Une première mondiale à l’Impérial lundi dernier, sous le couvert de l’embargo. Présenté ce soir dans la catégorie Un certain regard à Cannes, et prenant également l’affiche dès aujourd’hui dans les salles de cinéma du Québec, si Xavier Dolan semblait connaître le titre de son film Laurence Anyways avant même de l’avoir entièrement écrit, c’est probablement qu’il avait trouvé ce timbre particulier qu’il souhaitait donner à tout le reste: à savoir de la gueule, de la verve, du punch, du rythme, et un certain mystère, émanant d’une rumeur, longuement attendue. De cette montée modelée du désir public naît parfois des attentes grandioses, pour une finale intimiste, créative, et audacieuse, aux intentions toutefois quelque peu surexcitées, cherchant souvent ses marques dans l’abondance, et rabattant parfois à l’arrière plan les dimensions plus subtiles et pleinement senties, pourtant fort intéressantes.