Des algorithmes à la chasse à la fraude électorale

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Les craintes par rapport à la fraude électorale se sont multipliées chez nos voisins du sud, ces dernières années, particulièrement après que des responsables fédéraux américains eurent révélé que des pirates russes avaient tenté d’accéder aux listes électorales dans le cadre de la présidentielle de 2016. La technologie pourrait cependant venir en renfort pour protéger l’intégrité du processus démocratique.

En compagnie de son équipe, Michael Alvarez, professeur de sciences politiques à Caltech, contribue à lutter contre la fraude électorale en mettant au point de nouveaux algorithmes pour surveiller les données liées au vote. Ces chercheurs se sont associés à Neal Kelley, responsable de la liste électorale du comté d’Orange, en Californie, et entre avril 2018 et mai 2019, ont évalué plus de 1,5 million de bulletins de vote et autres données électorales dans cette région. Les premiers résultats découlant du projet, publiés dans American Politics Research, démontre que ce type de technologie peut être employé pour évaluer l’intégrité d’une élection. Dans ce cas-ci, toutefois, aucun cas de fraude ou d’erreur administrative majeure n’a été détecté.

« Les manipulations des registres des électeurs peuvent provoquer le chaos dans le cadre d’une élection », affirme M. Alvarez, qui collabore également au Voting Technology Project de Caltech et du MIT, formé dans la foulée de la controversée élection présidentielle de 2000. « Vous pourriez avoir des gens qui se présentent pour voter et qui ne se trouvent pas sur les listes, ou des adresses civiques qui pourraient être changées dans les bases de données pour que des électeurs ne reçoivent pas les instructions pour voter dans leur boîte aux lettres. Il existe plusieurs scénarios, certains frauduleux, et d’autres administratifs, qui peuvent influencer de façon négative la qualité et l’intégrité des élections. »

Les algorithmes de l’équipe sont conçus pour prendre des « clichés » des données électorales sur une base quotidienne. Même sans fraude ou erreurs, ces données électorales changent constamment en raison de l’ajout ou du retrait d’électeurs, des changements d’adresses et d’autres processus administratifs. M. Alvarez et son équipe ont ainsi développé un algorithme pour mesurer les changements dynamiques qui surviennent dans les bases de données électorales, ainsi qu’un autre algorithme pour tenter de détecter des anomalies statistiques au sein de ce processus.

« Nous voulons nous assurer que les changements que nous voyons sont attendus, et non pas inattendus », soutient l’un des membres de l’équipe de M. Alvarez. « Y a-t-il des signaux d’alerte qui ressortent du lot? »

« Le comté d’Orange est un excellent laboratoire pour cette étude », renchérit M. Alvarez. « Neal Kelley est particulièrement motivé par ce processus, et nous avons établi une solide collaboration avec le comté. »

Un troisième algorithme développé par l’équipe cherche à découvrir des copies des données électorales. Si ces copies peuvent survenir de façon légale et normale, elles peuvent également indiquer des cas de malfaisance ou des erreurs. « Surveiller l’apparition de doublons est un indicateur de la santé d’une base de données électorales », mentionne Spencer Schneider, un étudiant de Caltech qui a collaboré au projet, et qui est l’un des coauteurs de l’étude.

L’équipe affirme que l’un des objectifs de leurs travaux est de partager leurs conclusions avec le public pour que d’autres entités et groupes puissent surveiller les données électorales, et pour que les politologues puissent accéder aux données pour leurs propres recherches. À cette fin, les chercheurs ont publié leurs résultats et leur code informatique en ligne. Ils ont également entamé un projet similaire dans le comté de Los Angeles. En Oregon, par ailleurs, on surveille plutôt le vote par correspondance.


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