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	<title>pieuvre.ca &#187; actualités</title>
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		<title>iPhonographie : l’art mobile émergent s’invite à Montréal</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 16:52:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier Proulx</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Xavier PROULX Simple retour du balancier ou nouvelle mode éphémère? Le monde de la photographie est en ébullition ces dernières [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Xavier PROULX</p>
<p><strong>Simple retour du balancier ou nouvelle mode éphémère? Le monde de la photographie est en ébullition ces dernières années. Alors que la mythique compagnie Kodak se plaçait dernièrement sous la protection de la loi sur la faillite, un large courant de contre-culture place à son tour la photographie instantanée sur un piédestal.</strong></p>
<div id="attachment_8720" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.pieuvre.ca/2012/01/31/iphonographie/dsc_0014/" rel="attachment wp-att-8720"><img class="size-medium wp-image-8720" title="DSC_0014" src="http://www.pieuvre.ca/v2/home/lapieuv/public_html/v2/wp-content/uploads/2012/01/DSC_0014-300x182.jpg" alt="" width="300" height="182" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Xavier Proulx</p></div>
<p>Et malgré tout la compagnie Polaroïd est déjà chose du passée et les pellicules se font de plus en plus rares… et pourtant! C’est qu’ironiquement l’état d’esprit, le look imparfait de la photographie analogique avec ses changements imprévisible de couleurs et de flous séduit. Et séduit même beaucoup. Ce qui autrefois relevait d’erreurs de développement en chambre noire se retrouve aujourd’hui sur votre… téléphone cellulaire!</p>
<p>En effet, dans le marché du logiciel, ces petites applications de partage photographiques sont une mine d’or. Et pour cause, la plateforme Instagram, populaire application de partage de ces photographies artificiellement altérés et disponible exclusivement sur iPhone, dépassait en mai dernier le cap des 14 millions d’usagers. Quand on sait qu’il se prend en moyenne plus de cinq photos par jour pour un usager moyen de cette plate-forme, on est en droit de parler d’une explosion tranquille dans le monde de la photographie. Et la convergence technologique facilite les choses. On peut imaginer sans mal la fusion entre l’appareil photo haut de gamme et le téléphone cellulaire dans un futur proche.</p>
<p>Une explosion si importante qu’elle faisait même l’objet récent d’un grand débat dans le monde du photojournalisme. Après que le photojournaliste Damon Winter du New York Times ait utilisé son iPhone et l’application Hipstamatic pour couvrir des scènes de guerre en Afghanistan, le débat était lancé à savoir si une photo artificiellement modifiée et «plastique» sortant d’un téléphone pouvait mieux décrire les sensations vécues sur le terrain qu’une photographie traditionnelle. Selon Matt Buchanan, du blog technologique Gizmodo, il s’agissait pratiquement de la mort du photojournalisme tel qu’on le connait. Peut-t-on délibérément modifier l’atmosphère d’une photographie en la déformant, la colorant artificiellement, et ce d’une manière tout à fait pop-70? Est-ce dire que nous verrons un jour des photographies prises avec un iPhone au <em>World Press Photo</em>? En tant que puriste, Buchanan argumente que plus un effet photographique devient aisé à appliquer, plus l’authenticité de l’émotion qui y est lié s’en retrouve altérée.</p>
<p>Mais il n’y a pas que du mal à cette nouvelle mode photographique. En effet, les possibilités créatives s’en retrouvent amplifiées. Ces petites applications tendent à simuler le format carré typique des anciennes pellicules moyen-format d’appareils argentiques mythique tels que le Yashica et le Rollei. Un format de cadrage qui revient heureusement à la mode, aux effets esthétiques très puissant et différent du format panoramique offert par les réflex numériques. Un format qui favorise aussi l’abstraction et impose des photographies beaucoup plus zen, en lien avec le mouvement photographique du miksang.</p>
