Quand le temple du cirque devient une église

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Mercredi soir dernier, à la TOHU, avait lieu quelque chose comme la grand-messe du cirque québécois. C’était la première d’une nouvelle série de représentations du Cirque Alfonse avec son spectacle intitulé Tabarnak. Le décor: une église. Le vocabulaire : des mots d’église, entre autres. Ce spectacle c’est comme une façon de redire la Révolution tranquille, tout en enracinant encore plus profondément le citoyen dans ses origines. Ironie, dérision, humour et amour, voilà ce qui irradiait de la scène.

D’entrée de jeu, un numéro musical de podorythmie, qui n’a pas grand-chose à voir avec le cirque, réchauffe la salle et annonce le ton très québécois de tout le spectacle.

En plus de la présence d’une forte toile de fond et la progression constante du propos, on peut dire que la musique sur scène, tout au long de la soirée, a certainement aidé à l’ambiance, au dynamisme et à la cohésion de l’ensemble. Rien que la performance des musiciens aurait valu le déplacement. Mentionnons en passant les talents de chanteuse et de danseuse de Julie Carabinier Lépine, cette artiste circassienne qui semble infatigable. Malheureusement, sa voix n’a pas toujours été bien servie par la sonorisation et notre oreille a perdu une bonne partie du texte des chansons, texte qui semblait pourtant être particulièrement pertinent pour soutenir la trame. On espère que ce problème sera réglé pour les autres représentations.

Parmi les numéros qui se sont démarqués, mentionnons le tour de force de Nikolas Pulka aux sangles et le numéro de mâts chinois, posés en équilibre sur l’épaule de chacun des trois porteurs. Ce dernier numéro semblait particulièrement exigeant.

Le numéro de barre russe a posé des difficultés à plusieurs artistes, mais le public a récompensé leur persévérance et n’a pas boudé son plaisir. Quant à celui de patin à roulettes, il était plutôt intéressant et assez spectaculaire.

Tout au long de la prestation, on utilise bien les éléments du décor, comme les bancs et comme le vitrail qui, une fois descendu de son faîte, devient un plateau suspendu pour un numéro de voltige.

Le numéro le plus impressionnant demeure sans doute celui du main à main, alliant difficulté, puissance, lenteur, originalité et maîtrise. La musique évoluait parfaitement avec le numéro, passant de la mélodie au violon, à la guitare électrique qui accompagne la voix. Tout ça pour un résultat hors du commun.

Et c’est sur un numéro au rythme de plus en plus endiablé que s’est terminée la soirée, celui de la balançoire russe. Peut-être pas le plus difficile, mais certainement parmi les plus spectaculaires.

Tabarnak sera certainement un des événements marquants de la saison cirque cette année. À la TOHU jusqu’au 12 octobre.


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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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