La lumière au bout du tunnel avec Star Wars : Episode IX – The Rise of Skywalker

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Il n’y a pas beaucoup de séries cinématographiques qui peuvent se vanter d’avoir passé l’épreuve du temps avec autant de panache que Star Wars, et sa horde de fans enragés. Voilà alors que 42 ans plus tard, on en arrive enfin à ce qui pourrait bien être l’ultime conclusion (aucun sarcasme, s’il vous plaît) de cette saga intergalactique. En optant pour la sécurité, voilà un épisode qui amuse aisément en s’assurant de remplir son mandat sans jamais vraiment le transcender. Sans trop de déceptions, disons que c’est déjà cela de gagné!

Quiconque a suivi la saga télévisuelle Lost (Dominic Monaghan s’est d’ailleurs joint à l’ensemble – cette jolie manie de Abrams de ramener ses collaborateurs d’hier), sait qu’il est impossible de satisfaire tout le monde. Damon Lindelof l’a généralement appris à ses dépens. J.J. Abrams est un peu moins fragile et beaucoup plus fonceur dans son approche, ce qui explique probablement pourquoi on aime tant lui confier des franchises qui battent de l’aile. C’est donc sans surprise qu’il est revenu à la rescousse de tous, après le départ du réalisateur original et suite aux déboires du huitième épisode.

Encore une fois à l’écriture, retravaillant encore et encore ce qui avait été fait avant lui, il s’assure d’être le maître d’orchestre de l’ensemble et en vient avec quelque chose de formaté, certes, mais qui fait dignement le boulot de boucler les boucles et les époques qui l’ont précédé. Moins axé sur la nostalgie et plus sur un scénario qui s’assure d’être cohérent avec tous les arcs dramatiques nécessaires à sa conclusion, voilà un épisode qui vient sans trop de chichi mettre un terme aux bonnes choses, sans avoir trop envie de brasser la cage ou de donner dans la réinvention.

Moins bizarroïde et aventurier que l’épisode très esthétisé de Rian Johnson, The Rise of Skywalker est au moins diablement amusant, résultant d’une distribution à la complicité qui pourrait difficilement être plus palpable. De fait, des très nombreuses créatures aux robots en passant par tous les personnages possibles, on s’assure de trouver les combinaisons les plus gagnantes pour en faire des duos irrésistibles. Depuis qu’il l’a mentionné, on rêve d’ailleurs encore secrètement à une liaison entre Poe et Finn, les charmes d’Oscar Isaac, acteur plus présent que jamais, fonctionnant encore à plein régime.

Mieux encore, l’aisance de tous est vénérable, comme Adam Driver plus nuancé ou même Richard E. Grant, qui ne fait évidemment qu’une bouchée de Domhnall Gleeson, en passant par Billie Lourd, finement prête pour prendre les rênes de sa mère un peu stoïque et limitée dans ces rapatriements d’archives, mais qui sont toutefois incorporés de manière habile d’un point de vue scénaristique.

On a d’ailleurs fait appel à un petit nouveau à l’écriture, un choix risqué considérant que Chris Terrio est autant derrière Argo que Batman V Superman: Dawn of Justice et Justice League. Autant dire tout de suite qu’il s’en sort bien mieux ici, un véritable soulagement pour tous les fans déjà prêts à l’attendre au détour.

Une des affiches du film

Une des affiches du film

Bien sûr, la série n’est toujours pas meilleure dans son jeu des révélations, ni dans son traitement des familles torturées ou des fantômes, mais on passe heureusement rarement trop de temps sur la majorité des éléments pour éviter ainsi l’ennui, sauf peut-être un combat de sabres laser près des eaux déchaînées qui s’étire un peu. Tout le monde ou presque a aussi droit à sa présence suffisamment longue à l’écran et on les entoure de lieux qui font la part belle entre le pratique, les références et le pas désagréable à regarder.

La direction photo sur pellicule de Dan Mindel aide beaucoup à bien rendre la lumière et les couleurs des nombreux endroits, tout comme de la musique de John Williams de terminer dignement toute cette saga qu’il aura couvé ses neuf épisodes durant. Il y a même un segment un peu plus éclaté qui semble tout droit sorti de Thor: Ragnarok. On n’en fait rien, littéralement rien, mais il est quand même là!

De fait, avec un film d’une durée somme toute raisonnable, on coupe les coins ronds et on ne complique jamais trop les choses. Il y a de jolis tours de passe-passe, notamment avec les cameo ou ces différentes façons de lier les personnages, le contact télépathique entre Rey et Kylo Ren, plus pertinent que jamais, mais on peut certainement regretter qu’au-delà de l’émotion, beaucoup plus moindre qu’on se serait attendu, on ne profite jamais assez de ses environnements, le comble pour un film qui a toute l’étendue de la galaxie pour repousser ses limites du possible.

Cette conclusion est donc divertissante tout au plus et satisfaisante jusqu’à un certain point. Peut-être que sa certaine simplicité et ce regard surtout porté vers les descendances et ceux prêts à lancer les nouvelles générations rendra amer ceux qui ont consacré à cette saga la vaste majorité de leur existence, mais pour les autres, néophytes ou spectateurs assidus depuis seulement quelques années, il y a assez de matériel pour justifier la petite sortie au cinéma.

7/10

Star Wars : Episode IX – The Rise of Skywalker prend l’affiche en salles ce vendredi 20 décembre. Plusieurs représentations ont lieu ce jeudi soir.


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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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