La disparition du Publisac, une menace envers la presse locale, soutient la FQM

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Les appuis en faveur du Publisac continuent de se multiplier, alors que la Commission municipale chargée de se pencher sur le cas de cet objet publicitaire distribué à grande échelle a récemment recommandé à la Ville de Montréal d’adopter une politique d’adoption volontaire (« opt in »), plutôt que de retrait volontaire, comme cela est présentement le cas.

Selon les suggestions de la commission en question, les citoyens de la métropole désirant recevoir le Publisac devraient apposer un collant sur leur boîte aux lettres, par exemple, pour indiquer qu’ils acceptent d’obtenir le traditionnel sac plastique contenant des circulaires, mais aussi, bien souvent, l’exemplaire de l’hebdomadaire local.

Dans une série de communiqués publiés parallèlement à une conférence de presse donnée conjointement lundi, plusieurs acteurs économiques et politiques importants, notamment la Fédération québécoise des municipalités (FQM), ainsi que le Conseil du patronat du Québec, Métro Média, Hebdos Québec, ainsi que la Fédération nationale des communications (FNC-CSN) demandent à la mairesse Valérie Plante et à son équipe de ne pas donner suite aux recommandations de la commission.

Ainsi, selon la FQM, la recommandation « est inquiétante pour l’avenir de la presse locale ». « Le modèle actuel de distribution des hebdomadaires serait fortement menacé si cette pratique devait être adoptée par la Ville de Montréal et se répandre éventuellement ailleurs au Québec », plaide la Fédération.

« Les hebdomadaires locaux sont un pilier essentiel de la vie publique et communautaire des régions, et l’existence du Publisac comme véhicule principal de leur distribution est une condition essentielle à leur survie », mentionne-t-on encore, toujours par voie de communiqué.

« Les hebdomadaires sont souvent les seuls à traiter des nouvelles locales et régionales, et nous souhaitons que les citoyens continuent d’avoir accès à cette information qui touche directement leurs communautés », a ajouté Jacques Demers, le président de la FQM.

Même son de cloche du côté du Conseil de l’industrie forestière du Québec, qui affirme que le Publisac, outre ses avantages économiques en matière d’emplois créés et de réutilisation des résidus forestiers provenant des arbres d’abord utilisés pour produire du bois d’oeuvre, est « essentiel à la diffusion d’une information régionale de qualité, ainsi qu’à plusieurs entrepreneurs locaux qui se tournent vers les hebdos locaux pour faire la promotion de leur commerce, plutôt que vers les géants du web, tels que Google, Amazon, Facebook, Apple ou Microsoft ».

Comme le mentionne The Gazette, le groupe Métro Média, qui possède plusieurs publications, dont le quotidien gratuit éponyme qui est distribué dans les stations de métro, devrait fermer 10 de ses 25 publications si la Ville allait de l’avant avec les recommandations de la Commission.

De son côté, le président de TC Transcontinental, qui possède le Publisac, ainsi que plusieurs journaux hebdomadaires sous sa bannière TC Media, soutient, de façon étonnante, que 87% des Québécois consultent le Publisac en format papier chaque semaine, et que les 13% restants le lisent plutôt en ligne.

TC Transcontinental imprime et distribue plus de 100 journaux hebdomadaires au Québec, soit la quasi-totalité des médias de ce genre, y compris ceux qui sont distribués avec le Publisac, mentionne encore The Gazette.

L’entreprise mène depuis plusieurs semaines une vaste campagne pour inciter la population à l’appuyer dans ce dossier.

La Commission municipale sur l’eau, l’environnement, le développement durable et les grands parcs doit officiellement présenter ses recommandations en janvier prochain. Pour justifier le choix du « opt in » pour le Publisac, on évoque entre autres les coûts environnementaux liés à la production et à la distribution de cet ensemble publicitaire. Et à TC Transcontinental qui affirme qu’il serait impossible de mettre en place un système de suivi des foyers souhaitant recevoir le Publisac, certains opposants ont souligné que c’est exactement ce genre de système qu’une autre organisation de grande taille a réussi à mettre en place: Postes Canada.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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