The Mandalorian, ou quand Star Wars retrouve un peu ses lettres de noblesse

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Star Wars est mort, vive Star Wars! La célèbre franchise a beau avoir franchement pris du plomb dans l’aile, avec la pléthore de films plus ou moins médiocres ayant pollué les écrans, ces dernières années – et on ne dira rien sur l’horrible Rise of Skywalker –, Disney n’a pas dit son dernier mot. Voilà donc The Mandalorian, l’un des produits phares de son nouveau service de diffusion en ligne.

Après la course folle des derniers films, pourquoi ne pas revenir à l’essentiel de l’oeuvre? Après tout, Star Wars est une série tournant autour de l’aventure, avec un bon fond de cinéma western, sans oublier les influences SF venant d’aussi loin que Flash Gordon, dans les années 1930. On nous offre donc un bon vieux western avec une bonne dose de science-fiction.

Sur une planète perdue en bordure de la galaxie, un chasseur de prime portant l’armure des Mandaloriens, de féroces guerriers claniques autrefois conquérants, mais aujourd’hui quasiment exterminés par l’Empire, accomplit de petits boulots au sein de la Guilde des chasseurs de primes. L’Empire n’est plus depuis cinq ans, certes (ce qui situe l’action entre Le Retour du Jedi et Le Réveil de la Force), mais la galaxie est encore fragile, et la Nouvelle République a fort à faire. Quoi qu’il en soit, notre Mandalorien, baptisé Mando, reçoit l’ordre, de la part d’un ex-dirigeant impérial, de récupérer une cargaison qui s’avère être un petit bonhomme vert appartenant à la même espèce que Yoda. Mieux encore, la créature en question sait (relativement maladroitement) manipuler la Force, ce qui en fait une cible constante.

Séduit par la bouille sympathique de ce qui a rapidement été surnommé « bébé Yoda » et a pris le web d’assaut, Mando tentera de protéger son nouvel ami/fils adoptif à travers une série d’aventures qui culmineront en à peine huit épisodes d’une trentaine de minutes chacun.

La saison est courte, certes, mais la proposition, encore une fois à mille lieues du maelstrom d’action incompréhensible de la dernière trilogie, a certainement le mérite d’éviter les détours inutiles. Les effets spéciaux sont parfaitement réussis, les personnages sont attachants, y compris le Mandalorien, joué par un Pedro Pascal qui ne retire jamais son casque, et la musique est bonne. Que demander de plus?

Malheureusement, si l’on pourrait tout à fait se contenter d’un peu d’action chaque semaine et d’armes laser qui font pew pew, cette première saison de The Mandalorian tarde franchement à nous offrir quelque chose de vraiment substantiel à se mettre sous la dent. Les deux premiers épisodes sont bien rythmés, et plairont entre autres aux amateurs de Cowboy Bebop, mais les cinq suivants n’offrent pas de scénario suffisamment structuré et étoffé pour nous plaire. Aller du point A au point B pour accomplir une mission ou tuer un personnage sans importance a son charme, mais pas cinq semaines d’affilée.

On n’exigeait bien entendu pas quelque chose d’aussi alambiqué que le scénario de l’Épisode IX, ou d’aussi tordu que Twin Peaks, mais la chimie n’est pas tout à fait là, et lorsque le générique de fin du huitième et dernier épisode de la saison défile, on se dit qu’on écoutera la suite, oui, mais que l’on espère franchement que les choses vont s’améliorer. Après tout, être qualifié de « moins pire » n’est pas particulièrement glorieux, même s’il s’agit de Star Wars.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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