Monkey King Hero is Back: les grimaces d’un vieux singe

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Mélange d’aventure, d’exploration, de baston et de mythologie chinoise, Monkey King: Hero is Back est une expérience fort amusante qui, en plus d’être appréciée par les jeunes, pourrait bien améliorer la réputation des jeux vidéo basés sur des films.

Monkey King: Hero is Back est adapté du film d’animation du même nom de Tian Xiao Peng paru en 2015. Le jeu permet d’incarner Sun Wukong, le plus célèbre de tous les personnages de la littérature chinoise. Mieux connu sous le nom de Roi des Singes, ce disciple du moine bouddhiste Sanzang maîtrise « les cinq éléments et les 72 transformations », mais le singulier animal est aussi doué pour jouer les trouble-fêtes, et parce qu’il a mangé toutes les pêches du jardin céleste, les Dieux lui ont retiré ses pouvoirs avant de l’enfermer dans un cristal. Cinq cent ans plus tard, Liuer, un garçon en fuite, libère le héros par inadvertance en touchant sa prison de pierre. S’il veut récupérer sa puissance, Sun Wukong devra multiplier les bonnes actions, en éliminant les monstres qui enlèvent les enfants des villages voisins.

Image tirée du jeu

À la base, Monkey King: Hero is Back est un jeu de baston classique, présenté dans une vue à la troisième personne. Le simiesque héros alterne entre attaques légères et lourdes, capables de briser les défenses d’un ennemi. En se déplaçant accroupi et en demeurant inaperçu, on dispose en plus d’un effet de surprise causant davantage de dommages. À mesure qu’on libère des villages, on récupère peu à peu nos pouvoirs d’antan, comme l’Œil spirituel révélant des informations cachées, le Super coup de pied augmentant sa vitesse de déplacement, ou l’offensive au banc de Kung Fu. Chaque habileté monte de niveau avec l’expérience accumulée. Malgré ses graphismes mignons, les combats donnent du fil à retordre, mais on affronte souvent les mêmes monstres, ce qui finit par créer une certaine monotonie.

Le titre met également l’accent sur l’exploration et la collecte. C’est en copiant les panneaux indicatifs plantés ici et là sur les routes que l’on met sa carte des environs à jour, une mécanique fort intéressante. En plus des griffes de monstres, quartz, malachites et autres matières premières servant à fabriquer des armes ou des pièces d’armures, les champignons, limaces, nids de frelons et multiples ingrédients naturels récoltés au fil de l’aventure peuvent être échangés contre des potions de vie ou de magie à l’échoppe de Madame Hase. Il faut aussi fouiller chaque recoin minutieusement afin de trouver les statues des Dieux de la Terre cachées un peu partout, qui permettent d’améliorer différentes facettes de son Roi des Singes.

Image tirée du jeu

Sans être aussi léchés que ceux d’un Ratchet & Clank, les graphiques de Monkey King: Hero is Back respectent à la lettre les visuels du long-métrage, et possèdent des rendus d’une qualité proche à celle du film d’animation. Malheureusement, Jackie Chan ne reprend pas son rôle de Sun Wukong pour le jeu. Se faisant sentir dans l’esthétique des décors comme dans la musique traditionnelle accompagnant le tout, l’influence chinoise apporte une personnalité distincte à l’expérience. Il s’agit par contre d’un faux monde ouvert. On se cogne régulièrement le nez contre des murs invisibles, et une ligne pointillée surgit parfois au beau milieu d’un environnement, forçant le joueur à passer par un écran de chargement avant de continuer sa route.

Si les jeux vidéo basés sur des long métrages ont mauvaise réputation à cause des délais serrés imposés aux développeurs, Monkey King: Hero is Back prouve que prendre son temps peut faire toute la différence entre une expérience mal ficelée, et un titre plus abouti qui risque de plaire aux amateurs du film.

6.5/10

Monkey King: Hero is Back

Développeur : Oct Animation Studio
Éditeur : THQ Nordic
Plateformes : PS4

Jeu disponible en français (textes à l’écran et voix parlées)


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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