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	<title>pieuvre.ca &#187; RVCQ 2012</title>
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		<title>RCVQ &#8211; Over my dead body, un autre cinéma</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Feb 2012 20:13:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Marie Piette</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comme l'écrivait si bien Guy Gauthier, critique de cinéma français, le documentaire est un autre cinéma. C'est dans cette même veine que nos réflexions se prolongeaient, suite au visionnement du film de clôture des RVCQ: le documentaire Over my dead body, présenté en première mondiale, et retraçant les 24 mois précédents la mort annoncée de Dave St-Pierre, danseur et chorégraphe, survivant greffé des poumons; portrait intime et premier long métrage de sa «soul sister», Brigitte Poupart.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Anne-Marie PIETTE</p>
<p><strong>Comme l&rsquo;écrivait si bien Guy Gauthier, critique de cinéma français, le documentaire est un autre cinéma. C&rsquo;est dans cette même veine que nos réflexions se prolongeaient, suite au visionnement du film de clôture des RVCQ: le documentaire <em>Over my dead body</em>, présenté en première mondiale, et retraçant les 24 mois précédents la mort annoncée de Dave St-Pierre, danseur et chorégraphe, survivant greffé des poumons; portrait intime et premier long métrage de sa «<em>soul sister</em>», Brigitte Poupart.</strong></p>
<div class="mceTemp">
<dl id="attachment_9502" class="wp-caption alignright" style="width: 218px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.pieuvre.ca/2012/02/26/over-my-dead-body/over-my-dead-body-affiche-preview/" rel="attachment wp-att-9502"><img class="size-medium wp-image-9502" title="over-my-dead-body-affiche.preview" src="http://www.pieuvre.ca/v2/home/lapieuv/public_html/v2/wp-content/uploads/2012/02/over-my-dead-body-affiche.preview-208x300.jpg" alt="" width="208" height="300" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"></dd>
</dl>
</div>
<p><em>Over my dead body</em>, littéralement au-dessus de mon cadavre, ou expression populaire tendant à exprimer «<em>Il faudra me passer sur le corps</em>», «<em>seulement si je suis mort</em>», met en images Dave St-Pierre, maintenant âgé de 38 ans et atteint de fibrose kystique depuis l&rsquo;âge de 17 ans. Avec une espérance de vie d&rsquo;environ 30 ans, il s&rsquo;est retrouvé, à la mi-trentaine, avec des poumons qui ne fournissent plus. Seule issue possible : la greffe bipulmonaire.</p>
<p>Au moment où le film débute, et à défaut de cette greffe, le médecin aura donné une espérance de vie de deux ans au chorégraphe. Attente infernale. Relié à son tube nasal et à la bombonne d&rsquo;oxygène qu&rsquo;il doit trainer en permanence, St-Pierre est 11e sur la liste d&rsquo;attente pour greffe pulmonaire. Le spectateur, connaissant d&rsquo;emblée la fin heureuse du film, n&rsquo;aura toutefois aucun mal à compatir avec l&rsquo;angoisse du malade, et celle de ses proches; au moment de tourner ses images, d&rsquo;un naturel convainquant, tous se demandaient au contraire s&rsquo;il parviendrait jamais à sa greffe avant que la mort ne le happe.</p>
<p>La perspective des poumons flambants neufs, seul salut pour St-Pierre, résulte aussi du décès de son donneur. Brigitte Poupart, par son approche, ne s&rsquo;impliquera pas ici dans la cause de la fibrose kystique au-delà de mentionner cette maladie comme étant associée à Dave St-Pierre; elle ne nous <em>briefera</em> pas non plus sur les grandes lignes de cette maladie et son issue dramatique, au spectateur averti de faire ses propres recherches, elle sensibilisera davantage le public à l&rsquo;importance de signer sa carte de dons d&rsquo;organes. Des dons d&rsquo;organes sains qui, une fois le patient décédé, pourraient non pas crépir dans la tombe, mais offrir une qualité de vie aux mortels encore de ce monde. Sujet peu abordé, belle cause associée au vécu de Dave St-Pierre.</p>
<p>C&rsquo;est à travers des scènes crues, au naturel simplifié ou encore par l&rsquo;intermédiaire de  sa communauté d&rsquo;amis, de collègues, et par la force criarde des images de ces mises en scènes, <em>La pornographie des âmes</em>, <em>Un peu de tendresse bordel de merde!</em> que nous sera dépeint sans ménagement Dave St-Pierre, petit bonhomme sympathique ou grand chorégraphe, metteur en scène, libre penseur.</p>
<p>Les corps dénudés, sautillants, tremblants, glissants, dans des positions tantôt légères, tantôt grossières, mais rarement esthétiques; ou à l&rsquo;esthétisme pathologique, composant avec le sang, l&rsquo;eau, la chaire meurtrie; forment un tout raccord avec la trame de fond, la déchéance du corps, l&rsquo;envie de vivre et l&rsquo;attente d&rsquo;un don d&rsquo;organes. Tout cela, très organique, très morbide aussi, pourrait en rebuter plus d&rsquo;un. Danseurs et amis issus de milieux artistiques où se mixtes théâtre, danse et performance; assument leurs corps tels des instruments au diapason des conceptions de leur metteur en scène Dave St-Pierre. Témoignage intéressant au ressortissent unique à la limite troublant du vécu de l&rsquo;artiste, à voir, mais dans le cas de certains, peut-être pas à revoir. Les images à elles seules, restant de toute façon bien gravées dans nos esprits.</p>
<p>Faisant plus que flirter avec la vidéo d&rsquo;art,<em> Over my dead body</em> est un composite, une création éclectique, mixte de graphisme douteux, d&rsquo;images brutes et floues, de la musique originale de Misteur Valaire, tantôt suffocante, tapageuse, poignante, voir braillarde par moments. C&rsquo;est beaucoup. Beaucoup de bruit visuel, beaucoup d&rsquo;émotions, pour assez peu d&rsquo;informations. Nous sommes ici surtout dans le senti, le <em>feeling</em>. Des images simplifiées et symboliques, une nudité omniprésente se rapportant souvent à la vulnérabilité, d&rsquo;où quelques transgressions mièvres, telles ces images discutables de St-Pierre nu dans son bain, en position fœtale.</p>
<p>Documentaire expérimental et sensible, de par son sujet et par sa formule, <em>Over my dead body</em> est une manifestation importante et réelle, un élan volontaire au caractère si intime que l&rsquo;on se sent parfois en intrusion dans un univers privé. Une impression découlant aussi d&rsquo;un montage laxiste, où tout peut être montré, tout peut être dit. En ce sens, une grande générosité dans le duo créatif que forment pour ce documentaire St-Pierre et Poupart. On notera ici beaucoup d&rsquo;humour, d&rsquo;humilité, et de spontanéité; Dave St-Pierre, bon vivant, ne lésinant pas sur les plaisirs simples, tel ce passage remarqué au Cinéma l&rsquo;amour.</p>
