The Good Liar: a beau mentir qui vient de loin

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Disponible cette semaine en 4K, Blu-ray et DVD, The Good Liar du réalisateur Bill Condon réunit pour la toute première fois Helen Mirren et Ian McKellen, deux monuments britanniques de la scène et de l’écran, dans un même film.

Ayant fait connaissance par le biais d’un site de rencontres sur Internet, Betty McLeish et Roy Courtnay, deux Londoniens du troisième âge, se découvrent des atomes crochus dès leur premier rendez-vous. Le mari de Betty, une ancienne enseignante d’Oxford, est décédé depuis maintenant un an et la dame, qui semble plutôt à l’aise financièrement, cherche de la compagnie pour briser son isolement, mais sous ses airs de grand-père respectable, Roy est en fait un arnaqueur professionnel et expérimenté, qui s’adonne à des mises en scène élaborées afin de voler des sommes considérables à ses nombreuses victimes. Évidemment, les gens malhonnêtes rêvent eux aussi d’amour, mais l’escroc cherche-t-il vraiment l’âme sœur, ou juste un autre pigeon à dépouiller de sa fortune?

La pochette du boîtier

Basé sur le roman à succès du même nom de Nicholas Searle, The Good Liar est un suspense classique où, à l’image d’un puzzle, les pièces ne dévoilent le portrait d’ensemble que petit à petit. En partant, le film met cartes sur table en présentant le personnage de Roy Courtnay comme un fieffé menteur et un fraudeur patenté, et puisque l’on sait que les apparences sont trompeuses dans ce genre d’intrigue, on se doute bien que le scénario nous réserve un revirement de situation, mais il n’est heureusement pas évident de le voir venir. Il est plaisant de voir deux personnages principaux d’un certain âge dans un long-métrage, mais c’est à peu près la seule touche originale que le réalisateur apporte à ce jeu du chat et de la souris.

Bien qu’ils soient amis depuis des années et qu’ils aient déjà joué au théâtre ensemble, Helen Mirren et Ian McKellen n’ont jamais collaboré sur un même film avant The Good Liar, et la rencontre de ces deux titans ne déçoit pas. McKellen utilise son charme habituel pour donner vie à Roy Courtnay, mais étant donné la double nature de son personnage, Helen Mirren est plus nuancée, et laisse transparaître à l’occasion des éclairs de dureté à travers son masque de distinction et d’affabilité. Bien que ce duo d’acteurs laisse très peu de place aux autres performances, la distribution compte également Russell Tovey (Being Human) et Jim Carter, dans un rôle bien différent de son Carson, l’obséquieux majordome de Downton Abbey.

Image tirée du film

S’ouvrant sur un générique tapé à la machine à écrire, comme dans un vieux film noir, la réalisation de The Good Liar est adéquate, quoiqu’assez convenue. Tourné en grande partie à Londres, le long-métrage explore au moins des endroits moins connus de la capitale britannique, et grâce à la magie des écrans verts, le cinéaste recrée le Berlin de 1948, avec ses rues encore jonchées par les débris de la guerre, dans un réalisme approchant les images d’archives. On apprécie également la petite touche d’humour noir qui traverse la production: sortant du visionnement de Inglourious Basterds, Roy Courtney s’exclamera par exemple qu’il est « pas mal certain qu’Hitler n’a pas été tué de cette façon ».

Contenant un disque Blu-ray et un code pour télécharger une copie numérique, l’édition haute définition de The Good Liar compte également une dizaine de scènes retirées du montage final, ainsi que A Perfect Match: Inside The Good Liar, un document d’une quinzaine de minutes présentant des entrevues avec l’auteur Nicholas Searle et le réalisateur Bill Condon, et où les comédiens principaux du film parlent davantage de l’intrigue, et des personnages qu’ils interprètent.

Avec son jeu du chat et de la souris qui ne sort malheureusement pas beaucoup des sentiers battus, The Good Liar est un suspense correct, qu’on regarde surtout pour la rencontre entre Helen Mirren et Ian McKellen.

6.5/10

The Good Liar

Réalisation : Bill Condon

Scénario : Jeffrey Hatcher (d’après le roman de Nicholas Searle)

Avec : Helen Mirren, Ian McKellen, Russel Tovey, Jim Carter, Mark Lewis Jones, Laurie Davidson et Phil Dunster

Durée : 109 minutes

Format : Blu-ray (+ copie numérique)

Langue : Anglais, français, espagnol et portugais


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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