Des outils en ligne pour combattre le braconnage d’éléphants

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Un nouvel outil utilise une base de données interactive comprenant des informations géographiques et génétiques pour aider les autorités à identifier rapidement les endroits où les défenses d’éléphants africains victimes de braconnages ont été obtenues à l’origine.

Mis au point par une équipe internationale de chercheurs, le Loxodonta Localizer vise à comparer des séquences génétiques récupérées sur de l’ivoire de contrebande et celles qui se trouvent dans la base de données. L’outil s’appuie sur les informations génétiques tirée d’une petite région de l’ADN mitochondriale des éléphants, qui est aussi hautement variable.

Les travaux de l’équipe sont publiés dans le Journal of Heredity.

Cet ADN n’est transmis que des mères à leurs descendants. Cela permet de suivre aisément les éléphants à la trace, puisque les groupes sont matriarcaux et que les femelles ne se dispersent pas, mentionne Alfred Roca, professeur en science animale de l’Université de l’Illinois, qui a dirigé la mise au point de ce nouvel outil.

« Les femelles expulsent les mâles du groupe à la puberté, et ces mâles doivent vivre par eux-mêmes », souligne M. Roca. « Les femelles demeurent avec le troupeau et ce troupeau tend à demeurer à certains endroits. »

Dans un document décrivant l’outil numérique, les chercheurs écrivent que « le braconnage est une menace importante envers les éléphants d’Afrique, alors qu’il y a davantage d’éléphants tués par les braconniers que ceux qui meurent de causes naturelles ». Entre 2006 et 2016, le nombre d’éléphants africains a diminué d’environ 100 000, et le rythme de braconnage est en augmentation depuis 2008. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’environ 415 000 éléphants d’Afrique.

Une récente analyse a révélé que la population d’éléphants dans 73 endroits où se trouverait la moitié des représentants de l’espèce n’était plus que 25% de ce qu’elle serait si le braconnage n’avait pas lieu.

Entre autres approches déjà employées pour identifier la source des défenses d’ivoire confisquées, on compte l’utilisation de plusieurs marqueurs génétiques liés à l’ADN nucléique, qui est hérité des deux parents. Cet ADN peut aider à identifier des éléphants individuels, mais déterminer l’origine géographique d’un éléphant à l’aide de l’ADN nucléique est une tâche complexe qui nécessite davantage de données génétiques, ainsi qu’un modèle statistique, indique M. Roca.

« Si vous observez les gènes du noyau, il y a très peu de différences à travers le centre de l’Afrique; les éléphants des forêts se ressemblent tous », dit-il. « Mais si vous observez l’ADN mitochondrial, il existe des regroupements régionaux. »

« L’ivoire contient de petites traces d’ADN, poursuit M. Roca. C’est de l’ADN mort, mais les cellules sont intégrées dans l’os. » Et un séquençage génétique spécial conçu pour l’ADN mitochondrial est rapide et abordable, précise le chercheur.

« Vous pouvez obtenir un résultat en six jours. »

Le Loxodonta Localizer contient des séquences d’ADN mitochondrial de plus de 1900 éléphants africains des savanes et des forêts. Ces séquences ont été compilées à partir de précédentes études sur ces pachydermes.

Être en mesure de déterminer la source de l’ivoire de contrebande en quelques jours seulement après sa confiscation peut accélérer la réponse face au braconnage qui survient à de nouveaux endroits, soutient M. Roca. Les informations peuvent lier des braconniers à des réseaux de trafic, puisque l’outil peut rapidement guider les enquêteurs vers les défenses qu’il sera le plus utile de séquencer – pour établir, par exemple, si deux défenses se trouvant dans deux cargaisons distinctes proviennent du même éléphant.

Les chercheurs espèrent que des scientifiques de partout en Afrique commenceront à séquencer leurs éléphants et à ajouter ces informations à la base de données.

« En ce moment, nous pensons qu’un éléphant sur 200, en Afrique, se trouve dans la base de données », a indiqué M. Roca. « Nous avons vraiment besoin de davantage d’échantillons provenant de plus d’endroits, pour que la base de données recueille autant de séquences rares mais utiles que possible. »


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Pieuvre.ca

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