<p>La caméra omniprésente, véritable extension des yeux et des oreilles de Poupart, aura habillement mise en relief une autre aberration du système médical québécois. Une employé à l&rsquo;administration de l&rsquo;hôpital Notre-Dame s&rsquo;adressant à notre futur greffé «vous avez demandé une chambre privé, il va falloir continuer à la payer, même si vous êtes en soins palliatifs» et plus tard St-Pierre, halluciné, et s&rsquo;adressant à son père, «4000 piasses pour la chambre» et son père de répondre «pis t&rsquo;es même pas dedans»&#8230; <em>Ouch!</em> Bureaucratie à la dure, rien ne sera épargné à un homme déjà accablé.</p>
<p>Le documentaire est un autre cinéma, il a une forme plus libre, il répondra à des critères de cas par cas. Face à cette forme de cinéma, moins rigide, certains spectateurs se butteront tout de même sur la forme autant que sur le fond, au même titre que toute autre production cinématographique. D&rsquo;autres encore y assumeront une part introspective et abstraite et se laisseront gagner par la base même de l&rsquo;intention du film. <em>Over my dead body</em>, à l&rsquo;image de Dave St-Pierre, comme l&rsquo;ensemble de son œuvre, sera sujet à débat. Sous toutes réserves, on retiendra surtout un portrait à la fois délicat et courageux du parcours peu banal d&rsquo;un homme greffé et d&rsquo;un artiste confirmé apprécié des québécois.</p>
<p>Après deux faux espoirs récurrents, découlant tour à tour d&rsquo;une malchance cruelle, les opérations furent annulées au dernier moment pour cause de mauvais état des poumons des donneurs; c&rsquo;est seulement en juin 2009 que St-Pierre le valeureux sera enfin greffé des poumons, mettant ainsi fin à une longue agonie. L&rsquo;homme qui ne dansait plus, dansera de nouveau&#8230;</p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=IlSSZd4tL6Q"><img src="http://img.youtube.com/vi/IlSSZd4tL6Q/2.jpg"></a></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=IlSSZd4tL6Q">Click here to view the video on YouTube</a>.</p>

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		<title>RVCQ &#8211; Nuit #1, antidote ou soin palliatif</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Feb 2012 17:38:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Marie Piette</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En lice pour la Louve d’Or du Festival du Nouveau Cinéma de Montréal, sorti en salles en décembre dernier et revisité dans la soirée de mardi, dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois; Nuit #1, d'Anne Émond, se veut le témoignage d'une génération de jeunes adultes ayant encore à certains égards des comportements d'ados attardés. Pas qu'une simple histoire de baise, cette œuvre semie-autobiographique, à la base destinée à une poignée des propres amis de la réalisatrice, rejoint en réalité un nombre sidérant d'individus des générations X-Y.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Anne-Marie PIETTE</p>
<p><strong>En lice pour la Louve d’Or du Festival du Nouveau Cinéma de Montréal, sorti en salles en décembre dernier et revisité dans la soirée de mardi, dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois;<em> Nuit #1</em>, d&rsquo;Anne Émond, se veut le témoignage d&rsquo;une génération de jeunes adultes ayant encore à certains égards des comportements d&rsquo;ados attardés. Pas qu&rsquo;une simple histoire de baise, cette œuvre semie-autobiographique, à la base destinée à une poignée des propres amis de la réalisatrice, rejoint en réalité un nombre sidérant d&rsquo;individus des générations X-Y.</strong></p>
<div class="mceTemp">
<dl id="attachment_9398" class="wp-caption alignright" style="width: 201px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.pieuvre.ca/2012/02/23/nuit1/nuit_1-preview/" rel="attachment wp-att-9398"><img class="size-medium wp-image-9398" title="nuit_1.preview" src="http://www.pieuvre.ca/v2/home/lapieuv/public_html/v2/wp-content/uploads/2012/02/nuit_1.preview-191x300.jpg" alt="" width="191" height="300" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"></dd>
</dl>
</div>
<p>Mis en scène de façon épurée et adroite, aux images magnifiques, nantis de gros plans au fini lugubre et caverneux, <em>Nuit #1</em> nous confine dans l&rsquo;intimité tant physique que géographique que forment à l&rsquo;écran les personnages de Clara (Catherine de Léan) et de Nikolaï (Dimitri Storoge) dans l&rsquo;appartement miteux de ce dernier.</p>
<p>Après s&rsquo;être observés danser sur la piste de danse d&rsquo;un rave, deux inconnus s&rsquo;en vont baiser. Les premières minutes du film nous astreignent au rôle de voyeur: les seins, les fesses, l&rsquo;érection, les baisers, la pause pipi, les soupirs, et l&rsquo;orgasme de l&rsquo;un et de l&rsquo;autre suggérés par de petits râles respectifs.</p>
<p>Après l&rsquo;amour, le dodo. Clara, insomniaque, se relève, se baigne et se tire. Nikolaï, réveillé en sursaut, acceptera mal cette conduite cavalière. S&rsquo;ensuivra une longue nuit de discussion en perspective&#8230;</p>
<p>Très théâtral, garnis de monologues à la fois intenses et posés, de regards fuyants dans le vide et de décors restreints; il ne serait pas étonnant que <em>Nuit #1</em> se retrouve un jour adapté pour les planches.</p>
<p>Quelques règles prévisibles, telles: «jamais deux sans trois», Clara s&rsquo;en ira, s&rsquo;en ira pas; une lutte sous la pluie, réussissant, par force extravagance à nous en devenir une danse agréable, et des confidences hardies, que l&rsquo;un puis l&rsquo;autre se livreront par soucis d&rsquo;authenticité, de vérité et de transparence.</p>
<p>Un <em>looser </em>et une fille facile? Un mésadapté social hyper-lucide et hyper-sensible et une femme enfant, paumée. Les deux ayant des troubles de comportements et un vide identitaire. Storoge jouant l&rsquo;immigrant d&rsquo;Ukraine, de Léan, la citoyenne d&rsquo;un pays sans âme.</p>
<p>La question identitaire, toujours cette question identitaire; pourquoi pas plutôt un mal collectif en rupture avec les valeurs modernes, la pression sociale, la réussite, l&rsquo;argent, la gloire; le dictat de la beauté, de la mode, de la performance sociale et sexuelle?!</p>
<p>Nikolaï qui nous semble de prime abord le plus lucide des deux, s&rsquo;en sortira-t-il? <em>«Lequel s&rsquo;en tirera le mieux?» «Clara»</em> de répondre Anne Émond. <em>«Elle a déjà un travail, Nikolaï, lui, ne parvient pas à en conserver un»</em>. Bof, pourquoi pas les deux, le temps développe les choses. Cette nuit sera charnière, transitoire, et aura effectivement un effet thérapeutique, ne serait-ce que sur cette dernière.</p>