<p>Aussi, ce monde de partage instantané de la photographie où couleurs et surexposition explosent est souvent rattaché aux réseaux sociaux tels que twitter. Sous cette avalanche de photos, serait-il possible de percevoir une démarche artistique? Ce nouveau médium photographique a-t-il sa place dans une galerie d’art? La réponse est oui. C’est déjà le cas en Europe, aux Pays-Bas et en Allemagne entre autres, où ce médium s’est déjà taillé une place. À New-York, le <em>Krappy Kamera Exhibition</em> se tient aussi annuellement dans une sympathique galerie d’art du quartier SoHo. Et à Montréal?</p>
<p>Le médium prend du galon. C’est dans la minuscule galerie Visual Voice de l’édifice du Belgo que s’est tenu le vernissage de l’exposition <em>Unlock</em> samedi dernier. Une première pour le collectif Iphonographie Montréal. Littéralement, le titre fait référence à la fonction de déverrouillage du iPhone, mais au sens figuré, il se fait l’évocation de la liberté créatrice si chère à l’art mobile.</p>
<p>L’exposition <em>Unlock</em> regroupe 3 artistes bien établis de la sphère de l’iphonographie locale. La créatrice MissPixel y expose un polyptyque recherché. Gérald Godin propose des scènes de rues aux couleurs délavées. L’artiste Beckibecko – récipiendaire du prix Mobile Photo Award de l’an dernier – signe également une installation photographique portant sur ce médium. D’autre part, l’exposition compte aussi sur la participation du collectif eyeEm venu d’Allemagne, alors que deux photographies ont été sélectionnés pour faire partie de l’exposition montréalaise.</p>
<p>Il serait facile de tomber dans la facilité avec ce genre de médium, la polémique à son sujet en fait foi. L’approche est souvent critiquée par les puristes qui y voient une fausse créativité, où l’esthétique alléchant des couleurs floues remplacerait une véritable démarche artistique. Ce n’est pas parce qu’une image a été filtrée au quart de tour dans un iPhone, qu’elle devient nécessairement un produit artistique.</p>
<p>Heureusement, les artistes exposant sont assez expérimentés pour éviter ce piège. Une véritable recherche stylistique y est bien présente et transparait dans les épreuves affichées sur le mur. Photoshop est interdit ici. Que du bidouillage à l’aide de logiciels de traitement photographique fourni sur les téléphones intelligent. Comme me l’expliquait MissPixels, son installation est passée dans pas moins de cinq logiciels mobile afin d’arriver au résultat final. Et une fois imprimé en grand format, on perçoit aisément le potentiel créatif du médium. Comme quoi ces photographies instantanées auraient bien souvent intérêt à quitter le petit écran de nos portables.</p>
<p>Art ou hérésie photographique? Seul le temps le dira et le débat n’est aucunement clos. Après tout, les puristes disaient-ils peut-être la même chose au début de l’ère polaroïd…</p>
<p>L’excellente exposition <em>Unlock</em> est présentée à la galerie Visual Voice du Belgo jusqu’au 18 février.</p>
<div id="attachment_8721" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.pieuvre.ca/2012/01/31/iphonographie/photo2b2012-01-292b092b152b45/" rel="attachment wp-att-8721"><img class="size-medium wp-image-8721 " title="photo2b2012-01-292b092b152b45" src="http://www.pieuvre.ca/v2/home/lapieuv/public_html/v2/wp-content/uploads/2012/01/photo2b2012-01-292b092b152b45-300x214.jpg" alt="" width="300" height="214" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Beckibecko</p></div>
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		<title>Google se lance en politique pour les présidentielles</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Jan 2012 18:54:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hugo Prévost</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Profitant de l'engouement indéniable des Américains - et des internautes du monde entier - envers la scène politique des États-Unis à l'approche des élections présidentielles de 2012, le géant de l'Internet Google a annoncé vendredi le lancement de son service Politics, qui devrait permettre de rassembler sous un même toit une (petite) partie du raz-de-marée d'informations découlant de l'imposante machine électorale du pays de l'Oncle Sam.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hugo PRÉVOST</p>
