On l’a répété à l’envi, et jusqu’à provoquer des poussées d’urticaires chez les travailleurs du milieu : les médias sont en crise. Au-delà de l’arrivée d’Internet, toutefois, et de la transformation des manières de produire et – surtout – de vendre l’information, c’est tout le modèle qui est remis en question, alors que les salles de rédaction ferment ici comme ailleurs, et plus particulièrement aux États-Unis. Dans son puissant documentaire Shadow of Liberty, le documentariste Jean-Philippe Tremblay va au-delà des clichés habituels sur les problèmes du monde journalistique, et braque plutôt les projecteurs sur la racine du mal en exposant un extraordinaire système de contrôle du pouvoir et de l’information.