Le Pixel 4 XL, ou quand Google a vu (presque) trop grand

0

La guerre commerciale entre fabricants de téléphones intelligents aura certainement stimulé l’innovation technologique, mais aussi donné naissance à des créations parfois abracadabrantes. Avec le Pixel 4 XL, Google commence à montrer quelques signes d’épuisement dans le cadre de cette course aux fonctionnalités parfois éclectiques.

Il ne faut pas croire que l’entreprise californienne est la seule à s’être lancée dans cette cavalcade vers les « à-côtés »: si l’on ne crachera certainement pas sur de meilleures caméras photo et un écran toujours un peu plus grand – ô, combien l’écran du Pixel 2 de ce journaliste paraît-il petit et terne, comparativement aux 6,3 pouces de diagonale du Pixel 4 XL –, il y a lieu de se demander si l’obsession pour les améliorations marginales ne sert pas seulement qu’à vendre davantage d’ordinateurs miniaturisés permettant aussi de passer des appels.

Les critiques négatives abondent d’ailleurs à propos du Pixel 4 XL: batterie trop faible, espace de stockage insuffisant comparativement à la concurrence, système de déverrouillage facial imparfait… Pourtant, deux semaines consacrées à l’utilisation et au test de l’appareil révèlent que le téléphone est franchement bon, sinon excellent.

L’autonomie de la pile? Une charge pleine permettra d’utiliser le téléphone pendant environ deux jours, et celui-ci se rechargera ensuite en deux ou trois heures, à condition de le brancher directement dans le mur – avec l’adaptateur fourni – à l’aide d’un câble USB-C.

L’espace de stockage? En cette époque d’infonuagique à tout-va, les 64 ou les 128 gigaoctets offerts sont suffisants pour emmagasiner quantité de photos, voire un grand nombre de pièces musicales, si jamais il survenait une situation où le réseau cellulaire, et donc les services de diffusion en ligne, n’était pas disponible. Il en va de même pour les remontrances à l’effet que le Pixel 4 XL n’est pas en mesure de jouer des vidéos en résolution 4K, à une vitesse élevée. À cela, il est certainement possible de rétorquer que vouloir regarder du contenu 4K sur un écran de 6,3 pouces de diagonale tient quelque peu de la pensée magique, ou encore de l’obsession technologique. Ne vaudrait-il pas mieux disposer d’un téléviseur 4K, de taille normale, pour écouter ce genre de vidéos dans le confort de son salon?

Le Pixel 4 XL possède certainement quelques aspects étranges, ou encore quelques fonctionnalités surfaites. Le déverrouillage à l’aide du visage est presque trop rapide et efficace, le téléphone devenant accessible en une fraction de seconde. Il fut toutefois franchement frustrant de devoir s’y retrouver en mode gestuel uniquement au sein de l’interface du téléphone, plutôt que de disposer des boutons de navigation traditionnels offerts sur le Pixel 2. En fouillant un peu, il appert qu’il est certainement possible d’afficher les boutons en question, mais le fait de devoir utiliser Google pour obtenir cette information est déconcertant.

Idem pour la possibilité de conserver le téléphone déverrouillé en permanence lorsqu’on le tient sur soi, ou encore effectuer diverses actions en ne touchant même pas l’écran, à l’aide de la technologie radar. Sommes-nous devenus paresseux à un point tel qu’il faille réduire nos gestes au minimum? Comprendre une machine, quelle qu’elle soit, nécessite normalement de la manipuler, de tenter d’en percer les secrets, ou du moins en saisir le fonctionnement. Obtenir tout, tout cuit dans le bec, a des allures d’abandon, de défaite.

Bien sûr, on aurait souhaité voir le retour du port audio standard de 3,5 mm, d’autant plus que l’adaptateur se branchant dans le port USB-C du téléphone offert avec le Pixel 2 semble absent, cette fois-ci. Tant qu’à y être, on réclame avec insistance l’ajout d’un port pour carte MicroSD, histoire de jouer à fond la carte de la nostalgie.

Quoi qu’il en soit, Google propose, encore une fois, un très bon téléphone avec ce Pixel 4 XL. Le prix est à l’avenant, bien entendu, mais à défaut de se rabattre sur le Pixel 3A, par exemple, on peut dire adieu à l’idée de débourser moins de 1000$ pour un téléphone hautement sophistiqué, de nos jours.


Autres contenus:

Bon anniversaire, Internet

Partagez

À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

Répondre