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	<title>pieuvre.ca &#187; christine plante</title>
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		<title>Revenir sur ses principes</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Mar 2010 22:01:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christine Plante</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le remake, au cinéma, est souvent périlleux. Surtout si l'histoire est connue. Surtout si le réalisateur est connu. Et surtout si l'univers du conquérant et du conquis sont, tous deux, tout aussi connus. Bref, le terrain était glissant. Mais entre glisser, et tomber dans le terrier d'Alice au pays des merveilles, il y a tout un monde. Le monde de Tim Burton. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Christine PLANTE</p>
<p><strong><em>Le remake, au cinéma, est souvent périlleux. Surtout si l&#8217;histoire est connue. Surtout si le réalisateur est connu. Et surtout si l&#8217;univers du conquérant et du conquis sont, tous deux, tout aussi connus. Bref, le terrain était glissant. Mais entre glisser, et tomber dans le terrier d&#8217;Alice au pays des merveilles, il y a tout un monde. Le monde de Tim Burton. </em></strong></p>
<div id="attachment_498" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://www.pieuvre.ca/v2/wp-content/uploads/2010/03/tim-burton-alice-in-wonderland-movie-photos-7.jpg"><img class="size-medium wp-image-498" src="http://www.pieuvre.ca/v2/wp-content/uploads/2010/03/tim-burton-alice-in-wonderland-movie-photos-7-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>
<p>L&#8217;univers délicieusement schizophrène de Tim Burton est une contrée qu&#8217;il nous est donné de visiter un film à la fois. À travers les époques, le réalisateur nous a emmenés dans des endroits plus sombres, plus ludiques, plus fantastiques. Quelquefois on s&#8217;est demandé si on ne s&#8217;était pas égaré sur une autre planète, mais règle générale, on attend toujours la prochaine aventure avec enthousiasme. C&#8217;est exactement dans cet état d&#8217;esprit que débute <em>Alice au pays des Merveilles</em>, le dernier-né du papa d&#8217;<em>Édouard aux mains d&#8217;argent</em>. Vu le talent qu&#8217;on connait à Burton de savoir si judicieusement marier succès commercial et critique artistique, on ne s&#8217;attend à rien de moins qu&#8217;à une rencontre du 3e type. D&#8217;ailleurs, son pays d&#8217;olibrius se visite en 3D.</p>
<p>Le début du film est plus ou moins pertinent. Pas que ce soit mauvais, non, du tout, mais entendons-nous, découvrir Alice au pays des adultes, la voir évoluer dans une société londonienne traditionnelle, savoir qu&#8217;elle n&#8217;a pas envie d&#8217;épouser le laideron qu&#8217;on lui propose, n&#8217;est pas vraiment l&#8217;objet de notre visite. Ni chez Burton, ni chez Cinéplex. C&#8217;est quand elle tombe au fond du trou – et rassurez-vous elle y est attirée assez rapidement – qu&#8217;on commence véritablement à s&#8217;amuser.</p>
<p>Le pays des merveilles de la jeune routarde ingénue – une Alice fraîche, délicieuse, interprétée avec juste assez de candeur par Mia Wasikowska &#8211; est teinté d&#8217;influences de toutes sortes. De son propre aveu, le réalisateur a affirmé s&#8217;être inspiré tout autant du récit animé produit par Disney en 1955, que du livre original <em>«Through the Looking Glass».</em> Mais on reconnaît aussi indéniablement l&#8217;apport personnel de Burton, avec ses arbres tortueux, ses escaliers décalés, ses personnages grotesques. Il y a le toujours aussi génial Johnny Depp, ici chapelier, fou, sympathique, zozotant et avec des yeux de têtes à claques. Il y a la douce de Tim Burton, Helena Bonham Carter, la reine de coeur impitoyable, qu&#8217;on avait appris à détester du temps de Sweeny Todd. Il y a des nouveaux aussi. Anne Hataway incarne la Reine Blanche avec une attitude exagérément posée et avec les mains toujours relevées. Il y a le gros matou au déficit d&#8217;attention, la chenille fumeuse d&#8217;opium qui traite la jeune Alice de sotte. Et les deux petits gros, tellement mignons qu&#8217;on aurait envie de les bouffer tout ronds.</p>
