Children of Morta: randonnée en montagne

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Rares sont les jeux qui semblent avoir tout pour eux. Children of Morta, un jeu d’action et d’aventure développé par Dead Mage et publié par 11 bit studios, fait ainsi figure à part en ce sens: véritable bijou, ce titre est tout simplement fantastique, qu’il s’agisse du scénario, des visuels ou des mécaniques de jeu.

Dans un monde lointain, une vile Corruption renaît de ses cendres sur la montagne de Morta. Monstres violents, mages néfastes et autres créatures démoniaques menacent d’envahir pour de bon le monde des vivants. Il en reviendra à la famille Bergson de tout faire pour stopper l’horreur, y compris mourir à plusieurs reprises.

Avec ses allures de rogue-lite, où les donjons sont générés de façon aléatoire, mais où l’univers où évolue le joueur permet de conserver les améliorations achetées ou débloquées, tout comme l’expérience accumulées pendant les expéditions dans la montagne. Et ces petits (ou grand) plus seront particulièrement utiles: les corridors et cavernes de Morta sont périlleux, voire traîtres, et il n’est certainement pas rare de devoir recommencer un niveau à deux, trois, voire quatre reprises pour éventuellement en triompher.

Outre les améliorations qu’il est possible de développer en accumulant de l’argent ramassé sur les corps des ennemis – et quels ennemis! Squelettes, chauves-souris, goules, araignées, trolls, arbalétriers, et bien d’autres, la liste est particulièrement longue et diversifiée –, chacun des nombreux membres jouables de la famille Bergson pourra accumuler de l’expérience, histoire d’éventuellement monter de niveau et acquérir des talents, attaques et autres avantages spéciaux qui seront particulièrement utiles.

Parlons-en, d’ailleurs, de ces personnages: si l’on commence la partie en ne pouvant contrôler que le père et la mère de la famille, qui utilisent respectivement une épée et un bouclier et un arc tirant des flèches en nombre illimité, on se retrouve peu à peu avec une demi-dizaine de personnages à sa disposition. Chose encore plus heureuse, chacun dispose de sa propre technique d’attaque, et de ses propres codes qu’il faudra donc maîtriser. Grande brute au marteau encombrant, mais dévastateur, petite fille capable de manipuler le feu, en passant par l’adolescent gagnant en vitesse à mesure que ses dagues font mouche et le grand frère qui se bat carrément à mains nues, la famille Bergson est pleine de surprises, et s’il peut s’avérer parfois un peu complexe de bien maîtriser les caractéristiques de chacun, on peut certainement affirmer que les développeurs ont investi quantité de temps et d’énergie pour s’assurer que le joueur y trouve certainement son compte. D’autant plus qu’il est possible de jouer à Children of Morta à plusieurs, ce qui ouvre certainement la porte à des combinaisons particulièrement intéressantes.

Oeuvre d’art

Ce qui saute également aux yeux, ne serait-ce qu’en lançant le titre, et certainement en y explorant les divers chapitres de son scénario, c’est que Children of Morta est magnifique. Une telle maîtrise du pixel art est rare, encore plus lorsqu’il s’agit d’un studio indépendant. Chaque objet, chaque aspect du décor est coloré, détaillé, nuancé… Loin d’être ternes, par exemple, les corridors de la montagne réussissent, de par les détails que l’on peut y observer, à créer une atmosphère qui se passerait pratiquement de narration. Cela ne veut pas dire que les développeurs n’ont pas mis le paquet sur le scénario: on a ainsi droit à une voix off riche, capable d’exprimer tout une gamme d’émotions sans qu’il soit nécessaire que les personnages s’expriment autrement que par leurs gestes ou du texte s’affichant à l’écran.

Quant aux personnages, justement, leur animation est extraordinairement fluide et complète: on y dépeint sans aucun problème le style de combat de chacun, la chevelure qui flotte au vent, le stress des combats qui fait accélérer le souffle, voire toute l’énergie portée dans un coup d’épée ou employée lors d’une tentative d’esquive.

Le seul reproche qu’il serait possible de faire à Children of Morta, en fait, ce serait que le jeu est peut-être un peu trop difficile au cours des premières heures de jeu, lorsque les personnages sont peu expérimentés et que les monstres de fin de niveau ont des allures de bêtes terrifiantes qu’il est impossible de vaincre. Cette situation sera toutefois rapidement appelée à changer, d’autant plus que les divers niveaux des donjons recèlent d’amulettes, runes et autres bonis permettant d’acquérir des avantages temporaires ou permanents (le temps d’une expédition dans les cavernes, en fait) qui permettront au joueur de triompher plus aisément.

Jeu plus que superbe, jeu particulièrement prenant, jeu enlevant, Children of Morta vaut certainement plus que les 30$ exigés pour son achat. On s’y plaît à y retourner encore et encore, dans l’espoir de venir à bout, un jour, de cette effrayante Corruption contre laquelle se dressent les Bergson, imperturbables.

Children of Morta

Développeur: Dead Mage

Éditeur: 11 bit studios

Plateforme: PlayStation 4, Switch, Windows/Steam (testé sur Steam)

Jeu disponible en français (textes à l’écran)


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

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