<p>La qualité du film se trouve rehaussée tant par le talent des interprètes aux charisme séduisant, que par le caractère collectif de son sujet. Identifiant le public au point d&rsquo;ovationner debout, en fin de projection. Si on souligne ici la qualité de l&rsquo;œuvre, ses dialogues pointus, et l&rsquo;audace d&rsquo;acteurs s&rsquo;étant livrés corps et âmes pour le besoin de la cause; il semble évident que l&rsquo;ovation découle également de l&rsquo;effet miroir du propos sur le spectateur, parfait public cible.</p>
<p>En effet, qui n&rsquo;a pas déjà eu une ou plusieurs nuits de sexe avec un(e) inconnu(e), se trouvant du même coup, au matin, jaugeant l&rsquo;autre et se jaugeant soi-même? <em>Nuit #1</em> est l&rsquo;attestation d&rsquo;une période de la vie aux affects chaotiques départagés du corps, et à la sexualité départagée des affects, par laquelle passe bon nombre de jeunes adultes. Simple passage dans la vie de certains, <em>pattern</em> récurrent dans celle de certains autres&#8230;</p>
<p>Plus encore que pour son caractère divertissant, <em>Nuit #1</em> est anthropomorphique, il pourrait être prescrit comme antidote dans votre entourage immédiat, ou du moins comme soin palliatif&#8230;</p>
<p>À voir!</p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=AZdtOO7hgak"><img src="http://img.youtube.com/vi/AZdtOO7hgak/2.jpg"></a></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=AZdtOO7hgak">Click here to view the video on YouTube</a>.</p>

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		<title>RVCQ &#8211; Solide soirée de courts-métrages avec le programme Latence</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Feb 2012 17:23:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Marie Piette</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Latence, programme de courts métrages chéri de cette 30e édition des RVCQ promettait une soirée de visionnement des plus intéressantes. Tous en compétition pour les prix ONF, Simplex et Coop vidéo, et incluant  trois premières mondiales; cette tétralogie d'œuvres solides liées entre-elles par une unité d'esprit et d'atmosphère, attira un public nombreux.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Anne-Marie PIETTE</p>
<p><strong><em>Latence</em>, programme de courts métrages chéri de cette 30e édition des RVCQ promettait une soirée de visionnement des plus intéressantes. Tous en compétition pour les prix ONF, Simplex et Coop vidéo, et incluant  trois premières mondiales; cette tétralogie d&rsquo;œuvres solides liées entre-elles par une unité d&rsquo;esprit et d&rsquo;atmosphère, attira un public nombreux.</strong><br />
<em></em></p>
<div class="mceTemp">
<dl id="attachment_9393" class="wp-caption alignright" style="width: 310px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.pieuvre.ca/2012/02/23/rvcq-latence/affiche_paparmane_720x486/" rel="attachment wp-att-9393"><img class="size-medium wp-image-9393" title="affiche_paparmane_720x486" src="http://www.pieuvre.ca/v2/home/lapieuv/public_html/v2/wp-content/uploads/2012/02/affiche_paparmane_720x486-300x202.jpg" alt="" width="300" height="202" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"></dd>
</dl>
</div>
<p><em>Guy</em>, écrit et réalisé par Nicolas Rutigliano, documentariste et cofondateur de production Polygone, fût le premier court métrage de la soirée. Déjà fortement intriguant avec son image promotionnelle et son synopsis, <em>Guy</em> «pogne».</p>
<p>Si les films d&rsquo;ados nonchalants ont la cote, il est ici question, non pas d&rsquo;un <em>cover</em> d&rsquo;attitude, mais d&rsquo;un jeune adulte blasé, non seulement incapable de concrètement trouver sa place socialement, mais même incapable ne serait-ce que de se l&rsquo;imaginer, «penses-tu que la vie ça va en s&rsquo;améliorant ou ça va rester plate de même?»</p>
<p>Une direction d&rsquo;acteurs non professionnels réussie, permettant une approche de fiction documentaire, tourné de nuit, il y a cinq ans, en caméra HDV; les images de Mathieu Laverdière superbement verdâtres et intègres à l&rsquo;ambiance du film, ne sont pas pour nous déplaire, comme le reste.</p>
<p><em>Les Dimanches</em>, second court métrage de la soirée, et seul court ayant déjà été visionné devant public, au Festival du film de Toronto, est le quatrième court métrage officiel de Jean-Guillaume Bastien, diplômé prolifique de l&rsquo;Université Concordia en production cinématographique. Sa mignonne causerie, en début de projection, <em>«j&rsquo;ai gagné un prix de 1500 DVD&#8230; j&rsquo;aimerais vider mon appart&#8230; si vous avez aimé le film, venez me voir après!»</em> et Dominique Dugas, Directeur de la programmation d&rsquo;ajouter <em>«tu ne préfères pas les vendre pour financer la production?» «Ah non, ça marche pas ça&#8230;»</em></p>
<p>Ce naturel spontané teinté d&rsquo;humour nous mettra au diapason de ce qui suivra: une création fraîche et rigolote, nantie de belles images et de discours cocasses. <em>«À quoi tu joues?» «Un mélange de soccer pis de marelle», «je tire de la garnotte, des fois sur les chars».</em> Trois histoires, un mélange de mœurs, de drôleries et de réponses «latentes» à des situations bien particulières, entre les chants religieux des aînés et l&rsquo;arrivée d&rsquo;un célébrant de messe au français approximatif; c&rsquo;est ça, <em>Les Dimanches</em>.</p>
<p>Fort d&rsquo;un cinéma multiethnique aux synopsis peu communs, GreenGround Productions, quatre films sélectionnés aux RVCQ 2012, dont le très bon <em>Temporada Seca</em>, de Diego Rivera-Kohn, diplômé en beaux-arts à Concordia et en cinéma à l’INIS, troisième court de la soirée.</p>
<p>Au même rythme lent qu&rsquo;un cerveau engourdi par l&rsquo;alcool, ce film raconte l&rsquo;histoire de Domingo, paysan indigène mexicain stigmatisé par son entourage pour ses vices de conduite découlant d&rsquo;un chagrin plus concentré qu&rsquo;un 750 ml de tequila. Les images de Glauco Bermudez, d&rsquo;une teinte tirant sur le bleuté, mais conservant des reflux d&rsquo;une chaleur disparue, cadrent tout à fait avec le propos.</p>
<p>Si les hommes sont effectivement la sécheresse et les femmes la pluie, depuis la mort de sa conjointe, Diego aura laissé s&rsquo;assécher ses labours, et c&rsquo;est toute sa vie, telle du foin séché qui partira en feu de paille&#8230;</p>
<p>Belle approche sentimentale de solitude et de désespoir, on dit aussi que le feu fertilise les terres et rend possible une nouvelle vie. Un homme avancé en âge n&rsquo;en retirera peut-être pas de nouveaux horizons sentimentaux, mais pourquoi pas, une paix d&rsquo;esprit.</p>
<p>C&rsquo;est finalement avec <em>Paparmane</em>, écrit et réalisé par Joëlle Desjardins Paquette, diplômée en communication (profil cinéma) à l&rsquo;UQAM, mettant en vedette Steve Laplante (<em>Littoral</em>) et Sophie Desmarais (<em>Curling</em>), une production <em>Voyous films</em>, autre boite fructueuse présentant plusieurs bonnes créations pour cette 30e édition des RVCQ, que se clôturait cette soirée de courts métrages savoureux.</p>