<p>Et dans tout ça, il y a Alice. Timide, naïve et complexée, qui se voit imposer la lourde tâche de détrôner la reine en s&#8217;attaquant à sa géante bestiole armée d&#8217;un sabre d&#8217;argent. Qu&#8217;elle devra subtiliser à un cerbère poilu et sanguinaire. Seule.</p>
<p>Et ça finit en duel épique. Tout le monde est venu au spectacle de clôture. Et Alice lui coupe la tête. Et la cour de la méchante reine Rouge suit derrière. On se révolte. Les gentils triomphent. Les méchants sont humiliés, enchaînés, condamnés. Et comme si on n&#8217;en avait pas assez, Alice ressort de son terrier. Retour au <em></em><em>party</em><em></em> auquel on n&#8217;aurait pas assisté même si on y avait été invité. L&#8217;héroïne incomprise émancipée a quelques petites vengeances à savourer et quelques leçons à apprendre au monde qui l&#8217;entoure, ce qu&#8217;elle distribue tranquillement à chaque invité, en se foutant éperdument des millions de spectateurs qui sont venus l&#8217;écouter.</p>
<p>On se rappelle que c&#8217;est produit par Disney.</p>
<p>Et ça, il ne faut pas l&#8217;oublier.</p>
<p>Un peu comme le Grilled Cheese. C&#8217;est un grand classique qui plait au 7 à 77 ans. Qu&#8217;on demande à l&#8217;un des plus grands chefs de revisiter son essence, ça donne un chef d&#8217;oeuvre. Évidemment. Et croyez-moi, malgré les quelques réserves que vous avez lu jusqu&#8217;ici, Alice est délectable. Délicieux. Mais s&#8217;attendre à ce que ça plaise aux plus fines bouches, c&#8217;est peut-être trop en demander.</p>
<p>Ça tombe bien, j&#8217;aime ça les Grilled Cheese.</p>
<p>★ ★ ★ ★</p>
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		<title>Réchauffer février</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 22:53:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christine Plante</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le flamenco est souvent bien ancré dans ses traditions. Issu de l’Espagne du sud, l’Andalousie a cependant ouvert son esprit et son essence à l’ensemble Constantinople, qui revisite ses racines, ravive son esprit, et qui s’impose sans compromis comme une relecture inédite de ses sonorités jusqu’ici bien établies.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Christine PLANTE</p>
<p><strong><em>Le flamenco est souvent bien ancré dans ses traditions. Issu de l’Espagne du sud, l’Andalousie a cependant ouvert son esprit et son essence à l’ensemble Constantinople, qui revisite ses racines, ravive son esprit, et qui s’impose sans compromis comme une relecture inédite de ses sonorités jusqu’ici bien établies. </em></strong></p>
<div id="attachment_476" class="wp-caption alignright" style="width: 217px"><a href="http://www.pieuvre.ca/v2/wp-content/uploads/2010/03/constantinople_l.jpg"><img class="size-medium wp-image-476" src="http://www.pieuvre.ca/v2/wp-content/uploads/2010/03/constantinople_l-207x300.jpg" alt="" width="207" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;ensemble Constantinople</p></div>
<p>Constantinople, c’est avant tout l’art de la musique ancienne. Depuis près de sept ans, les trois artistes qui lui donnent son ton pincent les cordes d’instruments d’autres époques et d’autres cultures. Et Constantinople s’est posé à Montréal, sur les planches de la salle Pierre-Mercure du centre Pierre-Péladeau, l’espace d’une soirée Caliente!</p>
<p>Du flamenco, on s’attendait à la danse rythmée, à la guitare, au chant lourd. On a eu droit à un tout autre univers. Cinq chaises ont accueilli tour à tour la voix authentique de Rosario La Tremendita, qu’on sentait légère et naturelle, vraie, en pleine possession de ses moyens d’expression. Originaire du berceau du gitan espagnol, le quartier Triana à Séville, elle est tombée dans le flamenco quand elle était toute petite, et a poussé jusqu’à devenir l’une des grandes artistes de son art aujourd’hui maîtrisé. On a aussi entendu des percussions, des cordes d’hier et d’aujourd’hui : viole de gambe, ce violoncelle moyenâgeux au son unique, le setâr, qui a clôturé le spectacle, et finalement la guitare flamenca, qui servait à nous rappeler à l’ordre quand on se sentait tranquillement glisser vers des territoires émergents issus de ce métissage aux limites incertaines.</p>
