Hobbs & Shaw: un peu moins rapides, mais toujours dangereux

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La franchise Fast & Furious délaisse les rutilantes voitures sports et les poursuites à toute vitesse en faveur du terrorisme international avec Hobbs & Shaw, un « spin-off » disponible dès aujourd’hui en 4K, Blu-ray et DVD.

Le premier, Luke Hobbs, est un agent fédéral d’élite du Diplomatic Security Service américain ayant collaboré à plusieurs reprises avec le pilote de rue Dom Toretto et sa bande de casse-cous. Le second, Deckard Shaw, est un ancien assassin des forces spéciales britanniques qui offre désormais ses services au plus offrant. Depuis le sixième volet de Fast & Furious, ces deux hommes éprouvent une haine viscérale l’un pour l’autre, mais suite à un vol de CT-17, un virus capable de liquéfier les organes des personnes infectées en moins de 72 heures, la CIA obligera les deux ennemis jurés à faire équipe. Passant leur temps à s’insulter et semblant constamment sur le point d’en venir aux coups même dans le feu de l’action, Hobbs et Shaw devront tout d’abord essayer de mettre leur rivalité de côté, s’ils veulent stopper la menace terroriste planant sur l’humanité.

La pochette du boîtier

À part mettre en vedette deux personnages de la franchise dont il est issu, Hobbs & Shaw a peu en commun avec Fast & Furious. Bien qu’il comprenne quelques poursuites endiablées en voiture ou à moto, ce « spin-off » propose surtout une histoire de terrorisme un peu trop exagérée pour être crédible, et s’appuie sur le choc des personnalités entre Luke Hobbs, une armoire à glace au sourire aussi ensoleillé que la côte californienne et Deckard Shaw, un petit teigneux britannique et renfrogné, afin de pimenter ses scènes d’action d’une touche d’humour, ce qui en fait le dix-huitième « buddy cop » à paraître seulement cette année. Sorte d’ode à la virilité et aux mâles alphas, le long-métrage virevolte, pétarde, explose, vocifère et multiplie les coups de poings sur la gueule, mais ne se démarque en rien des autres films du même genre malgré tous ses efforts.

Hobbs & Shaw est un pur produit de divertissement, et en matière de spectacle, le cinéaste David Leitch livre la marchandise avec une réalisation de haute qualité, une direction photo impeccable, des cascades explosives (bien qu’improbables) et des combats au corps-à-corps finement chorégraphiés. Prenant place un peu partout autour du globe, la cinématographie évite la monotonie avec ses panoramas de Londres, Los Angeles ou Moscou, et en opposant tradition et technologie, la bataille finale sur l’île de Samoa conclut en beauté un long-métrage souvent rempli de lieux communs. Un humour de niveau collégial traverse le scénario. Hobbs tatouera par exemple « J’aime les flics » sur le front d’un membre de gang de rue, et en créant leurs fausses identités pour une mission secrète, Shaw attribuera le nom de « Mike Oxmaul » (oui, oui, My cock’s small) à son collègue.

Image tirée du film

Si on ne peut nier son charisme ou son naturel à l’écran, Dwayne Johnson (Luke Hobbs) n’est pas vraiment un acteur (ce qui ne l’empêche pas de faire partie d’un film sur cinq prenant l’affiche), et l’ancien lutteur joue toujours sur le même registre, peu importe le rôle qui lui est confié. Autre star du « chauve-business », Jason Statham (Deckard Shaw) a lui aussi été davantage engagé pour ses capacités à effectuer des cascades que ses talents dramatiques. Incapable d’être mauvais, même dans une production banale, Idris Elba incarne Brixton, le soldat augmenté et vilain du film. Si la bande de Fast & Furious est complètement absente, la distribution multiplie quand même les apparitions de vedettes, dont Helen Mirren (la mère de Shaw), Kevin Hart en policier de l’air blasé qui rêve d’action, ou Ryan Reynolds en agent de la CIA légèrement névrosé.

La version Combo Pack de Fast & Furious Presents: Hobbs & Shaw inclut le film sur Blu-ray et DVD, et s’accompagne d’un code pour télécharger une copie numérique. Avec plus de quatre-vingt minutes de matériel supplémentaire, dont une ouverture alternative, 21 scènes étendues ou retirées du montage, une piste de commentaires du réalisateur, une conversation entre Dwayne Johnson et Jason Statham relatant l’amitié qui s’est tissée entre eux lors des tournages des Fast & Furious qui a donné naissance à ce « spin-off », la construction d’une scène d’action expliquée de A à Z par David Leitch, des revuettes sur à peu près tous les personnages et j’en passe, il y a là de quoi combler le plus curieux des cinéphiles.

Même s’il est un peu moins bon que les derniers volets de Fast & Furious, Hobbs & Shaw propose tout de même assez d’action et d’humour pour plaire aux inconditionnels de la franchise et constituer un divertissement correct, quoiqu’oubliable.

6.5/10

Fast & Furious Presents: Hobbs & Shaw

Réalisation : David Leitch

Scénario : Chris Morgan et Drew Pearce (d’après les personnages créés par Gary Scott Thompson)

Avec : Dwayne Johnson, Jason Statham, Idris Elba, Vanessa Kirby, Helen Mirren, Kevin Hart et Ryan Reynolds

Durée : 127 minutes

Format : Combo Pack (Blu-ray + DVD + copie numérique)

Langue : Anglais, français et espagnol


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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