<p>Une chatte blanche et dépressive, <em>Duchess 6</em>, lègue d&rsquo;une défunte mère affublée du même titre au carnaval de Berthier de 1972. La chatte, mourante, de la même façon que Jérôme va bientôt clamser dans sa vie plate qui ne fait plus de sens. Lorsque Camille, une chanteuse de télégrammes aux allures de poupée s&rsquo;intéressera à sa vie misérable; Jérôme aura déjà subtilement commencé une remise en question lui permettant d&rsquo;éviter de justesse un processus définitif de «gérontomorphose» précoce.</p>
<p>Une suite de beaux plans «cool», dont celle d&rsquo;un gars étrange dans une boite de parking de l&rsquo;île Ste-Hélène, ou Notre-Dame? Peu importe. On voit la ronde au loin, c&rsquo;est beau, ce plan; c&rsquo;est pourquoi? Ok, le gars travaille pour ce stationnement perdu dans <em>nowhere</em>&#8230;</p>
<p>La mise en scène aux plans photographiques léchés, et accents types «<em>je suis un weirdo</em>» évite le piège de la simple représentation et son crêpage d&rsquo;effet de style et prend ici tout son sens.</p>
<p>Univers intimiste à peu de dialogues, <em>Paparmane</em> est un court métrage efficace, à l&rsquo;humour particulier et sympathique, ayant à la fois beaucoup d&rsquo;attitude et beaucoup de cohérence.</p>
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		<title>RVCQ &#8211; Surviving progress, le progrès à double tranchant</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 18:28:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Marie Piette</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Présenté au dernier Festival international de films de Toronto, en ouverture de la section Focus du Festival du nouveau cinéma à Montréal, puis sorti en salles en novembre 2011, Surviving progress, documentaire cinématographique à longue portée, fût cette fois projeté dans la soirée de dimanche à l'ONF, dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois, en présence des réalisateurs, Mathieu Roy et Harold Crooks.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Anne-Marie PIETTE</p>
<p><strong>Présenté au dernier Festival international de films de Toronto, en ouverture de la section Focus du Festival du nouveau cinéma à Montréal, puis sorti en salles en novembre 2011, <em>Surviving Progress</em>, documentaire cinématographique à longue portée, fût cette fois projeté dans la soirée de dimanche à l&rsquo;ONF, dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois, en présence des réalisateurs, Mathieu Roy et Harold Crooks.</strong></p>
<div class="mceTemp">
<dl id="attachment_9281" class="wp-caption alignright" style="width: 213px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.pieuvre.ca/2012/02/20/surviving-progress/surviving_progress_david_suzuki_en/" rel="attachment wp-att-9281"><img class="size-medium wp-image-9281" title="Surviving_Progress_David_Suzuki_en" src="http://www.pieuvre.ca/v2/home/lapieuv/public_html/v2/wp-content/uploads/2012/02/Surviving_Progress_David_Suzuki_en-203x300.jpg" alt="" width="203" height="300" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"></dd>
</dl>
</div>
<p>Impliquant entre-autres le soutien de Martin Scorsese, au titre de producteur exécutif, coproduit avec l’Office national du film et distribué par Alliance Vivafilm, ce documentaire ambitieux et investi, inspiré du best-seller <em>A Short History of Progress</em> de Ronald Wright, dénonce le double tranchant que peut représenter le «progrès» pour l&rsquo;humanité. <em>«Qu’est-ce que le progrès? Je crois… que c’est une question trop difficile»</em>, répondra d&rsquo;emblée Mark Levine, chef de groupe du China Energy Group, après avoir été questionné à ce sujet. Justement, ce progrès, quel est-il exactement? Un progrès mécanique et scientifique, mais nullement un progrès de l&rsquo;homme dans sa constitution archaïque. Jusqu&rsquo;à quel point peut-il nous amener, humains, à évoluer réellement en syntonie avec cette terre, sa biodiversité, et ses limites réelles.</p>
<p>Dressant un cruel mais adéquat portrait des économistes, banquiers et autres politiciens de la haute sphère décisionnelle, démontrant que les problèmes environnementaux et sociaux dérivés de leurs interventions, sont considérés par ces derniers comme étant des «données» non concourantes, il sera ici également question du tabou de la surpopulation mondiale, de l&rsquo;échec du système d&rsquo;économie mercantile instauré depuis deux cent ans, et du peu de temps restant pour sauver la donne.</p>
<p>Offrant la parole à plusieurs spécialistes dont Ronald Wright, auteur, Robert Wright, journaliste et chercheur américain auteur d&rsquo;ouvrages de psychologie évolutionniste, Stephen Hawking, physicien théoricien et cosmologiste, David Suzuki, scientifique, environnementaliste, Vaclav Smil, scientifique, écrivain et professeur à la Faculté de l&rsquo;environnement de l&rsquo;Université du Manitoba, Jane Goodall, primatologue, éthologue et anthropologue, Margaret Atwood, écrivaine, Colin Beavan auteur, ingénieur, directeur du No Impact Project , Michael Hudson historien de l’économie, ex économiste de Wall Street, Simon Johnson, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international, Gary Marcus psychologue de la cognition, Marina Silva sénatrice et ancienne ministre de l’Environnement du Brésil, Jim Thomas, activiste, gestionnaire et auteur de programme de recherche pour <em>ETC group</em>, John Craig Venter, biologiste, et homme d&rsquo;affaires américain PDG de Synthetic Genomics; <em>Surviving Progress</em> dépeint bien les enjeux environnementaux et sociaux véritables, causés par l&rsquo;appel de l&rsquo;abondance, de la surconsommation et de la pseudo progression de l&rsquo;homme; ces derniers n&rsquo;étant plus de simples constatations, mais de réelles inquiétudes sur un avenir incertain.</p>
<p>Malgré une solide orchestration de documents visuels, des arguments majeurs et une approche des plus ardentes, <em>Surviving Progress</em> déçoit quelque peu par le manque de renseignements nouveaux que l&rsquo;on peut y puiser. Il est plutôt un montage éloquent et puissant d&rsquo;opinions maintes fois exprimées par les esprits humanistes contestataires de notre époque. Tout au long du visionnement, alors que l&rsquo;on tendrait à en apprendre davantage, l&rsquo;on ne peut que confirmer, hochant la tête comme d&rsquo;un commun accord. Ce documentaire, comme cet autre vu à Télé-Québec, ou cet autre encore, loué au club vidéo, nous confirmera les mêmes craintes, les mêmes réflexions et observations, comme pour nous assurer une ultime gravure dans le disque dur cérébral.</p>