<p>Parce que c’est véritablement une opération de défrichage culturel que nous propose Constantinople. Une exploration des possibilités inouïes qui peuvent naître lorsque des artistes accomplis s’assoient ensemble, et grattent les cordes de leur répertoire. On partait du passé, et on se surprend à regarder plutôt vers l’avenir.</p>
<p>L’avenir, comme dans <em>Premiers Songes</em>, prochain spectacle de la troupe, explorant cette fois la musique mexicaine baroque, le 25 mars, et dans <em>Vous avez dit Klezmer?</em>, où il sera plutôt question de yiddish et de perse, le 19 mai.</p>
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		<title>Une visite s&#8217;impose sur Shutter Island</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Feb 2010 20:43:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christine Plante</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Lancé vendredi dernier partout en Amérique du Nord, le dernier film de Martin Scorsese rafle déjà la première place au box-office. Les attentes sont hautes. Et la qualité aussi.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Christine PLANTE</p>
<p><strong>Lancé vendredi dernier partout en Amérique du Nord, le dernier film de Martin Scorsese rafle déjà la première place au box-office. Les attentes sont hautes. Et la qualité aussi. </strong></p>
<div id="attachment_437" class="wp-caption alignright" style="width: 206px"><a href="http://www.pieuvre.ca/v2/wp-content/uploads/2010/02/ShutterIslandPoster_aff.jpg"><img class="size-medium wp-image-437" src="http://www.pieuvre.ca/v2/wp-content/uploads/2010/02/ShutterIslandPoster_aff-196x300.jpg" alt="" width="196" height="300" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>
<p>Après quatre longs-métrages avec sa dernière coqueluche, Leonardo DiCaprio, c’est un film sombre que nous propose aujourd’hui Scorsese. Sombre parce qu’il prend place sur une île isolée, qu’un orage y fait rage, que le nazisme d’après-guerre est toujours une plaie ouverte, qu’on pénètre dans la pénombre d’une prison-asile psychiatrique à haute surveillance, mais sombre surtout, parce qu’on s’égare dans le dédale psychologique d’un personnage principal hanté par ses propres fantômes.</p>
<p>On est en 1954. Teddy Daniels <em>(DiCaprio)</em>, U.S. Marshall, ancien soldat, qu’on découvre instable et nauséeux, est prêt à poser le pied sur Shutter Island – une petite île au large de Boston – afin d’élucider la disparition mystérieuse de l’une des patientes que  l&#8217;hôpital psychiatrique pour criminels dangereux abrite. Très vite, on sent que l’enquête sera parsemée d’obstacles. Le corps médical de l’asile semble réfractaire à coopérer. Et tranquillement, on comprend qu’en fait, l’enquête est un prétexte. Pour le policier fédéral, c’est un prétexte pour en savoir plus sur le pyromane qui a déclenché l’incendie qui a jadis tué sa femme. Pour les autorités de l’hôpital, c’est un moyen d’attirer dans son gouffre un enquêteur qui devenait trop curieux quant à leurs pratiques médicales révolutionnaires. Bref, les raisons d’être à l’asile semblent tout aussi nébuleuses que la clé des énigmes exponentielles qui se tissent en tous points.</p>
<p>Tout au long du film, le spectateur s’accroche à des repères qui s’évaporent par la suite. Entre les cauchemars récurrents du marshall où sa femme lui souffle des indices, les témoignages distordus des patients domestiqués, l’hypocrisie complaisante des éminents psychiatres et les flashbacks morbides des corps juifs inertes et entassés, s’installe peu à peu la déroute. On ne sait plus trop où l’enquête va aboutir, (qui dit vrai?, qui travaille pour qui?) mais l’on sent, inexorablement, que l’enquêteur y court à sa perte, qu’il frôle le point de non retour – à la terre ferme, mais aussi à la raison. Il perd la tête, on perd le fil, mais comme lui, on s’accroche. Et on spécule jusqu’à la fin, jusqu’à la dernière réplique, qui vient tout expliquer, tout simplement.</p>
