The Farewell vient charmer les maisonnées

0

L’année pleine de succès du distributeur A24 est apparemment sans limites, puisque la majorité des meilleurs films de l’année leur appartient (comme c’est le cas depuis le début de leur entrée en scène). Ne boudons donc pas notre plaisir; le merveilleux The Farewell ou Le mariage d’adieu en version française au Québec, est disponible via VVS Films depuis peu, une occasion en or pour le découvrir de toute urgence ou pour le revoir sans hésiter.

L’appropriation culturelle est une préoccupation qui ne cesse de revenir chaque année, particulièrement dans le septième art. Si la tête d’affiche de son deuxième long-métrage a été confié à la vedette montante Awkwafina, qui a d’abord été vue dans des mégaproductions comme Neighbors 2: Sorority Rising ou Ocean’s Eight, après un début en tant que chanteuse qui l’a aidé à se faire connaître, la cinéaste Lulu Wang a quand même pris la peine de rester très intègre à son expérience, sa culture et son sujet, ne laissant jamais Hollywood sucrer sa vision.

C’est probablement ce qui explique que cette prémisse inusitée d’une famille qui décide de se réunir une dernière fois sous un faux prétexte, en cachant à la matriarche qu’un cancer sérieux la gruge, est non seulement déployée avec délicatesse et tendresse, en plus d’être une bouffée de fraîcheur dans cet excellent film, jamais sirupeux, jamais forcé, jamais tourné en ridicule ou de manière opportuniste non plus.

De fait, The Farewell suit le pas du flamboyant Crazy Rich Asians, qui faisait la part belle au talent asiatique en s’amusant avec les codes de la comédie romantique grand public. Awkwafina y brillait déjà dans un rôle de soutien mémorable, mais c’est ici qu’elle fait la plus grande démonstration de l’immensité de son talent.

Certes, pour les cérémonies de prix du moins, elle semble se faire éclipser par la lumineuse Shuzhen Zhao, extraordinaire dans le rôle de la grand-mère en question, allant de pair avec d’autres actrices inoubliables du même acabit, comme Kirin Kiki au Japon, mais Akwafina délaisse l’exubérance dont elle a souvent fait preuve pour faire place à un immense travail de retenue et de nuance.

C’est en autres le cas lorsque vient le temps de faire de Billi une protagoniste irrésistible à laquelle on s’identifie sans mal. Après tout, ce point d’ancrage déchiré entre deux cultures qu’elle affectionne autant l’une que l’autre demandait tout un travail d’équilibre pour ne jamais tomber dans la caricature ou le jugement facile, ce qu’elle réussit avec immensément de soins.

La pochette du coffret

La pochette du coffret

Sauf que le brio de ce long-métrage ne repose pas seulement sur son excellente distribution puisque tout le reste est fait avec un talent évident et un savoir-faire encore plus impressionnant. De la justesse du regard jusqu’à la précision des situations, des dialogues ou même de la manière de cadrer ou de monter chaque instant, Wang et son équipe s’assurent de tout exécuter avec beaucoup d’élégance.

Si la version DVD est dénuée de suppléments, la version de Blu-ray en contient quelques-uns, dont une piste de commentaires et des segments d’entrevues.

Au final, c’est le grand charme authentique et son indéniable poésie qui ravira tous ceux qui se feront plaisir en s’offrant l’écoute de ce magnifique film. Drôle et touchant à la fois, fait avec une expertise que bien peu de cinéastes émergents osent exhiber, The Farewell est certainement à ne pas manquer.

8/10

En rappel, ma critique lors de sa sortie en salles.

The Farewell est disponible en DVD et en Blu-ray via VVS Films depuis le 12 novembre dernier.

À noter que la version française offre des sous-titres français en conservant les passages en mandarin dans la langue d’origine, comme dans la version originale, alors que seulement les dialogues en anglais sont doublés.


Autres contenus:

À chacun son stratagème dans Knives Out

Partagez

À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

Répondre