U.C.C. Dolores – Tome 2: escale sur la planète sauvage

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Didier Tarquin, le dessinateur de Lantfeust de Troy (le plus gros succès de la fantasy française), continue son western intergalactique de belle façon avec Les Orphelins de Fort Messaoud, le deuxième tome de sa série U.C.C. Dolores.

Le jour de ses dix-huit ans, Mony, une orpheline élevée dans un couvent, a reçu en héritage un vaisseau de guerre, le U.C.C. Dolores, d’un père qu’elle n’a jamais connu. Après avoir embauché Kash, une brute au bon cœur lui servant à la fois de pilote et de garde du corps, la jeune femme a quitté son existence cloîtrée sur Néo-Gaya afin de propager les saintes Écritures des Nouveaux Pionniers à travers le cosmos, mais suite à une attaque-surprise de corsaires de l’espace, le duo s’est échoué sur Tenerif, une colonie minière située dans un coin reculé de la galaxie. Pendant que Kash tente de trouver un cristal de propulsion pour réparer le vaisseau et reprendre le voyage, Mony en viendra à questionner sa foi, et sa mission évangélique, en découvrant le sort réservé aux Rasseths, une race de tigres humanoïdes habitant cette planète et maintenue en esclavage par les prêtres de son ordre religieux.

La couverture de l’album

La bande dessinée U.C.C. Dolores offre un mélange très intéressant de science-fiction et de Far Ouest, et un monde influencé autant par Le Cinquième Élément que par le western Two Mules for Sister Sara, dont les personnages joués par Shirley MacLaine et Clint Eastwood semblent avoir servi de modèles à Mony et Kash. Contrairement au premier album (lire notre critique ici), qui se contentait d’introduire les protagonistes et de mettre la table pour la suite, la série atteint sa vitesse de croisière avec ce second tome, intitulé Les Orphelins de Fort Messaoud, et non seulement l’intrigue aborde des thèmes forts, comme le colonialisme ou les abus de la religion, mais l’action y est beaucoup mieux rythmée, et on a l’impression que Didier Tarquin s’amuse un peu plus avec l’univers qu’il a créé.

Une page de l’album

En dépit de son vaisseau spatial qui, avec sa forme de boîtier externe de disque dur, doit être le moins aérodynamique de toute l’Histoire, Didier Tarquin met à profit ses décennies d’expérience pour dessiner de la science-fiction à grand déploiement, et des panoramas extraterrestres qui coûteraient assurément des millions de dollars au cinéma. Il a aussi trouvé un excellent truc pour que le lecteur s’attarde à ses illustrations, en truffant ses cases de références subtiles à la culture populaire. Lorsqu’un robot constitué de pièces recyclées explose par exemple, on distingue sur les morceaux épars le nom de leurs anciens propriétaires, Wall-E, R2-D2 et Optimus Prime. Il vaut donc la peine de scruter soigneusement chaque illustration pour ne rien manquer des clins d’œil visuels rigolos parsemant l’album.

Si le premier album mettait l’eau à la bouche, le deuxième tome de U.C.C. Dolores laisse entrevoir tout le potentiel de cette nouvelle série, qui pourrait bien connaître encore plus de succès que Lantfeust de Troy si elle continue sur cette lancée.

U.C.C. Dolores – Tome 2 : Les Orphelins de Fort Messaoud, de Didier et Lyse Tarquin. Publié aux éditions Glénat, 48 pages.


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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