<p><strong>Profitant de l&#8217;engouement indéniable des Américains &#8211; et des internautes du monde entier &#8211; envers la scène politique des États-Unis à l&#8217;approche des élections présidentielles de 2012, le géant de l&#8217;Internet Google a annoncé vendredi le lancement de son service Politics, qui devrait permettre de rassembler sous un même toit une (petite) partie du raz-de-marée d&#8217;informations découlant de l&#8217;imposante machine électorale du pays de l&#8217;Oncle Sam.</strong></p>
<div class="mceTemp">
<dl id="attachment_8147" class="wp-caption alignright" style="width: 202px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.pieuvre.ca/2012/01/07/google-politics/print/" rel="attachment wp-att-8147"><img class="size-medium wp-image-8147" title="Print" src="http://www.pieuvre.ca/v2/home/lapieuv/public_html/v2/wp-content/uploads/2012/01/GooglePolitics-leftrail-192x300.jpg" alt="" width="192" height="300" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"></dd>
</dl>
</div>
<p>Mettant à profit l&#8217;ensemble de ses ressources sur les diverses plateformes dont elle dispose, soit Actualités, Tendances, YouTube, mais aussi Google+, son plus récent réseau social, Google semble vouloir prendre de vitesse les grands réseaux traditionnels en utilisant au maximum ses immenses capacités de curation.</p>
<p>Après tout, Google dispose de la plus importante plateforme vidéo en ligne &#8211; plateforme qui, d&#8217;ailleurs, permet de recenser l&#8217;activité des différents candidats (républicains et démocrate) sur YouTube et de naviguer au travers des divers vidéos, reportages et présentations spéciales crées par des internautes, des chaînes spécialisées ou des médias généralistes.</p>
<p>Si nulle information ne laisse penser que de telles initiatives seront également utilisées dans le cadre d&#8217;autres élections nationales (il n&#8217;y a rien de spécifique pour les présidentielles françaises, par exemple, dont le premier tour aura lieu dans trois mois), Google démontre clairement son intention de profiter de la vague d&#8217;utilisation d&#8217;Internet et des médias sociaux qui a pris naissance lors de la précédente campagne présidentielle américaine, en 2008.</p>
<p>Le candidat démocrate d&#8217;alors, Barack Obama, avait surpris et séduit en maximisant sa présence dans l&#8217;univers numérique, une initiative qui lui avait alors permis de rejoindre la jeune génération d&#8217;électeurs, souvent oubliée en politique. Nul doute que cette stratégie, utilisée tout au long des quatre années du premier mandat du président sortant, sera réutilisée en vue de demeurer à la Maison-Blanche en 2012. L&#8217;opposant républicain risque cependant de suivre les mêmes conseils et de numériser sa présence, histoire de lier une relation avec ceux ayant déserté les médias traditionnels.</p>
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		<title>La vie, la vraie, en photos</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Sep 2011 16:56:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Josie Desmarais</dc:creator>
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		<description><![CDATA[World Press Photo occupe cette année une section du marché Bonsecours, dans le Vieux-Port de Montréal, pour son l'exposition des meilleures photographies journalistiques de l'année 2010. Encore une fois, des images saisissantes sont affichées, traitant de sujets très connus ou peu médiatisé. Une grande partie de l'exposition est dédiée au photojournalisme politique, allant des conflits armés aux victimes de la pauvreté à travers le monde.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Josie DESMARAIS</p>
<p><strong>World Press Photo occupe cette année une section du marché Bonsecours, dans le Vieux-Port de Montréal, pour son l&#8217;exposition des meilleures photographies journalistiques de l&#8217;année 2010. Encore une fois, des images saisissantes sont affichées, traitant de sujets très connus ou peu médiatisé. Une grande partie de l&#8217;exposition est dédiée au photojournalisme politique, allant des conflits armés aux victimes de la pauvreté à travers le monde.</strong></p>
<div id="attachment_5976" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.pieuvre.ca/2011/09/17/world-press/world-press-photo-winner-corentin-fohlen-480x319/" rel="attachment wp-att-5976"><img class="size-medium wp-image-5976" title="world-press-photo-winner-corentin-fohlen-480x319" src="http://www.pieuvre.ca/v2/home/lapieuv/public_html/v2/wp-content/uploads/2011/09/world-press-photo-winner-corentin-fohlen-480x319-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Corentin Fohlen</p></div>