<p>DiCaprio livre une performance juste, maîtrisée, hollywoodienne. Scorsese aussi. Le scénario et les images aussi. Les acteurs de soutien. La trame sonore. La bande annonce et l’affiche, aussi. En somme, tout du film est orchestré dans les règles de l’art, par des mains de maîtres et par la loupe du gars des vues. C’est un excellent <em>Blockbuster</em>, vraiment. Un thriller psychologique bien foutu qui vaut définitivement le détour, du moins jusqu’au vidéoclub.</p>
<p>Mais malgré sa réelle précision, l’ampleur des talents qu’il rassemble, Shutter Island rappelle vaguement une tonne d’autres copies. C’est juste sans être ambitieux. Réussi sans être révolutionnaire.</p>
<p>Ça rassasie mais c’est un peu gras.</p>
<p>Pour ceux qui aiment la recette, vous ne resterez pas sur votre faim.</p>
<p>★ ★ ★</p>
<p>La bande annonce du film:</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="350" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/RdumGs1qoXM" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="350" src="http://www.youtube.com/v/RdumGs1qoXM"></embed></object></p>
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		<title>Eric Clapton / Jeff Beck au Centre Bell: évolutif et généreux</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Feb 2010 04:39:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christine Plante</dc:creator>
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		<description><![CDATA[19h30 sonnantes. Jeff Beck et sa guitare sont tous deux – mais pas seuls – bien présents pour faire lever la foule, qui elle aussi, est avide de sensations (auditives) fortes et endiablées. Eric Clapton ensuite qui fait mousser le tout jusqu’à la dernière goutte. Un spectacle évolutif et délicieusement rythmé, dont on a dégusté chaque mesure.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Christine PLANTE</p>
<p><strong>19h30 sonnantes. Jeff Beck et sa guitare sont tous deux – mais pas seuls – bien présents pour faire lever la foule, qui elle aussi, est avide de sensations (auditives) fortes et endiablées. Eric Clapton ensuite qui fait mousser le tout jusqu’à la dernière goutte. Un spectacle évolutif et délicieusement rythmé, dont on a dégusté chaque mesure.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<div id="attachment_438" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.pieuvre.ca/v2/wp-content/uploads/2010/02/Clapton.jpg"><img class="size-medium wp-image-438" src="http://www.pieuvre.ca/v2/wp-content/uploads/2010/02/Clapton-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Éric Clapton et Jeff Beck</p></div>
<p>La performance que nous a livrée le duo Clapton-Beck lundi au Centre Bell était digne des plus grandes soirées – peut-être un vendredi, ou même un samedi soir.</p>
<p>C’est Jeff Beck qui a brisé la glace, armé de sa guitare, de plusieurs reprises de classiques aussi déroutantes qu’originales (on a passé du Beatles, du Puccini), et d’un orchestre de cordes qui venait donner une exquise profondeur à ses propres cordes électriques et allumées. On souligne un numéro particulièrement maîtrisé de la bassiste montréalaise Rhonda Smith a matérialisé le climat « on s’amuse » du spectacle. Ça bouge, ca <em>groove</em>, ça lève, c’est bien parti.</p>
<p>Puis, Clapton entre en scène et invite notre pouls à passer au salon, où il nous sert sans prétention sa « Layla » et quelques autres titres feutrés, dans son plus simple appareil – une guitare sèche, un denim, et sa crinière argentée dansante et sympathique. On avait commencé en mode <em>sprint</em>, on reprend son souffle avant d’y aller en rebelote, la star se lève et enfile l’électrique, un crescendo savamment calculé pour nous dévoiler un spectre aussi riche que possible du vaste répertoire de Clapton, avant de clôturer avec Beck, qui lui aussi revient rejoindre son comparse pour la finale du <em>show</em>.</p>
<p>Et on y goûte, à son répertoire. On goûte à «Cocaïne», on goûte même à «I shot the sheriff», on goûte à des solos de synthétiseurs d’une autre époque et à des ovations sincères et spontanées. Et l’on sent que lui aussi, il est sincèrement généreux – une performance de près de deux heures qui nous a transportés ailleurs qu’à Montréal, la petite ville qui est pourtant l’une des seules élues de cette mini-tournée définitivement grandiose.</p>