<p>Apportant tout de même son lot de bonnes interventions, au final, un débat intéressant d&rsquo;opinions confrontant particulièrement les idéaux de John Craig Venter et de Jim Thomas. Si le premier fait l&rsquo;apologie de la biologie synthétique et du potentiel de cette dernière pour créer des espèces nouvelles utiles à notre survie, le second, pragmatique, mettra en garde contre ces nouvelles lubies de science fiction, <em>«les ingénieurs peuvent traiter la vie comme si c’était une sorte d’ordinateur ou de substance créée de toutes pièces, mais au bout du compte les microbes auront le dernier mot : la vie, ça ne fonctionne pas comme ça»</em>.</p>
<p><em>Surviving Progress</em>, sans réellement innover dans son genre, est une synthèse efficace, et des plus réussies tant visuellement que d&rsquo;un point de vu narratif. S&rsquo;ouvrant sur divers modes de pensées concernant progrès, avenir, voir solutions; il a la particularité de stimuler l&rsquo;interaction du public, l&rsquo;amenant à prendre position et à se forger sa propre opinion. Ce documentaire reste une œuvre puissante, à voir.</p>
<p>À Michael Hudson, à qui on posait cette même question, <em>«qu&rsquo;est-ce que le progrès»</em> on obtint cette réponse : <em>«Progrès voulait dire : &laquo;&nbsp;vous ne récupérerez jamais ce que nous vous prenons». C’est ce qui a amené l’âge des ténèbres et c’est ce qui menace de nous apporter à nouveau l’âge des ténèbres.»</em></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=3DuampumYoc"><img src="http://img.youtube.com/vi/3DuampumYoc/2.jpg"></a></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=3DuampumYoc">Click here to view the video on YouTube</a>.</p>

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		<title>RVCQ &#8211; The hat goes wild, film hybride et débridé</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 01:24:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Marie Piette</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Éprouvant quelques problèmes techniques, c'est avec plus d'une heure de retard que fût présenté en première mondiale à la salle Claude Jutra de la Cinémathèque québécoise, en version originale anglaise, le sympathique mais exubérant long métrage The hat goes wild du réalisateur canadien et directeur artistique de l'Ifinitheatre du Mile End Guy Sprung. Bien que retardant toutes les projections de la journée, le problème technique, se raccordant tout à fait au genre, fût un pertinent clin d'œil à ce qui allait suivre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Anne-Marie PIETTE</p>
<p><strong>Éprouvant quelques problèmes techniques, c&rsquo;est avec plus d&rsquo;une heure de retard que fût présenté en première mondiale à la salle Claude Jutra de la <em>Cinémathèque québécoise</em>, en version originale anglaise, le sympathique mais exubérant long métrage <em>The hat goes wild</em> du réalisateur canadien et directeur artistique de l&rsquo;<em>Ifinitheatre</em> du <em>Mile End</em> Guy Sprung. Bien que retardant toutes les projections de la journée, le problème technique, se raccordant tout à fait au genre, fût un pertinent clin d&rsquo;œil à ce qui allait suivre.</strong></p>
<div class="mceTemp">
<dl id="attachment_9262" class="wp-caption alignright" style="width: 217px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.pieuvre.ca/2012/02/19/hat-goes-wild/hatgoeswild/" rel="attachment wp-att-9262"><img class="size-medium wp-image-9262" title="HatGoesWild" src="http://www.pieuvre.ca/v2/home/lapieuv/public_html/v2/wp-content/uploads/2012/02/HatGoesWild-207x300.jpg" alt="" width="207" height="300" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"></dd>
</dl>
</div>
<p>Filmé en caméra épaule et comportant volontairement : images qui «<em>freezent»</em>, pixellisations momentanées, et autres petits escamotages numériques; <em>The hat goes wild</em> se veut le projet vidéo amateur de graduation en beaux arts de Suzanne, jeune <em>teenager</em>, sur le point de fêter ses 18 ans.</p>
<p>En route vers le Lac Bonne chance pour ce qui sera un week-end de camping célébrant leur fin de session, six amis, trois gars, trois filles, encouragés par la caméra de Suzanne -allumée «<em>non stop»</em> pendant tout le voyage- déconnent et nous démontrent dès l&rsquo;introduction toute leur insouciance, mélange d&rsquo;immaturité et d&rsquo;arrogance, mais surtout leurs personnalités propres. Bourlingué dans plusieurs plans, le chapeau de paille estival de Suzanne «<em>The hat</em>», fera figure de mascotte.</p>
<p>À la station service, Pierre et Mike se prennent aux cheveux, les coups volent; et, fous de rage, Pierre, le conducteur attitré de la voiture, reprendra la route en laissant son ex-ami derrière. Si au départ les filles se font du soucis pour Mike, dont Barb et Kathy qui en pincent pour lui, on finira vite par l&rsquo;oublier. «<em>Who cares</em>». lls ne seront plus que cinq dans la voiture, deux gars, pour trois filles&#8230;</p>
<p>Katy en pince pour Pierre, qui en pince aussi pour Katy, mais Barb en pince aussi pour Pierre, bref, il n&rsquo;y a que Suzanne et le jeune dont le nom nous échappe et que l&rsquo;on nommera le «sikh» en lien à sa religion et à sa longue chevelure sombre enturbannée, qui nous semblent, pour le moment, plus terres à terres.</p>
<p>Fumants des pétards, se baignant à poil, <em>frenchant</em> allègrement avec ou sans le prétexte de &laquo;&nbsp;vérité ou conséquence&nbsp;&raquo;, <em>sniffant</em> un peu de coke, mais surtout mêlés malgré eux à une intrigue policière et criminelle. Mike leur causera de nouveaux soucis, malgré son absence&#8230;</p>
<p>Virant au cauchemar et <em>gore</em> à souhait, <em>The hat goes wild</em> n&rsquo;est pas dépourvu de poésie; les images de Maarten Kroonenburg, efficaces, comme Katy marchand sur l&rsquo;eau telle Jésus Christ; voire parfois bucoliques, réussissant à nous rendre réel le point de vu d&rsquo;une présence lacustre, soupir rauque à l&rsquo;appui, tandis que les voix de nos charmants <em>djeunes adultes</em> nous parviennent comme un écho lointain.</p>
