Nous faisons trop confiance aux assistants numériques

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Attribuer des qualités similaires à celles des humains aux assistants virtuels pourrait pousser des gens à révéler davantage d’informations personnelles que prévu aux entreprises qui possèdent ces logiciels, selon une nouvelle étude.

Des chercheurs de l’Université de Waterloo, qui ont effectué les travaux de recherche, ont constaté que les utilisateurs avaient tendance à accroître leur tendance à partager des informations avec des agents numériques tels qu’Alexa, Google et Siri en raison de leur propension à leur assigner des personnalités et des caractéristiques physiques, qu’il s’agisse d’un âge précis, d’expressions faciales, ou encore de styles capillaires.

« Les gens anthropomorphisent ces agents conversationnels, ce qui pourrait les pousser à dévoiler davantage d’informations que prévu aux entreprises qui possèdent lesdits agents », soutient Edward Lank, professeur à la David R. Cheriton School of Computer Science de l’Université de Waterloo. « Ces agents sont des outils de cueillette d’informations que les entreprises utilisent pour nous vendre des produits. »

« Les utilisateurs doivent se demander s’ils créent des impressions de ces agents, plutôt que de les voir comme une simple technologie, et d’ensuite leur faire confiance en fonction de ces impressions. »

Dans le cadre de l’étude, les chercheurs ont demandé à 10 hommes et à 10 femmes d’interagir avec trois agents conversationnels: Alexa, l’assistant Google et Siri. Les scientifiques ont ensuite interviewé les 20 participants pour évaluer leur perception de la personnalité des agents, et l’image qu’ils leur accordent, avant de finalement leur demander de créer un avatar pour chaque agent.

Les résultats de l’étude ont révélé que Siri était généralement perçue comme étant fourbe et rusée, alors qu’Alexa était plutôt honnête et intéressée. Les participants ont largement décrit Alexa comme étant neutre et ordinaire, alors que la personnalité de Google, et surtout de Siri, était plutôt perçue comme étant mieux définie et plus prononcée.

Dans leur description des agents, les participants ont imaginé Alexa comme étant de taille moyenne, ou un peu plus petite, un peu plus vieille que les autres agents, et vêtue de vêtements ordinaires de couleur noire ou neutre. Sa chevelure était généralement décrite comme étant plus sombre, ondulée, et sans artifices.

Les participants avaient également tendance à percevoir Google comme étant de taille moyenne, ou un peu plus grand, et portant des vêtements confortables évoquant la culture technologique (coton ouaté, etc.), ou encore des vêtements professionnels. Google aurait également les cheveux plus pâles, qu’ils soient longs et droits, ou encore noués en un chignon ou une couette. L’assistant de Google était également spécifiquement associé à un professionnalisme plus important.

Siri, enfin, était décrite comme étant de taille moyenne, plus jeune que les autres agents, et portant rarement des lunettes. Elle serait aussi vêtue de vêtements branchés, ou encore porterait des vêtements prévus pour le bureau, qu’ils soient sombres ou particulièrement colorés. Les participants ont aussi décrit les cheveux de Siri comme étant courts ou longs et droits, blonds ou noirs.

« C’est une porte d’entrée pour comprendre comment les gens réfléchissent, et il existe malheureusement quantité de biais », a mentionné Anastasia Kuzminykh, une candidate au doctorat de la faculté de mathématiques de l’université. « La façon dont un agent est perçu a un effet sur son acceptation et la façon dont les gens interagissent avec lui; le niveau de confiance qu’on lui témoigne, et la façon dont les gens lui parlent. »


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Pieuvre.ca

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