<p>Chaque année comporte son lot de visions d&#8217;horreur et de clichés de victimes de violences physiques.</p>
<p>Cette fois, c&#8217;est la jeune Aisha qui est sur toutes les lèvres, son regard franc hantant les esprits de ceux qui sont passés devant son portrait.</p>
<p>Le World Press Photo récompense les photographes de l&#8217;année dans plusieurs catégories (arts et spectacles, actualité, vie animale, conflits mondiaux, portrait, sport, etc.), une tradition qui remonte à 1955. À chaque présentation, l&#8217;organisation affiche des photos spectaculaires sont prises à l&#8217;instant précis où le nez de la plongeuse olympique vient se casser sur le tremplin, ou bien au moment précis où des amateurs de breakdanse semblent suspendus dans les airs accomplissant leurs figures. Cette année, le cliché gagnant dans la catégorie sport est ce moment décisif où le pied du joueur de foot se plante accidentellement dans la mâchoire de son adversaire. Les deux semblent figé dans les airs, le ballon au-dessus d&#8217;eux.</p>
<p>Les photographes sont récompensés en fonction de leur talent, mais aussi de la qualité qu&#8217;on ces images de pouvoir raconter une histoire et de rendre possible, par un simple regard, de se sentir au cœur de l&#8217;action.</p>
<p>Ces photos ont également la qualité exceptionnelle d&#8217;être exemptes de retouches. En effet, l&#8217;organisation interdit aux participants de soumettre des clichés qui ont eu recours à l&#8217;usage de logiciel tel que Photoshop. L&#8217;an dernier, un prix a été retiré à Stepan Rudik pour avoir fortement recadré et mis en noir et blanc sa photo originale.</p>
<p>Sur la mezzanine de la salle, deux autres expositions sont également disposées, <em>AnthropoGraphia 2011</em>,  une exposition de photo-documentaires, et <em>C-41</em>, une organisation qui présente les photographes émergents québécois. Cette deuxième exposition parallèle est d&#8217;un tout autre ton, plus artistique et conceptuelle. Elle laisse plus place à l&#8217;histoire, parfois via des manipulations des photographies.</p>
<p>L&#8217;exposition montréalaise du World Press Photo tient place jusqu&#8217;au 2 octobre prochain.</p>
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		<title>L&#8217;essentielle acidité de The Onion</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Sep 2011 21:08:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hugo Prévost</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Certains projets vont quelques fois au-delà de leur objectif premier. Ils prennent alors un tout autre sens, et viennent remplir une fonction jusqu'alors réservée à d'autres acteurs de la société. C'est le cas de The Onion : d'un simple journal humoristique distribué dans un campus universitaire de Madison, au Wisconsin, à la fin des années 1980, il est aujourd'hui passé à un empire du divertissement se déclinant en ligne, mais également à la télévision, sous forme de livres, ou encore d'éditions papier. Au sein de ce maëlstrom de gags souvent grinçants et d'humour réservé aux gens capables d'en saisir le second degré se dégage également un état d'esprit, une capacité d'observation unique de la société occidentale. Les gens de The Onion ont accepté de nous en dire un peu plus.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hugo PRÉVOST</p>
<p><strong>Certains projets vont quelques fois au-delà de leur objectif premier. Ils prennent alors un tout autre sens, et viennent remplir une fonction jusqu&#8217;alors réservée à d&#8217;autres acteurs de la société. C&#8217;est le cas de <em>The Onion</em> : d&#8217;un simple journal humoristique distribué dans un campus universitaire de Madison, au Wisconsin, à la fin des années 1980, il est aujourd&#8217;hui passé à un empire du divertissement se déclinant en ligne, mais également à la télévision, sous forme de livres, ou encore d&#8217;éditions papier. Au sein de ce maëlstrom de gags souvent grinçants et d&#8217;humour réservé aux gens capables d&#8217;en saisir le second degré se dégage également un état d&#8217;esprit, une capacité d&#8217;observation unique de la société occidentale. Les gens de <em>The Onion</em> ont accepté de nous en dire un peu plus.</strong></p>
<div class="mceTemp">
