Géniale Marie Chouinard, dans le cadre de Danse Danse

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Vingt-cinq brèves séquences dansées, exécutées majestueusement et aux chorégraphies superbes, intelligentes, émouvantes, sans faire l’économie d’une pointe d’humour… C’est ce qu’offre Danse Danse pour trois soirs seulement avec le ballet Radicale Vitalité, solos et duos de la compagnie Marie Chouinard. Un spectacle qu’il ne faut surtout pas manquer.

Le spectacle débute d’ailleurs avant même que le public s’installe dans les fauteuils de la salle. Sur deux emplacements extérieurs se déroule ainsi une première séquence intitulée In Museum. Sur une minuscule scène, un danseur ou une danseuse, accueille un vœu intime chuchoté à son oreille par un spectateur qui le désire. À la suite de cette confidence que les autres n’entendent pas, l’artiste improvise une danse silencieuse.

Les trois que j’ai eu le bonheur de voir, exécutées par la danseuse, étaient superbes et remplies d’émotion, à quoi s’ajoutait le rayonnement apparent sur le visage du spectateur initiateur de cette performance imaginée pour lui.

Mais la suite du spectacle ne m’a sûrement pas déçu. Pendant une heure trente de temps, douze danseurs d’exceptions se dédient à un recueil chorégraphique extraordinairement inventif de Marie Chouinard. D’une durée comprise entre 1 et 10 minutes, chacune d’entre-elles nous fait entrer dans un univers de formes et de couleurs, de musique et de lumière d’une qualité exceptionnelle. Tout est réussi, les danses et la performance des exécutants bien sûr, mais aussi les thèmes, les costumes, les sons ou la musique, les éclairages, la magie en somme.

J’ai adoré Attaque d’amour, où une jeune danseuse vêtue comme un tendre clown coloré manifeste son amour éperdu à une sorte d’homme objet. Encore davantage Lascia Ch’io Pianga où un couple composé d’un homme plus petit que sa partenaire montée sur des pointes s’adonne à une danse d’amour incroyablement belle, mais aussi tous ces duos où les artistes exécutent une danse d’amour intense sans même avoir à se toucher.

La salle conservait un silence religieux durant ces courts ballets tous plus beaux et intéressants les uns que les autres. Ils se sont terminés par un final extraordinaire qui réunissait l’ensemble des douze artistes et qui a ébloui autant que réjoui l’ensemble de la salle.

Radicale Vitalité, solos et duos, du 30 janvier au 1er février au théâtre Maisonneuve à Montréal

Informations : https://www.dansedanse.ca/fr/compagnie-marie-chouinard-radical-vitality-solos-et-duos


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À propos du journaliste

Sophie Jama

Anthropologue, écrivaine, journaliste

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