<p>Film à petit budget, la direction d&rsquo;acteurs pour la plupart non-professionnels est réussie, ceux-ci offrants une performance authentique proche du documentaire. Normand D&rsquo;Amour, quant à lui, interprétera un agent de la sûreté particulièrement <em>moron, </em>nous gratifiant de quelques bonnes répliques bien péquenaudes, comme «<em>y&rsquo;a une couche sa tête</em>» en faisant allusion au turban du jeune homme &laquo;&nbsp;sikh&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Bilingue, anglais, français, mais essentiellement anglophone; <em>The hat goes wild</em> est un film hybride. Le réalisateur, présent à la projection et invité à dire quelques mots avant le visionnement, changera d&rsquo;ailleurs de langue pour exprimer en français ce petit avertissement teinté d&rsquo;humour : <em>«C&rsquo;est les coutumes du Québec du point de vu des anglophones, ça peut faire grincer les francophones.»</em> En fait, tout cela restera assez inoffensif, et si le très bon <em>Laurentie</em> (de Mathieu Denis &amp; Simon Lavoie) sorti à l&rsquo;automne 2011 et également projeté dans le cadre des RVCQ, viendra contrebalancer une œuvre qui se considérera légèrement critique de l&rsquo;individu francophone et québécois, <em>The hat goes wild</em> ne va pas aussi loin dans le «malaise français-anglais»; il est plutôt une caricature soulignant avec affection tant les stéréotypes francophones de Québécois<em> frog </em>profonds que les stéréotypes anglophones de <em>blokes</em> sarcastiques, <em>speedés</em> et égocentriques.</p>
<p>Si le cumul des incidents &laquo;&nbsp;<em>trash</em>-loufoques&nbsp;&raquo; viendra qu&rsquo;à nous irriter, la cocasserie nous la fera mieux supporter. Au programme, un doigt tranché préservé dans une glacière, un <em>stash</em> de cocaïne, un <em>blow job</em> pour marchander du <em>«cash»</em>. Une jeune femme retrouvée morte, <em>«ostie est cute»</em>. Bref, un B- pour le projet de Suzanne. Voilà, <em>this is it</em>,<em> The hat goes wild</em>, le chapeau devient comme fou, le monde, sont plus sauvage que la nature&#8230;</p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=czUo8RF7tf0"><img src="http://img.youtube.com/vi/czUo8RF7tf0/2.jpg"></a></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=czUo8RF7tf0">Click here to view the video on YouTube</a>.</p>

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		<title>RVCQ &#8211; Sombres courts-métrages avec le programme Elle rôde</title>
		<link>http://www.pieuvre.ca/2012/02/18/rvcq-courts/</link>
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		<pubDate>Sat, 18 Feb 2012 17:49:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Marie Piette</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans la soirée de jeudi avait lieu presque simultanément les projections des programmes courts Elle rôde et Comédie! Après le visionnement de Jo pour Jonathan (Maxime Giroux), il était tout naturel d'opter pour le premier programme, histoire de rester dans cette atmosphère ouatée aux relents doucereux de la mort. Au total, cinq films de fiction comprenant l'adaptation d'un texte et d'une bande dessinée.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Anne-Marie PIETTE</p>
<p><strong>Dans la soirée de jeudi avait lieu presque simultanément les projections des programmes courts <em>Elle rôde</em> et <em>Comédie!</em> Après le visionnement de <em>Jo pour Jonathan</em> (Maxime Giroux), il était tout naturel d&rsquo;opter pour le premier programme, histoire de rester dans cette atmosphère ouatée aux relents doucereux de la mort. Au total, cinq films de fiction comprenant l&rsquo;adaptation d&rsquo;un texte et d&rsquo;une bande dessinée.</strong></p>
<div class="mceTemp">
<dl id="attachment_9202" class="wp-caption alignright" style="width: 310px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.pieuvre.ca/2012/02/18/rvcq-courts/350x350debut-rvcq/" rel="attachment wp-att-9202"><img class="size-medium wp-image-9202" title="350X350debut-rvcq" src="http://www.pieuvre.ca/v2/home/lapieuv/public_html/v2/wp-content/uploads/2012/02/350X350debut-rvcq-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"></dd>
</dl>
</div>
<p>L&rsquo;ambiance déjà promettait une soirée de mort. Un public restreint et impassible, des applaudissements qui tardaient trop souvent à venir, voir même absents dans un cas précis que l&rsquo;on ne nommera pas par altruisme. Peut-être aussi un manque d&rsquo;implication du public puisque les œuvres les plus intéressantes se perdaient dans le souvenir plus banal du court métrage précédant ou du suivant? Si tous avaient un bon fond, le dosage inégal faisait penser tantôt à un plat trop salé tantôt à l&rsquo;absence de beurre pour accompagner son pain.</p>
<p><em>L&rsquo;être et le néant</em>, troisième court de Lucie Pagé, après <em>My original Sin</em> en 2004 et <em>Mordu</em> en 2007, relate la vie d&rsquo;un homme se voyant peu à peu désincarné de son propre corps, de sa propre existence, comme aspiré hors de cette vie. Constatant avec force angoisse que ses collègues de travail aux complets <em>Moores</em> et accents anglais agaçants ne le voient plus, que même sa propre femme semble ignorer sa présence, Alain Simard cherche des preuves concrètes de sa «corporisation».</p>
<p>Comme outil de mesure, l&rsquo;usage compulsif de la photocopieuse. Sans grand charme à l&rsquo;écran, on l&rsquo;observe photocopier ses mains, son petit change de fonds de poches, (pour témoigner du vrai de son dernier passage à la machine à café). Tout y passera ou presque, allant même jusqu&rsquo;à pousser l&rsquo;audace de mettre une grosse <em>piasse</em> sur le dos de sa main pour bien évaluer qu&rsquo;avec la gravité, cette dernière ne passe pas au travers de sa chair mais qu&rsquo;elle est bien docile sur son bout de peau&#8230;</p>
<p>Si quelques plans sont bien réussis et procurent un certain plaisir &#8211; Alain marchant dans la rue se faisant heurter au passage par des inconnus lui traversant le corps allègrement comme le tunnel sous la manche, évanescent tel un fantôme, cela n&rsquo;est pas sans rappeler les fantômes de <em>Poudlard</em> dans <em>Harry Potter</em>&#8230; Une fois cette joie nostalgique passée, les images blafardes au fini peu soigné, les plans assez banals, la voix off et le jeux un peu faible de Christopher Jackson nous excuse, public, de la médiocrité des sentiments soulevés à la vue de ce film.</p>
<p>Le second court, <em>Bonheur à tous</em>, du professeur et documentariste Loïc Guyot, s&rsquo;installe de belle façon avec son panoramique bleuté révélant une petite cabane au bord du St-Laurent. Inspiré d&rsquo;un texte qu&rsquo;avait écrit Foglia pour un ami mourant, deux histoires s&rsquo;entrecroisent et nous semblent fusionner.</p>
<p>Pascale Montpetit, juste, profonde, fera la narration de cette chronique à son mari mourant où chaque mot, chaque silence lui semble adressé. Les magnifiques images de Jonathan Decoste, nantie de l&rsquo;intention à la fois rêche et douce des mots de Pierre Foglia nous permettent de revisiter ce sujet maintes fois exploité, l&rsquo;attente de la mort, le deuil de la vie, l&rsquo;acceptation de la maladie.</p>
<p>Loin des <em>Invasions Barbares</em>, ici on ne mourra pas dans la dignité et dans le confort marchandé, on mourra dans un simple lit d&rsquo;hôpital  aux« mûrs jaune pipi», avec pour seuls alliés nos proches, dont l&rsquo;ami avec lequel on a toujours composé, celui qui nous aime, et qui nous le dit, une fois. Cette seule fois. «Je t&rsquo;aime»&#8230; «Gros con», «Parce que quand même on est pas des moumounes»&#8230;<em></em></p>
