa production du Roi se meurt d’Eugène Ionesco. Ce « classique contemporain », présentant la mort lente du personnage de Bérenger, étonne par sa forme plus épurée, contrairement à ses pièces précédentes. C’est dans cet univers que nous transporte la mise en scène de Frédéric Dubois.

Rien de si fou au village

Un village de fous revient au Théâtre Duceppe, 28 ans après y avoir éte présenté une première fois en 1984. Écrite par le dramaturge américain Neil Simon, cette pièce englobe toutes les caractéristiques du conte de fées dédié aux enfants, interprété ici comme une comédie tout public. Une mise en scène de Monique Duceppe.

Hamlet est mort. Gravité zéro : Dieu est mort… Le ciel est vide

Perte de sens et de repères dans cette vie. Hamlet est mort. Gravité zéro n’a rien à voir avec la pièce de Shakespeare. C’est un texte chamarré et aux éléments hétéroclites de l’auteur autrichien Ewald Palmetshofer que le metteur en scène Gaétan Paré a eu l’audace de décortiquer pour ensuite transposer sur la scène du Théâtre Aux Écuries. Le tout est présenté dans un québécois aux sacres qui résonnent et claquent, une traduction qui sonne bien à l’oreille, signée par l’auteur dramatique Éric Noël.

Des Femmes savantes succulentes

Ah, Molière… Peu d’auteurs de théâtre n’ont su, aussi bien que lui, franchir les siècles avec des pièces toujours d’actualité. Pour célébrer ce génie de la langue française, le Théâtre du Nouveau Monde a su présenter avec brio – et en vers! – l’excellente pièce ​Les femmes savantes​, délicieuse joute intellectuelle et langagière entre l’esprit et le coeur, entre le cerveau et le corps.

Montréal complètement cirque – Petit Mal, un spectacle qui fait du bien

La Race Horse compagnie, crée en collaboration avec le cirque Aereo, compagnie finlandaise, présente sa première création, ​Petit Mal. Un petit bijou de prise de risques à voir jusqu’au 15 juillet au théâtre Outremont.

Montréal complètement cirque – Peu d’exercice pour les zygomatiques au Lion d’Or

Le rire était prévu au programme, mardi soir, au Lion d’Or, dans le cadre du festival Montréal complètement cirque. Deux clowns se donnaient ainsi en spectacle devant petits et grands, pour le bonheur (espéré) de tous. Les gags et pirouettes auront cependant laissé un goût amer à plusieurs, les deux clowns ayant finalement eu beaucoup plus de succès chez la tranche la moins âgée des spectateurs, tandis que les adultes ont eu à plusieurs reprises l’occasion de contempler le plafond, ou leur montre.

Séquence 8 – Montréal complètement charmée

C’est devant une foule on ne peut plus enthousiaste que le collectif Les 7 doigts de la main a ouvert le bal de la troisième édition de Montréal complètement cirque jeudi dernier avec Séquence 8, sa plus récente création. Une fois de plus, les 7 doigts ont présenté un spectacle à dimension humaine, où l’extraordinaire côtoie le commun dans une mise en scène bien ficelée. L’interaction avec le public, toujours centrale chez les 7 doigts, était d’ailleurs exacerbée par une transgression des frontières entre le spectacle et le spectateur.

Débâcle émotive au FTA

Elle est là, seule. Seule sur la scène du Théâtre Prospero, perchée tout en haut dans une sorte de grenier psychologique empli de souvenirs d’une soeur disparue. Enfin, pas vraiment seule, puisqu’elle semble coincée dans une époque où cette soeur est toujours vivante. Avec cette pièce de la Zuppa Theatre Company, l’actrice, auteure et metteure en scène Ann-Marie Kerr offre, dans The Debacle, une plongée dans le passé, passé dont il faudra impérativement sortir un jour pour demeurer sain d’esprit.

FTA – L’horreur irakienne en rediffusion à 22h

La guerre, c’est l’enfer. Le diction ne date pas d’hier, mais continue malheureusement d’être démontré chaque fois qu’une bombe éclate, chaque fois qu’un coup de feu est tiré. Pour la pièce Irakese Geesten, présentée dans le cadre du Festival Trans-Amériques, la métaphore guerrière dépasse toutefois les images aseptisées de bombardements sur des bâtiments anonymes. Il s’agit plutôt d’une plongée dans l’inconscient, dans l’âme de ce monstre guerrier à travers les trois conflits qui ont secoué l’Irak depuis 30 ans. La guerre, c’est l’enfer, mais on ne peut s’empêcher d’y retourner.

Se perdre dans les méandres de la solitude

L’homme est seul, sur la scène comme dans la vie. Mal-aimé, réussissant difficilement à s’adapter aux codes complexes de la vie sociale contemporaine, il adopte un python, qu’il nommera prosaïquement Gros-Câlin. Au-delà de la simple exclusion, toutefois, la pièce du nom de ce sympathique lézard, jouée à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier, propose une réflexion intéressante sur l’intégration sociétale en ces temps de rectitude et de mimétisme personnel.

Capital Confiance ou cyniquo-réalisme

Première en sol québécois, la création de Transquinquennal et du collectif Groupe Toc débarque à Montréal et y déverse son fiel cynique sur les planches bien bétonnées de l’Espace Libre. Cet accueil sur le sol montréalais constitue une première en Amérique du nord pour ces collectifs Belges habitué des tournées à Charleroi, Bruxelles et autres villes du Plat Pays.