<dl id="attachment_5963" class="wp-caption alignright" style="width: 310px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.pieuvre.ca/2011/09/16/the-onion/the-onion-logo_20110615193721/" rel="attachment wp-att-5963"><img class="size-medium wp-image-5963 " title="the-onion-logo_20110615193721" src="http://www.pieuvre.ca/v2/home/lapieuv/public_html/v2/wp-content/uploads/2011/09/the-onion-logo_20110615193721-300x283.png" alt="  " width="300" height="283" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"></dd>
</dl>
</div>
<p>Lire <em>The Onion</em> demande un sens de l&#8217;humour particulier : la conclusion ne surprend personne, et certainement pas les habitués de ce média humoristique qui fait souvent dans la satire acide. <em>«Une nouvelle étude démontre que les femmes ne devraient gagner que 20 cents de moins par dollar que les hommes»</em>, ou encore l&#8217;hilarant &#8211; et ignoble - <em>«L&#8217;absence d&#8217;intérêt médiatique rend inutile la dissimulation d&#8217;un génocide»</em>; voilà seulement deux exemples des manchettes produites sur une base quotidienne par l&#8217;équipe de rédaction derrière The Onion.</p>
<p><em>«</em>The Onion<em> a commencé sur le campus, avec des nouvelles telles que &laquo;&nbsp;Un crayon est volé dans un dortoir&nbsp;&raquo;</em>, explique le rédacteur en chef adjoint Will Tracy. <em>Éventuellement, les gens à l&#8217;origine du lancement du projet ont décidé d&#8217;englober l&#8217;ensemble du portrait culturel américain et de fonctionner spécifiquement comme une parodie du USA Today</em> (un quotidien populiste à diffusion nationale aux États-Unis, ndlr).<em>»</em></p>
<p><em></em> Si <em>The Onion</em> ressemble fort à un média Internet comme il en existe des dizaines, voire des centaines dans le monde, il n&#8217;emploie toutefois pas de journalistes. Selon M. Tracy, il est possible que certains rédacteurs aient déjà travaillé pour des journaux, surtout ceux qui ont lancé l&#8217;aventure au Wisconsin, mais la grande majorité des employés sont des scripteurs dans le domaine de l&#8217;humour. Il précise d&#8217;ailleurs que <em>The Onion</em> n&#8217;est pas du journalisme. <em>«C&#8217;est un média humoristique où il arrive parfois que nous écrivions sur l&#8217;actualité de tous les jours, mais il s&#8217;agit de gags suite à des observations, écrits avec l&#8217;accent détaché de la presse, concernant la vie et la culture. Ces gags pourraient être publiés aujourd&#8217;hui ou dans un an, et être autant d&#8217;actualité et drôles.»</em></p>
<p><em></em>M. Tracy explique également qu&#8217;il n&#8217;y a pas de guide de rédaction, du moins pas comme celui que l&#8217;on retrouve à l&#8217;Associated Press ou, plus près de chez nous, à Radio-Canada où à La Presse Canadienne. <em>«Nous avons, cependant, une liste de mots et de gags à ne pas utiliser sous aucun prétexte, explique-t-il. Il est très important pour nous de ne pas faire la même blague qui circule sur Internet, à la télé et dans les journaux depuis des jours. J&#8217;aime à penser que nous attendons que tout le monde aie la même blague facile sur l&#8217;actualité, et nous arrivons ensuite à la dernière seconde avec quelque chose à quoi personne ne s&#8217;attendait. Du moins, c&#8217;est ce que j&#8217;espère, et je crois que c&#8217;est à ce moment-là que The Onion est à son meilleur.»</em></p>
<p><em></em>Le succès de <em>The Onio</em>n semble d&#8217;ailleurs venir souligner la réussite de cette technique. La responsable des communications et des relations publiques de l&#8217;entreprise, Anne Finn, explique par courriel que l&#8217;entreprise fonctionne bien, chiffres à l&#8217;appui. Dix millions d&#8217;internautes trouveraient ainsi le chemin de leurs deux sites sur une base mensuelle, tandis que plus de 535 000 lecteurs mettent la main sur la version papier du média, et ce dans l&#8217;un des 14 marchés occupés par la publication, dont Toronto. <em>The Onion</em> entamera également bientôt la deuxième saison de sa sérié télévisée <em>The Onion News Network</em> et un deuxième livre fera bientôt son apparition sur les tablettes des libraires.</p>