<p><em>Lilly</em>, pour sa part, est adapté de la bande dessinée <em>Heartbreak Sunny SideUp</em> de Brian Azzarello et d&rsquo;Eduardo Risso. Un générique un peu vulgaire, rouge et noir, donne le ton. Vulgarité qui sera par moments délicieuse (Élise Guilbault, juste, sexy et rassurante).</p>
<p><em>Une mère de «famille» qui a pu de famille</em>, qui travaille la nuit dans un <em>dinner</em>, qui a encore une belle charpente, capable de faire bander les hommes, malgré sa cinquantaine, les éléments sont mis en place. Une chambre d&rsquo;enfant, de jeune fille? Vide&#8230; Oh, et la mère pensive sur le lit, elle replace le toutou, elle lisse le drap. Un mari amoureux ou cochon, ou les deux.</p>
<p>Mme Rochon semble comme bien d&rsquo;autres femmes tomber dans la manie compulsive de l&rsquo;ordre pour combattre ses névroses; on le découvre tant bien que mal jusqu&rsquo;à ce petit plan vivement agréable où, ouvrant le <em>fridge</em>, <em>Mam Rochon</em> remarque que la bouteille de jus de citron est basculée sur la tablette. D&rsquo;un petite geste vif, elle la replace, satisfaite, et referme la porte. Lilly se veut un imbroglio où règne la confusion quant à l&rsquo;absence de la petite, 14 ans à l&rsquo;époque, le «bébé» de Mme Rochon, dont elle est sans nouvelle depuis quatre ans, d&rsquo;où la névrose.</p>
<p>Lorsqu&rsquo;un inconnu se pointe au <em>dinner</em> pour manger sa pointe de tarte et s&rsquo;entretient avec la belle <em>waitress</em>, les coulisses sombres du mascara de Guilbault, témoignage sinueux du passage de moult larmes, ne suffisent pas à nous faire passer le jeux lourdaud de l&rsquo;autre acteur, le méchant. Son jeu, manquant grandement de virilité dans le contexte, ces propos réquisitoires et surtout l&rsquo;énormité de la situation fait mal aux oreilles. Mais nos yeux eut vont bien, tout le temps.</p>
<p>Olaf Svenson, le réalisateur, a certes du talent, le tout bien maîtrisé, bien filmé, les images de son frère Franz Svenson, tout est infiniment respectable. Cela-dit, on pensera peut-être à une erreur de casting, jouer le méchant, le fourbe, le traite, n&rsquo;est pas chose facile; un<em> bad</em>, c&rsquo;est un <em>bad</em> et ici particulièrement, le choix de l&rsquo;acteur et son approche dramatique auront contribué à cette perte de crédibilité et à ce sentiment d&rsquo;assister au faux décollage d&rsquo;un genre d&rsquo;A380&#8230;</p>
<p>Tandis que tous les scénarios d&rsquo;horreurs sont évoqués concernant la jeune fille, l&rsquo;on aurait presque envie de rire. Quelle était l&rsquo;intention du réalisateur? Devait-on normalement embarquer dans le scénario? N&rsquo;est-ce pas si incommensurablement <em>too much</em> que ça ne devient pas un pastiche quelque peu ridicule? L&rsquo;intention est aussi floue que la finale prévisible. La salle Claude-Jutra ayant eu chaud, toutes ces réflexions ce seront déroulées dans un mixte d&rsquo;odeurs de déodorant <em>Dove</em> opaque et de gomme ballounne, ce qui n&rsquo;aura pas aidé.</p>
<p><em>Mourir sans faire de bruit</em>, de Xavier Beauchesne-Rondeau, diplômé de l&rsquo;INIS, est de prime abord un curieux court de fiction mélange d&rsquo;hypocondrie et de préoccupation extrême sur la destinée.</p>
<p>Retraçant la mort accidentelle de trois connaissances, on croit découvrir chez la narratrice principale une femme à la fois angoissée, investie, aimante, et soucieuse de voir qu&rsquo;un(e) personne de son entourage, jeune et vive, qui sacrait encore allègrement quelques heures plus tôt puisse perdre la vie, subitement, et rejoindre une mort qui jusque là semblait destinée à bien plus tard. Peu à peu ses étranges et naïves confidences éloges d&rsquo;une mort jeune et rapide, sans souffrance, évitant la vieillesse, et la longue agonie, nous amènent à comprendre qu&rsquo;elle ne va pas si bien&#8230; Un court non pas dénué d&rsquo;intérêt, mais sans plus. Approche visuelle intime, dynamique, mais peu marquante.</p>
<p>C&rsquo;est finalement avec le pas si court <em>Haut-fond Prince</em> que s&rsquo;est terminée la projection. De part le sujet traité et la mise en forme, Martin Rodolphe Villeneuve, le réalisateur, aimera à jouer avec nos nerfs.</p>
<p>C&rsquo;est à Tadoussac, au pilier du Haut-fond Prince, phare érigé en 1964 afin d’aider à la navigation qui semble-t-il est particulièrement difficile au confluent du Saint-Laurent et du fjord du Saguenay, que se produisit en 1966 l&rsquo;une des plus terribles tempête à s&rsquo;être abattue sur le fleuve, elle aura fait vivre un cauchemar à trois gardiens du phare. Un homme, André Bertov, s&rsquo;inspirant des faits et lieux, décide d&rsquo;y entreprendre un périple solitaire d&rsquo;écriture. C&rsquo;est bien entendu sous lithium que ce sympathique personnage débarquera avec très peu de préparation&#8230;</p>
<p>En ce fameux lieu empli de souvenirs brutaux, notre homme se porte d&rsquo;abord comme un charme. Bien entendu, ce schizophrène maniéré aura pour les besoins de la cause peu de jugement, beaucoup de candeur et un certain côté gaffeur; l&rsquo;inévitable se produira donc sans grande surprise. Tour à tour le lithium qui fout le camp, s&rsquo;enfermer dehors, faire de l&rsquo;alpinisme de secours pour tenter de regagner ses quartiers en atteignant au péril de sa vie l&rsquo;étage inférieur. Son ballon Wilson se retrouvant à l&rsquo;eau dérivant au loin, le visage humain dessiné à même le mûr de la cuisinette, on ne peut ignorer ce rappel à <em>Cast Away</em> de Zemeckis. Et oui, ce type est seul au monde.</p>
<p>Certains beaux panoramiques du phare, de sa mer, avec nuages gonflés et lourds, nous font oublier tous les autres, plus banals, à la lumière crue et peu soignée. Dans l&rsquo;ensemble, d&rsquo;un point de vu strictement esthétique, <em>Haut-fond Prince</em> déçoit visuellement, considérant le potentiel du lieu, sa grande beauté et la pureté qui l&rsquo;entoure de toute part. Le phare délabré exprimait à lui seul l&rsquo;abandon, la négligence, le lâché prise, si l&rsquo;objectif était de réduire la vocation de l&rsquo;image à sa seule utilité narrative, tel un carnet de voyage, des images plus travaillées auraient contribué à achever l&rsquo;atmosphère. La résultante donne plutôt l&rsquo;impression d&rsquo;un manque de recherche visuelle.</p>
