71 ans plus tard, l’OTAN tient bon

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Vivement critiquée par le président américain Donald Trump depuis l’arrivée de ce dernier au pouvoir, en 2016, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) continue malgré tout de jouir d’une bonne réputation chez les populations des États membres de cette alliance militaire. Cet appui est particulièrement marqué, entre autres, dans les anciens pays du Pacte de Varsovie, l’ancien ennemi soviétique du temps de la guerre froide.

Selon un coup de sonde réalisée par le Pew Research Center, l’OTAN est considérée de façon positive par une moyenne de 53% des habitants des 16 pays membres, comparativement à 27% des gens disant avoir une opinion négative de l’alliance. Ces taux varient cependant largement en fonction des pays, notamment en ce qui concerne le célèbre Article 5, qui indique notamment que toute attaque contre un membre de l’OTAN est une attaque contre tous ses membres. Dans le contexte de la guerre froide, cela signifiait qu’une tentative d’invasion soviétique, ou une attaque nucléaire préventive entraînerait une riposte totale de l’ensemble des forces alliées.

Les avis positifs à propos de l’OTAN vont de 82%, en Pologne, à 21% en Turquie, alors que les États-Unis et l’Allemagne sont dans la moyenne, avec respectivement 52 et 57% d’opinions favorables. Et chez les trois États non membres où des résidents ont participé à l’enquête, la Suède et l’Ukraine approuvent l’OTAN dans des proportions de 63 et 53%, tandis qu’en Russie, à peine 16% de la population est du même avis.

L’opinion des populations à propos de l’OTAN tend à varier fortement. Depuis une dizaine d’années, les avis positifs sont en hausse d’au moins 10 points de pourcentage en Ukraine, en Lituanie et en Pologne, alors qu’ils reculent d’environ la même proportion en Bulgarie, en Russie, en Allemagne et en France. On constate également des reculs plus légers en Espagne et en République tchèque, révèle encore l’enquête.

On constate également l’existence de fossés idéologiques: les citoyens plus à gauche ayant une opinion moins favorable de l’alliance que ceux se situant plus à droite sur l’échiquier politique.

Un Article 5 caduc?

Les opinions positives en faveur de l’OTAN ne cachent pas un malaise, voire une réticence à l’idée de défendre les autres pays membres en cas d’attaque. Interrogés à savoir s’il serait nécessaire de prendre les armes pour défendre un allié contre une offensive russe, la moitié des répondants, en moyenne, ont affirmé que leur pays ne devrait pas respecter l’Article 5, comparativement à 38% des répondants indiquant le contraire.

Les participants à l’enquête estiment cependant qu’il est plus probable que les États-Unis, la plus importante force militaire de l’alliance, utiliserait ses armées pour défendre un allié contre Moscou. Ainsi, 60% des répondants ont estimé que Washington respecterait ses obligations, comparativement à 29% des citoyens jugeant que cela ne serait pas le cas.

Il y a d’ailleurs davantage de répondants estimant que les États-Unis défendraient un allié attaqué, mais que leur propre pays ne devrait pas emboîter le pas.

Et si certains habitants de l’Europe de l’Ouest préfèrent une relation étroite avec les États-Unis, plusieurs autres habitants de pays membres estiment qu’il est tout aussi important d’entretenir de bons liens avec la Russie. Bien peu de répondants croient cependant qu’il est plus important de plaire à Moscou qu’à Washington.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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