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		<title>Roadkill: entre la danse et l&#8217;épouvante</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 00:11:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christine Plante</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avec Roadkill, le collectif artistique Splintergroup propose une œuvre mariant la danse moderne, le thriller, le road movie et le théâtre, le tout sur fond de fait divers australien. Entrez dans l’univers cinglant d’un couple égaré, présenté jusqu’au 13 février à la 5e salle de la Place des Arts. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Christine PLANTE</p>
<p><strong>Avec son titre pour le moins évocateur, Roadkill nous transporte jusqu’en Australie, sur le bord de l’une des nombreuses autoroutes qui traversent ses terres désertes. Roadkill donc, une référence à ces petits animaux aux voies malchanceuses, mais aussi Roadkill comme dans les dizaines de légendes urbaines (ou plutôt rurales), histoires de touristes aux destin tragiques, disparitions mystérieuses et autres hagards égarés, qui façonnent le paysage folklorique de ce pays d’en bas. </strong></p>
<p>Avec Roadkill, le collectif artistique Splintergroup propose une œuvre mariant la danse moderne, le thriller, le road movie et le théâtre, le tout sur fond de fait divers australien. Entrez dans l’univers cinglant d’un couple égaré, présenté jusqu’au 13 février à la 5e salle de la Place des Arts.</p>
<div id="attachment_317" class="wp-caption alignright" style="width: 272px"><a href="http://www.pieuvre.ca/v2/wp-content/uploads/2010/02/Roadkill_Car_Blur_draft.jpg"><img class="size-medium wp-image-317" src="http://www.pieuvre.ca/v2/wp-content/uploads/2010/02/Roadkill_Car_Blur_draft-262x300.jpg" alt="" width="262" height="300" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>
<p>Le scénario original imaginé par le trio formé de Sarah Jayne Howard, Grayson Millwood, et Gavin Webber, débute en force. Un couple est isolé dans son automobile en panne. Il fait nuit. Personne à l’horizon. Une scène déserte à l’exception d’une cabine téléphonique éclairée aux néons intermittents. Au début, le couple est en parfaite maîtrise de ses émotions. On assiste même à une scène de sexe torride traitée avec un humour juste assez coquin, une danse sensuelle où même l’automobile fait partie des ébats! Une belle entrée en matière. Original, ludique, on aime. Mais tout bascule au moment où un inconnu frappe à la fenêtre.</p>
<p>Débute alors une série de tableaux dansés, évoquant tour à tour la peur, la paranoïa, l’isolement, la confusion. Des gestes saccadés, des chorégraphies en duos où chacun prend appui sur l’autre avant de se jeter par terre avec une précision irréprochable. L’univers sonore contribue grandement à l’efficacité relative de l’œuvre. Distorsions, fausses notes, bande sonore typique du film d’épouvante. On apprécie particulièrement la scène où l’un des trois protagonistes jongle avec le téléphone public, telle une ode à l’apesanteur et à la confusion du voyageur égaré.</p>
<p>Malheureusement, la confusion imprègne aussi, lentement, le spectateur. D’un univers narratif, on se voit tout à coup propulsé dans le métaphorique décousu, on ne sait plus trop où l’on s’en va… Après recherches et réflexions, ce désarroi semble voulu des créateurs, comme si on cherchait à marier les perceptions des protagonistes avec celles de l’assistance : «On a un point de départ, puis après, tout part dans différentes directions».</p>
<p>Quoi qu’il en soit, Roadkill a la vertu de créer des ponts inusités entre différents médiums, styles, disciplines. La pièce est saluée à travers le monde depuis sa création en 2007.</p>
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		<title>Les Sept Jours du Talion : vengeance silencieuse</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 18:02:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christine Plante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culturel]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[assassinat]]></category>
