Survivre à la fantasy de Citadel: Forged with Fire

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Si, en déambulant dans la forêt enchantée d’un jeu de rôle, vous avez déjà pensé « Je me construirais bien une maison ici », alors, Citadel: Forged with Fire est définitivement le titre pour vous.

S’inscrivant dans la mode des mondes ouverts axés sur la survie, Citadel: Forged with Fire est un autre de ces titres dépourvus de toute forme d’histoire ou de trame narrative. Tandis que des expériences similaires, comme DayZ ou Generation Zero, fournissent au moins une prémisse à leur bac-à-sable (une épidémie de zombies, une invasion de robots, etc.), ici, le joueur est lancé au sein d’un monde de fantasy typique sans raison ou explication, et le but consiste simplement à rester vivant et à prospérer au cœur de cette forêt peuplée de mille dangers. Avec une emphase sur la récolte de ressources, la fabrication et la construction, le jeu du studio torontois derrière Slender: The Arrival évoque une sorte de croisement entre Minecraft et un Elder Scrolls Online qui serait dénué de campagne.

Il y a bien des quêtes dans Citadel: Forged with Fire. Les toutes premières font office de tutoriel, enseignant aux joueurs les mécaniques de base, mais en plus d’être assez sommaires et de ne pas couvrir les fonctions plus avancées du jeu, elles ne sont pas toujours très explicites. L’une des premières missions demande par exemple qu’on « récolte de l’essence de nature », sans préciser où ça se trouve, ni quelle forme ça peut prendre. Les autres quêtes proposées par le titre sont en fait des missions quotidiennes générées aléatoirement, qui demandent de tuer un certain nombre de loups ou de sangliers ou d’amasser une certaine quantité de matériaux, comme du tissu ou du bois. Rien de bien édifiant, ni de palpitant.

Image tirée du jeu

On commence Citadel: Forged with Fire muni d’un simple pagne et d’une hache, qu’il faut fabriquer en combinant une branche et une pierre. Notre avatar n’est donc pas très puissant au début, et un vulgaire sanglier peut nous tuer, ce qui est peu glorieux et assez frustrant, d’autant plus que, hormis les vêtements que l’on porte et les armes équipées, on perd la totalité de son inventaire à chaque fois que l’on meurt. Heureusement, notre personnage monte de niveau au fur de l’expérience accumulée, ce qui laisse améliorer ses points de vie ou de magie, la puissance de ses attaques, ou la capacité de son inventaire. On obtient également des points de connaissance, qui permettent d’apprendre de nouvelles recettes et de nouveaux plans.

La majeure partie de notre temps dans Citadel: Forged with Fire est consacrée à la récolte de ressources. On cueille des plantes afin de fabriquer du tissu, des peaux de bêtes pour le cuir, du bois, des pierres, de la viande, et diverses baies comestibles. Comme les armes subissent l’usure et finissent par se détruire avec le temps, on doit s’assurer d’avoir toujours sous la main les matières premières nécessaires pour s’en créer de nouvelles. Les objets plus évolués exigent davantage d’installations. On doit par exemple construire une forge si l’on souhaite des armes en métal, ou une table de tisserand pour des vêtements offrant un peu plus de protection. En plus des dizaines de plats, de vêtements et d’armes, le jeu permet également de construire des maisons complètes, du plancher au toit en passant par les fenêtres et les escaliers.

Image tirée du jeu

La carte de Citadel: Forged with Fire est vaste, et contient plusieurs régions, séparées par niveaux. En dehors de l’exploration du territoire et de la récolte de matières premières, il faut régulièrement défendre sa peau en se promenant dans les bois. On est évidemment confronté à la faune habituelle d’une forêt (loups, sangliers, ours, etc.), mais aussi à des créatures issues de la fantasy, comme des orcs, des squelettes, ou même des dragons. Ne comptant ni mécanique de blocage ou d’esquive, le combat s’avère rigide, et manque de fluidité. Il faut attendre quelques secondes entre chaque coup asséné, ce qui est assez peu viscéral ou satisfaisant.

Citadel: Forged With Fire propose la même expérience en solo ou en ligne. Il est possible de collaborer, et même de mettre nos ressources en commun, avec d’autres joueurs afin de construire des maisons plus ambitieuses ou des villages, mais la plupart du temps, les gens qu’on croise nous attaquent afin de piller nos ressources, ce qui ajoute un niveau de difficulté supplémentaire. Il est dommage que le progrès de notre personnage solo ne se transfère pas lorsqu’on joue en ligne. Pire, il faut créer un avatar à partir de zéro chaque fois que l’on change de serveur. Il est donc préférable de prendre en note celui sur lequel on débute notre partie.

Image tirée du jeu

Roulant sous le moteur de rendu Unreal 4 et pouvant s’afficher dans une résolution 4K, les graphiques de Citadel: Forged With Fire sont plutôt jolis pour un titre indépendant, et rappellent même ceux d’un Elder Scrolls Online, sans toutefois offrir la même variété au niveau des environnements. Présenté initialement dans une vue subjective, il suffit d’appuyer une touche pour basculer à la troisième personne. Le curseur est un peu trop sensible, et il est ardu de placer un marqueur sur la carte. Les développeurs ont aussi eu la mauvaise idée d’assigner le même bouton (X) pour ramasser un objet ou changer d’arme, ce qui crée une certaine frustration.

Les amateurs de jeux narratifs risquent de trouver le temps long avec Citadel: Forged with Fire, mais si vous appréciez les bacs-à-sable qui vous laissent créer votre propre histoire, ce croisement entre Minecraft et un RPG devrait vous tenir occupé durant de nombreuses heures.

6/10

Citadel: Forged with Fire

Développeur: Virtual Basement

Éditeur: Blue Isle Studios

Plateformes: Playstation 4, Windows, Xbox One (testé sur Xbox One)


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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