<p>Un schizophrène sans médication et laissé à lui même dans un lieu isolé nous laisse prévoir une montée de la folie. Dans le cas de <em>Haut-fond Prince</em>, cette montée de la folie n&rsquo;est pas tant mise de l&rsquo;avant que la peur de cette folie latente, lorsque, par exemple, Bertov tâtonne la tuyauterie du pilier dans le but puéril d&rsquo;y retrouver le pot de cachets dans lequel il l&rsquo;aura perdu par inadvertance. Fort heureusement, ce beau jeune homme à l&rsquo;allure flegmatique, incarné à l&rsquo;écran par Sasha Samar, se retrouvera nu à l&rsquo;écran, mais tout ne baignera pas pour lui.</p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=1tMmgMUF3Fg"><img src="http://img.youtube.com/vi/1tMmgMUF3Fg/2.jpg"></a></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=1tMmgMUF3Fg">Click here to view the video on YouTube</a>.</p>

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		<title>RVCQ &#8211; Objet cinématographique non-identifiable</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Feb 2012 17:18:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Marie Piette</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C'est dans l'enceinte de l'Impérial qu'avait lieu mercredi la soirée d'ouverture des Rendez-vous du cinéma québécois. Après une introduction très réussie de la part d'Emmanuel Bilodeau, porte-parole de la 30e édition, faisant une fois de plus rigoler l'assistance, le film Bestiaire de Denis Côté fût présenté devant salle comble.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Anne-Marie PIETTE</p>
<p><strong>C&rsquo;est dans l&rsquo;enceinte de l&rsquo;Impérial qu&rsquo;avait lieu mercredi la soirée d&rsquo;ouverture des Rendez-vous du cinéma québécois. Après une introduction très réussie de la part d&rsquo;Emmanuel Bilodeau, porte-parole de la 30e édition, faisant une fois de plus rigoler l&rsquo;assistance, le film <em>Bestiaire</em> de Denis Côté fût présenté devant salle comble.</strong><br />
<em></em></p>
<div class="mceTemp">
<dl id="attachment_9121" class="wp-caption alignright" style="width: 310px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.pieuvre.ca/2012/02/16/rvcq-bestiaire/bestiaire/" rel="attachment wp-att-9121"><img class="size-medium wp-image-9121" title="Bestiaire" src="http://www.pieuvre.ca/v2/home/lapieuv/public_html/v2/wp-content/uploads/2012/02/Bestiaire-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"></dd>
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<p>Les premières images nous amènent dans un huis clos d&rsquo;étudiants en arts, en pleine session d&rsquo;illustrations d&rsquo;après modèle, l&rsquo;on découvre progressivement la présence d&rsquo;un animal; sorte de biche&#8230; mais empaillée. Une suite de plans fixes nous font peu à peu découvrir le quotidien des animaux et des employés du <em>parc Safari</em> d&rsquo;Hemmingford, le vrai. Bisons, buffles, daims, lions, éléphants, hippopotames, girafes, zèbres, singes, antilopes, autruches, <em>name it</em>; tous bestiaux confondus sont scrutés, longuement, doucement, dans des cadrages souvent inusités; forts encore de cet esthétisme propre à Denis Côté, où chaque plan se rapporte infiniment à une photographie, une image presque statique, arrêtée.</p>
<p>Contemplatif? Tout à fait, mais pas seulement. Si les premières minutes peuvent sembler longues pour certains, d&rsquo;autres auront vite fait de se laisser emporter et apprécierons bientôt une montée en tension. Les plans se raccourcissent presque, la bande son, très intéressante, emplie du pas des bêtes, du bruit sourd et étourdissant de leur entêtement à vouloir quitter une cage ou un enclos pendant la saison froide, fracassants de ce fait, la chaîne, les mûrs, la porte, de tout leurs poids, ne rêvant que de grands étendus? Que de verts pâturages? C&rsquo;est une contemplation, oui, mais suggérant discrètement tel ou tel type de réflexion; sans être vraiment moralisateur, <em>Bestiaire</em> n&rsquo;est pas qu&rsquo;une suite de belles images.</p>
<p>Chemin faisant, nous croisons &laquo;&nbsp;Johnny&nbsp;&raquo; et son acolyte, deux taxidermistes chevronnés. Tandis que deux bombes sexuelles en maillots de bains nous font de l&rsquo;œil sur l&rsquo;un des mûrs de l&rsquo;atelier, de dépouillement en dépouillement, on assiste à tout: tannage, dépiautage, montage; il est amusant de voir ces hommes à l&rsquo;œuvre, de comprendre la technique et de faire le lien entre cette bête empaillée, nos amis les animaux, et cette classe de dessin, en ouverture. Une boucle qui aurait pût être facile, fût cette fois mise à l&rsquo;écart, car l&rsquo;hiver terminé le <em>parc Safari</em> prends vie, avec la belle saison.</p>
<p>Touristes et animaux se mêlent dans une cohue hystérique, certaines bêtes plus affables que d&rsquo;autres en profitent abondamment, mais certains, comme le lion, se vautrent dans une baie vitrée; sous le chaud soleil, et n&rsquo;ont rien à cirer des visiteurs. Un autre beau plan est celui d&rsquo;une jeune femme mascotte qui se prépare pour le travail, prête à se métamorphoser en <em>Filouminous</em>. Les employés du parc sont scrutés de la même façon directe que les animaux, ils font aussi parti du décors, un décors qui se passe de mots.</p>
<p>À cet effet, <em>Bestiaire</em> est un portrait, simplement, portrait frasque et poétique. Présenté comme étant un «long métrage de fiction», <em>Bestiaire</em> se rapproche beaucoup du documentaire. Sans réel discours narratif, il n&rsquo;empêche que tout ce que l&rsquo;on apprend par simple observations est suffisant pour résumer le sujet. Des bêtes dans un parc, des hommes qui s&rsquo;occupent de bêtes dans un parc, ces bêtes qui sont leur gagne-pain, ces bêtes qui dépendent de la pomme glissée dans l&rsquo;ouverture du grillage.</p>
<p>Ou encore, vie et mort de l&rsquo;animal domestiqué, entretenu, ayant perdu sa nature sauvage; vie et mort de l&rsquo;homme-mascotte de la femme véto, du taxidermiste au thanatologue, c&rsquo;est selon. Le cinéaste nous a laissé juste assez de marge pour se faire sa propre interprétation. Cela dit, nous retrouvons au générique le coup de crayon distinctif des étudiants en arts, un étudiant en art qui dessine son anatomie bestiaire&#8230; La boucle est bouclée.</p>
<p>Ces animaux, inspirants la sympathie, l&rsquo;amusement voir la compassion; sont chacun présentés à un moment ou à un autre en «front face», le buffle surtout est admirable, avec l&rsquo;air de se demander ce qu&rsquo;il fou là, et nous de nous demander ce qu&rsquo;on cherche là aussi, pendant ce visionnement; eux comme nous expérimentons la patience, car pour ce film, l&rsquo;on doit accepter de laisser les choses s&rsquo;installer tranquillement; mais la beauté et l&rsquo;inclinaison inusitée de <em>Bestiaire</em> font de ce film de fiction? Documentaire? Une expérience cinématographique différente et charmante. Comme le disait Emmanuel Bilodeau en fin de projection, Bestiaire est un <em>«objet cinématographique non identifiable»</em>&#8230;</p>
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<p>&nbsp;</p>
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