The Sojourn, ou l’art du casse-tête

2

Se décrivant comme un jeu de puzzles « philosophique », on ne peut nier que The Sojourn pousse à la réflexion, ne serait-ce que pour résoudre ses redoutables casse-têtes, un peu plus coriaces que la moyenne.

Bien qu’il ne fournisse aucune prémisse, pas même une petite mise en contexte, The Sojourn parvient tout de même à intriguer le joueur dès les premiers instants, alors que, perçant l’obscurité la plus totale, deux lucioles lumineuses surgies de nulle part semblent nous inviter à les suivre. Éclairant les corridors de ce qui a les allures d’un temple, ces feux follets nous conduisent jusqu’à l’extérieur du bâtiment, où s’offre à la vue un monde ancien aux couleurs éclatantes, mais partiellement en ruines. Rapidement, on découvre une sorte de portail circulaire au sol qui, lorsqu’on marche dessus, révèle une seconde dimension, celle de l’ombre, où des escaliers et des passerelles auparavant détruites sont à nouveau en parfait état. Il faut donc alterner d’une dimension à l’autre afin de trouver la sortie de chaque tableau.

En plus d’afficher l’envers du décor, marcher sur un portail remplit aussi notre jauge d’énergie « négative ». Celle-ci se vide à vue d’œil dès que l’on bouge, et on dispose rarement d’assez de temps pour atteindre les escaliers et passages n’existant que dans le monde des ombres. C’est là qu’intervient l’un des éléments centraux du titre: les statues. Le joueur peut simultanément changer de place avec celles en forme d’ange, ce qui permet de parcourir de plus longues distances en consommant peu d’énergie, mais ces mêmes statues doivent au final se trouver sur un socle précis afin de déverrouiller la sortie. À partir de ces mécaniques toutes simples, The Sojourn élabore des casse-têtes complexes, qui nécessitent une bonne dose de réflexion pour en trouver la solution.

Image tirée du jeu

Contrairement à d’autres titres du genre, où des éléments nouveaux sont ajoutés en cours de route, les mécaniques de The Sojourn ne changent guère à travers la dizaine d’heures que dure l’expérience, ce qui finit par être répétitif et créer une certaine monotonie, d’autant plus que la narration se limite à l’apparition fugace de fantômes ici et là à travers les tableaux. Malgré des environnements épurés et des rendus simples, proches du cell shading, les visuels sont superbes, évoquant Journey ou une version à la première personne de Monument Valley, et souvent, les décors s’assemblent littéralement sous nos yeux, ce qui donne à cet univers une dimension onirique. Le jeu baigne dans une musique aux sonorités New Age se voulant relaxante, mais dont le côté éthéré finit un peu par tomber sur les nerfs.

S’il n’est pas le premier titre à utiliser l’alternance entre deux mondes pour créer des puzzles complexes, The Sojourn injecte sa propre personnalité à la formule, et les joueurs aimant se creuser les méninges devraient apprécier le niveau de défi qu’il procure, tout comme ses visuels inspirés.

6.5/10

The Sojourn

Développeur : Shifting Tides

Éditeur : Iceberg Interactive

Plateformes : PC, Playstation 4, Xbox One (testé sur Xbox One)

Jeu disponible en français (texte à l’écran seulement)


Autres contenus:

Le tower defense revisité de Siege of Centauri

Partagez

À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

2 commentaires

  1. Pingback: Test The Sojourn - Patrick Robert

  2. Pingback: Jouer à Tetris et développer ses capacités cognitives - Pieuvre.ca

Répondre