<p>Comment <em>The Onion</em> fait-il de l&#8217;argent, d&#8217;ailleurs, alors que son site Internet est disponible gratuitement? <em>«Je n&#8217;ai personnellement aucune idée comment moi je fais de l&#8217;argent</em>, lance Will Tracy à la blague, <em>mais l&#8217;entreprise fait de l&#8217;argent en vendant de l&#8217;espace publicitaire sur Internet et dans sa version papier, comme les grands médias. Nous vendons aussi des livres et des produits dérivés, et recevons de l&#8217;argent du secteur de la télé et d&#8217;autres ententes multiplateformes.»</em></p>
<p><em></em>Ce qui détonne aussi avec <em>The Onion</em>, c&#8217;est l&#8217;aspect blasé que possèdent l&#8217;ensemble des produits offerts par l&#8217;entreprise. Qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un gag d&#8217;une phrase sur l&#8217;augmentation des ventes de pantalons à la taille élastique en raison de la hausse du nombre d&#8217;obèses aux États-Unis ou d&#8217;un topo vidéo sur un nouveau gadget de Sony <em>«who doesn&#8217;t f***ing work»</em>, <em>The Onion</em> dégage un puissant parfum de cynisme qui colle malheureusement de plus en plus à l&#8217;époque contemporaine et à la couverture souvent extrêmement alarmiste des médias généralistes américains. Il existe même un site Internet, <em><a href="http://literallyunbelievable.org/">Literally Unbelievable</a></em>, où sont rassemblées les réactions outrées de certains utilisateurs Facebook qui n&#8217;ont vraisemblablement pas compris que The Onion fait dans la parodie. Plus drôle (ou troublant?) encore, des médias nationaux et internationaux, comme le réseau de droite Fox News,  se sont déjà fait prendre au jeu et ont parfois repris des dépêches de The Onion. Est-ce parce que les dépêches tombent souvent si juste qu&#8217;elles donnent l&#8217;impression d&#8217;être vraies?</p>
<p>Pourtant, ce ne sont pas les absurdités qui manquent. Peut-être faut-il plutôt y voir un certain abandon de la part des individus, si habitués aux nouvelles abracadabrantes ou horribles qu&#8217;ils ne parviennent plus à différencier une véritable dépêche d&#8217;une soi-disant annonce des républicains voulant réélire Barack Obama pour un second mandat afin de <em>«rendre sa vie encore plus misérable</em>».</p>
<p><strong>Du cerveau à la publication </strong></p>
<p>Contrairement à ce que l&#8217;on pourrait croire de prime abord, le travail derrière <em>The Onion</em> est plus souvent qu&#8217;autrement étiré sur deux semaines. Selon ce qu&#8217;explique le rédacteur en chef adjoint Will Tracy, tous les scripteurs, rédacteurs et autres employés derrière les gags et autres articles se réunissent le lundi avec l&#8217;ensemble de leurs idées, pour ensuite les passer au vote. Les propositions survivantes sont ensuite examinées à nouveau le mardi, pour en extraire cinq sujets principaux qui feront l&#8217;objet de textes approfondis. Les idées sont ensuite réparties, pour être travaillées le mercredi, révisées le jeudi, puis à nouveau le vendredi. <em>«Et tout cela, en continuant à travailler sur les idées de la semaine précédente»</em>, précise M. Tracy. <em>«Alors, entre le moment où une blague est lancée une première fois en réunion et l&#8217;instant où elle apparaît sur la copie papier disponible en librairie, ou sur Internet, il peut s&#8217;écouler environ deux semaines.»</em></p>
<p><em>«Je suis persuadé que nous devons continuer à faire ce que nous accomplissons. Personne ne fait exactement la même chose que nous et </em>The Onion <em>a sa voix propre, sa façon d&#8217;exister. Nous devons aussi maîtriser les nouvelles tendances technologiques &#8211; la vidéo, les médias sociaux &#8211; et nous en servir pour mieux diffuser nos parodies et nos satires»</em>, dit-il.</p>
<p>Et pour l&#8217;avenir? <em>«</em>The Onion <em>deviendra l&#8217;empire médiatique le plus imposant de la planète et régnera sans pitié comme jamais dans l&#8217;Histoire de l&#8217;Humanité. Ce sera un conglomérat vaste, impénétrable et impossible à arrêter dans sa quête sans merci et sanglante de pouvoir</em>, explique M. Tracy avant d&#8217;ajouter que, <em>plus sérieusement, cela devrait ressembler au site d&#8217;aujourd&#8217;hui, mais avec un lectorat plus important, et sans doute avec deux ou trois autres débouchés dans le monde des médias. Mais mon rôle est simplement de continuer à publier de bonnes éditions semaine après semaine. Et espérer que l&#8217;industrie des médias écrits ne s&#8217;effondre pas entièrement entre-temps.»</em></p>
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