Se sentir seul dans un groupe peut nuire au fonctionnement du cerveau

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Se sentir seul au sein d’une foule est plus dangereux, pour les fonctions cognitives, que le simple fait d’être seul et isolé, selon une nouvelle étude par la Dre Catherine Whitehouse, spécialisée en psychologie clinique.

Cette dernière affirme que la solitude émotionnelle est en fait un plus grand facteur de risque de déclin cognitif que la dépression, les maladies cardiaques, le diabète et les accident vasculo-cérébraux.

La chercheuse a tenté de déterminer si la solitude émotionnelle, la solitude sociale et l’isolement social affectaient la performance du cerveau chez les personnes âgées. Ses analyses ont démontré que la solitude émotionnelle avait un impact négatif sur la cognition. La Dre Whitehouse a aussi découvert que les adultes plus âgés qui souffraient de solitude émotionnelle, mais qui n’étaient pas isolés sur le plan social, étaient aux prises avec un fonctionnement du cerveau moins important que ceux qui étaient seuls et isolés sur le plan social.

Ses travaux portent sur l’importance, à la fois mentale et physique, d’avoir des liens émotionnels forts et étroits, et non pas seulement d’être dans la même pièce que d’autres personnes, le tout à partir d’un certain âge. Cela permet d’établir un lien avec le fait que « plusieurs facteurs importants en matière de santé et associés à l’isolement social et à la solitude, comme le diabète, la haute pression, les maladies cardiaques et la dépression ont également été rapportés comme étant autant de facteurs de risque pour le déclin cognitif », écrit-elle.

Les connexions sociales créent des avantages comportementaux et psychologiques qui peuvent contrer le déclin cognitif, comme le fait d’encourager des styles de vie plus sains, ainsi que l’impact de la socialisation, bénéfique autant pour l’humeur et la réduction du stress, ont révélé les travaux de recherche. Pour certaines personnes, toutefois, la convivialité d’un groupe ne répond pas aux demandes de certaines personnes en matière d’intimité entre deux individus, et vient plutôt souligner l’absence d’un être cher, ce qui intensifie la solitude.

Les travaux de la Dre Whitehouse s’intéressent aux craintes en matière de santé pour la proportion croissante de personnes âgées, et à la quête consistant à mieux comprendre leurs besoins.

« La vie moderne, dans les pays développés, a fait croître la probabilité que les adultes plus âgés deviennent socialement isolés ou solitaires », dit-elle.

Deux états différents

Au coeur de l’étude, on retrouve la nécessité de faire la différence entre la solitude sociale et émotionnelle, et ce qui les distingue, ainsi que l’importance du rôle de l’isolement social et de son impact sur les fonctions cognitives, qui comprennent la mémoire, l’aisance, le langage et les capacités spatiovisuelles.

Les personnes âgées devant faire face à d’importants changements dans leur vie, comme la mort d’un époux, le déclin de la santé et de la force, la perte d’indépendance, ou le fait de devoir vivre à grande distance des amis et des réseaux d’appui, peuvent accéder à de l’aide et redévelopper leur vie sociale

Et si elles peuvent ne pas être perçues comme étant socialement isolées ou socialement seules par d’autres personnes, elles peuvent ressentir une absence frappante de relations significatives, et ce même si elles sont entourées par des amis, leur famille et d’autres connaissances.

« Les adultes plus âgés pourraient ne pas savoir qu’ils sont seuls, ou ne pas vouloir reconnaître qu’ils ressentent de la solitude. C’est une science inexacte lorsque vient le temps de définir et de mesurer ce phénomène », reconnaît la Dre Whitehouse.

Celle-ci est formelle: il est plus que temps de commencer à parler davantage (et plus en profondeur) de la valeur et de l’importance des liens sociaux au sein de tous les groupes d’âge, ainsi que de combattre la stigmatisation de la solitude.

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