RCVQ – Over my dead body, un autre cinéma

Comme l’écrivait si bien Guy Gauthier, critique de cinéma français, le documentaire est un autre cinéma. C’est dans cette même veine que nos réflexions se prolongeaient, suite au visionnement du film de clôture des RVCQ: le documentaire Over my dead body, présenté en première mondiale, et retraçant les 24 mois précédents la mort annoncée de Dave St-Pierre, danseur et chorégraphe, survivant greffé des poumons; portrait intime et premier long métrage de sa «soul sister», Brigitte Poupart.

Et il poussa une fleur malgré l’asphalte

Jouer une pièce de Réjean Ducharme, c’est offrir le plaisir de libérer une langue inventive, drôle et infiniment émouvante sur les planches. La production d’ Ines Pérée et Inat Tendu du Théâtre des Fonds de Tiroirs réussit à prouver encore une fois la pertinence intemporelle des textes de l’anachorète national. Malgré quelques ratés au niveau de la mise en scène par Frédéric Dubois, la qualité du jeu des comédiens et la beauté des dialogues ont fait de cette production du Théâtre d’Aujourd’hui une performance plus qu’agréable.

Transcender le proverbe au Théâtre de Quat’Sous

Après moi, le déluge : expression signifiant «Pour dire qu’on s’embarrasse peu de ce qui arrivera quand on n’existera plus, ou simplement, quand on cessera d’être en fonction». Selon certaines données historiques, cette citation aurait été prononcée soit par Louis XV ou par sa concubine, Madame de Pompadour.

Règne l’empereur

La scène du Gésù ressemblait à un studio d’enregistrement à 19h55 mercredi soir. Une énorme table triangulaire (scénographie de Francesco Di Blouini) était cernée sur deux de ses côtés par une rangée de microphones, tous reliés à un panneau d’enregistrement au centre de la base du triangle, le troisième côté. C’est cependant la Rome impériale qui a émergé sur scène, par l’exploration ingénieuse des possibilités de l’espace sonore et de l’enregistrement live.

Le pays des mots gelés

Le NTE (Nouveau Théâtre Expérimental) présente le premier volet de son projet ambitieux, L’invention du chauffage central en Nouvelle-France, à l’Espace libre, du 7 février au 8 mars.

Vino veritas

Pièce en un acte écrite par Bertold Brecht alors qu’il n’avait que 21 ans, La noce pose un regard acerbe et cruel sur les mœurs petites-bourgeoises. Huit personnages se retrouvent autour d’une table pour le repas de noces : le Marié (Frédéric Lavallée), la Mariée(Stéphanie Cardi), la Mère (Diane Ouimet), le Père (Denis Gravereaux), la Femme (Enrica Boucher), l’Homme (Alex Bispling), la Sœur (Isabelle Leclerc) et l’Ami (Paul Ahmarani).

L’Opéra de Quat’sous traverse le temps

L’Usine C présente L’Opéra de Quat’sous du 24 janvier au 11 février. Une nouvelle mise en scène brillante de Brigitte Haentjens.

Quand le ridicule tue

Même les plus grands textes ne résistent pas à tout. La tout nouvelle mise en scène de Ha, ha! , le célèbre texte de Réjean Ducharme, par Dominic Champagne, a de quoi décevoir. Pour cette œuvre qui est à l’affiche du TNM depuis le 15 novembre, on nous annonçait une orchestration «jouissive et débridée», un «chef-d’œuvre mené par un quatuor de virtuoses». Jouissive, on se demande pour qui. Ah oui, peut-être, pour une partie de l’auditoire riant aux situations du premier degré, qui, compte tenu du contexte sérieusement dramatique, ne prêtaient surtout pas à rire. Débridée, en effet, et sûrement un peu trop. Très tôt dans la représentation, la «danse du bacon» d’Anne-Marie Cadieux détonne fortement avec les envolées oratoires de François Papineau, assez superbe en ce début de pièce.

Le TNM s’amuse avec L’École des femmes

Sentiment de plénitude, vendredi soir, après le tomber du rideau du Théâtre du Nouveau Monde (TNM). Cette École des femmes, de Molière, mise en scène par Yves Desgagnés, et superbement interprétée en autres par Guy Nadon, vient en effet boucler la boucle du TNM, 60 ans après son inauguration par cette même oeuvre qui a traversé les siècles. Retour aux sources, donc, pour un théâtre qui renoue avec la verve en alexandrins après une saison 2010-2011 relativement décevante.

Tout m’assassine : la pièce qui cogne là où ça fait mal

Soir de première, mardi, pour trois pièces à la Cinquième salle de la Place des Arts, réunies sous le titre Tout m’assassine. Salle comble, également, pour ce trio de textes à forte saveur politique et sociologique dont les diatribes et les cris du coeur contre un système québécois marabout tombent à point dans l’actualité. Le metteur en scène Dominic Champagne s’en donne véritablement à coeur joie pour tirer à boulets rouges sur les problèmes gangrenant la société actuelle.

Qui assassine qui?

Abraham Lincoln va au théâtre est une excellente leçon de théâtre. Le théâtre dans le théâtre, dans le théâtre, c’est une bonne manière de se questionner sur cet art qui vient nous chercher bien davantage que le cinéma et souvent plus que la littérature. En tout cas, les étudiants en théâtre qui se trouvaient dans salle semblaient se sentir particulièrement concernés par chacune des allusions faites aux auteurs de théâtre mais surtout aux metteurs en scènes ou aux professeurs de théâtre : « Allez, danse la mort d’Abraham Lincoln ! » Facile, encore…