Opéra – Du drame, du vrai!

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Vendredi soir dernier avait lieu la première de l’opéra de Donizetti, Lucia di Lammermoore, une production de l’Opéra de Montréal, dans une mise en scène de Michael Cavanagh (Aïda, Suzanna, Otello, Nixon in China). Devant les décors du regretté Robert O’Hearn, et sous les éclairages d’Anne-Catherine Simard-Deraspe, c’est Fabrizio Ventura qui était dans la fosse, aux commandes de l’Orchestre Métropolitain.

Le premier acte a débuté plutôt timidement avec un Normanno, Rocco Rupolo, qui semblait manquer de souffle pour l’ampleur de la salle Wilfrid-Pelletier. Mais le chœur, lui, était fin prêt. Là, cependant, se sont arrêtées les hésitations. Durant près de deux heures et vingt minutes de musique, le souffle n’a plus manqué et les longueurs se sont faites rares. Lucia di Lammermoore fait certainement partie des opéras faisant la part belle davantage aux chanteurs qu’à la dramatique théâtrale. Et les partitions des chanteurs vedettes ont tout pour leur permettre de se mettre en valeur. Ici, nous parlons des rôles de Lucia, Edgardo, Enrico et Raimondo.

Parmi eux, seul Gregory Dahl a moins bien fait qu’il aurait fallu. Et ce n’est pas l’interprétation musicale qui a fait défaut mais bien l’interprétation théâtrale alors qu’il donnait toujours l’impression de « surjouer »: gestes démesurés et déplacements à l’emporte-pièce.

Dans un rôle peu spectaculaire, Oleg Tsibulko, en Raimondo, a très bien tiré son épingle du jeu avec un timbre riche et un volume sonore toujours approprié. Dans un rôle de soutien, il a chanté avec la conviction d’un premier rôle.

Frédéric Antoun, quant à lui, est probablement en passe de devenir un chouchou des mélomanes montréalais. Le rôle d’Edgardo semblait écrit pour lui et il en a pris toute la mesure, lui qui avait hâte de goûter aux plaisirs du bel canto. Puissance, justesse et prestance, voilà ce qui émanait de lui et qui a réjoui l’auditoire.

Quant à celle vers qui tous les yeux et toutes les oreilles étaient tournés, elle n’a pas déçu. Il s’agit, bien sûr, de Kathleen Kim en Lucia. Partition magnifique, interprète magnifique: que demander de plus? D’autres présences à Montréal, bien sûr!


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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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