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		<description><![CDATA[S’il est un film de peu de mots, c’est bien celui que Podz nous sert depuis hier sur un plateau médical. Scalpel, bistouri, alcool, fusil de chasse… Anatomie d’un chirurgien qui opère sa vengeance à froid. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Christine PLANTE</p>
<p><strong>S’il est un film de peu de mots, c’est bien celui que Podz nous sert depuis hier sur un plateau médical. Scalpel, bistouri, alcool, fusil de chasse… Anatomie d’un chirurgien qui opère sa vengeance à froid. </strong></p>
<div id="attachment_300" class="wp-caption alignright" style="width: 217px"><a href="http://www.pieuvre.ca/v2/wp-content/uploads/2010/02/7-jours-du-talion.jpg"><img class="size-medium wp-image-300" src="http://www.pieuvre.ca/v2/wp-content/uploads/2010/02/7-jours-du-talion-207x300.jpg" alt="" width="207" height="300" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>
<p>À l’occasion de la première publique des Sept Jours du Talion, l’ambiance dans la salle comble était à couper au couteau. Un silence inconfortable dès les premiers instants du long métrage, où très vite, s’installent les bases du scénario décadent adapté du roman de notre Stephen King québécois, Patrick Sénécal. En dix minutes, on découvre une petite famille heureuse et sans histoire, papa chirurgien, maman artiste, une fillette jusque-là souriante, ou du moins jusqu’à ce qu’elle soit brutalement séquestrée, violée, puis<em> </em>abandonnée sur le bord de son chemin quotidien, tel un animal<em> </em>qu’on a violemment heurté en voiture avant de prendre la fuite sans s’y attarder davantage. Une scène d’autant plus insoutenable que les policiers, retrouvant le cadavre, n’arrivent pas à empêcher le père de constater la cruauté animale sur le corps de sa petite fille souillée, inerte, presque défigurée. Très vite, l’assassin est identifié, arrêté, embarqué, médiatisé, puis embusqué par Bruno Hamel, un père aveuglé par sa soif de vengeance et interprété magistralement par un Claude Legault stoïque et silencieux.</p>
<p>Les 100 minutes suivantes sont la descente dans les méandres de son âme blessée, mise en scène dans un chalet isolé, un huis clos sur sept jours où bourreau et victime se relancent constamment, et où la réalisation parvient à nous faire douter de nos limites. L’absence de musique et des dialogues débités au compte-goutte soulignent d’autant plus la force du jeu de Claude Legault <em>(Minuit le soir, Les doigts croches)</em> et de Martin Dubreuil <em>(Dédé à travers les brumes)</em>, le pédophile qui mettra toutes les stratégies en œuvre pour atténuer ses souffrances – déni, insultes, aveux, excuses, provocation, supplications.</p>
<p>Mais au-delà du thriller, Les Sept Jours du Talion est un film qui porte sur le deuil. Le deuil d’un père détruit, de sa femme impuissante devant son isolement, mais aussi sur les questions éthiques que soulève la réaction à avoir face à une telle épreuve, ou le dilemme de la célèbre loi du Talion, « œil pour œil, dent pour dent ». Et c’est justement cette portion humaine du scénario qui fait toute la richesse de l’œuvre.</p>
<p>Il y a bien quelques bémols – si peu – à cette réalisation résolument maitrisée de Podz <em>(Minuit le soir, C.A.).</em> Je me contenterais de les rassembler tous sous l’étiquette «Limites de l’adaptation d’un livre de plus de 300 pages au grand écran». Le personnage de l’inspecteur de police, interprété par le toujours aussi sympathique Rémy Girard, manque un peu de profondeur. On devine que les dispositions psychologiques des différents protagonistes sont bien plus étoffées dans la version littéraire, mais tout de même, on réussit ici à aller à l’essentiel et à raconter l’histoire par l’image. Seule.</p>
<p>Un film donc, qui vous fera crisper de moiteur. Avis aux junkies du genre, tous les procédés cinématographiques les plus efficaces y passent, mais avec une profondeur exquise. En somme, imaginez l’inconfort de «Saw» 1 à 6, mais avec la lourdeur des émotions d’un roman de Marie Laberge. Et sans vouloir dévoiler de <em>punch</em>, je vous promets qu’au tout dernier instant du film, après deux heures de voyeurisme sanguinolent, le duo Podz-Legault réussit l’impossible : vous sourirez.</p>
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